Trichinose détectée chez un sanglier dans la province de La Pampa en Argentine Médecine des voyages

Publié le 3 août 2021 à 15h27

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Les responsables de la santé en Argentine ont détecté d'un cas d'infection à Trichinella chez un sanglier dans le nord de la province de La Pampa. Pendant la saison hivernale les pratiques d'abattage sont fréquentes, et le ministère provincial de la santé a mis en garde la population contre le risque de trichinose et émis des mesures préventives. A cette époque de l'année, la production de saucisses maison, de salami de porc et de viande de brousse est une pratique courante. 

Le sanglier est une espèce envahissante en Argentine. Dans les zones endémiques de la trichinose, les animaux sauvages connus pour jouer un rôle dans le maintien de Trichinella spp. sont les rats, les sangliers, les tatous et les pumas. 

Rappel sur la trichinellose ou trichinose :

La trichinose ou trichinellose, est une zoonose grave causée par des nématodes parasitaires de la famille Trichinella. Répandu dans le monde entier, Trichinella peut infecter la plupart des mammifères y compris des mammifères marins, quelques espèces pouvant également toucher des reptiles et des oiseaux carnivores ou détritivores. Bien que les hommes soient sensible à toutes les espèces du parasite, le plus répandu est Trichinella spiralis, mais aussi T. pseudospiralis et T. britovi.

Elle est transmise par la consommation de viande de gibier (viande de phacochère, chacal ou d'ours notamment) ou d'animaux domestiques (cheval ou porcs plus rarement) infectés. Le parasite est transmis quand la viande est mangée crue ou insuffisamment cuite.

Les symptômes peuvent être divisés en deux catégories :

  • ceux qui sont provoqués par les vers situés dans l'intestin, il sont alors digestifs : douleurs abdominales, nausées, diarrhées, vomissements associés à une fièvre élevée ;
  • ceux qui sont provoqués par leur dissémination dans d'autres organes : myalgies (douleurs musculaires), maux de têtes, œdème du visage et prurit (démangeaisons) ; des complications sont possibles avec une atteinte cardiaque (myocardite) et/ou neurologiques.

La maladie est parfois mortelle si le nombre de larves ingérées a été très important. Des séquelles neurologiques ou musculaires peuvent s'observer.

La prévention de la trichinellose humaine :

  • Au niveau individuel, la cuisson suffisante de la viande (71° C, viande grise à cœur) est la méthode de prévention idéale. La congélation de la viande n'est pas suffisante pour éliminer tout risque de transmission de la trichinellose. En ce qui concerne les charcuteries, seuls les produits cuits permettent une destruction des trichinelles ; la salaison et la fumaison ne sont pas des techniques assainissantes.
  • Au niveau collectif, la prévention repose sur le contrôle sanitaire systématique des viandes. En France, la surveillance vétérinaire concerne la viande de cheval et de porc.

Source : ProMED.