Cas de trichinose signalés à Córdoba, en Argentine liés à de la charcuterie Médecine des voyages

Publié le 29 août 2021 à 13h18

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

En Argentine, le ministère de la Santé de la province de Córdoba, dans le centre du pays, signale 17 cas de trichinose, une maladie parasitaire. Quinze des cas sont signalés dans la ville de Piquillín (dans le département de Río Primero) et deux cas dans la ville de Villa del Rosario (département de Río Segundo). D'après les entretiens épidémiologiques, les patients auraient consommé du salami et du chorizo, d'origine commerciale. Ils sont traités pour le parasite en ambulatoire.

À l'heure actuelle, l'origine de l'épidémie est à l'étude. 

Rappel sur la trichinellose ou trichinose :

La trichinose ou trichinellose, est une zoonose grave causée par des nématodes parasitaires de la famille Trichinella. Répandu dans le monde entier, Trichinella peut infecter la plupart des mammifères y compris des mammifères marins, quelques espèces pouvant également toucher des reptiles et des oiseaux carnivores ou détritivores. Bien que les hommes soient sensible à toutes les espèces du parasite, le plus répandu est Trichinella spiralis, mais aussi T. pseudospiralis et T. britovi.

Elle est transmise par la consommation de viande de gibier (viande de phacochère, chacal ou d'ours notamment) ou d'animaux domestiques (cheval ou porcs plus rarement) infectés. Le parasite est transmis quand la viande est mangée crue ou insuffisamment cuite.

Les symptômes peuvent être divisés en deux catégories :

  • ceux qui sont provoqués par les vers situés dans l'intestin, il sont alors digestifs : douleurs abdominales, nausées, diarrhées, vomissements associés à une fièvre élevée ;
  • ceux qui sont provoqués par leur dissémination dans d'autres organes : myalgies (douleurs musculaires), maux de têtes, œdème du visage et prurit (démangeaisons) ; des complications sont possibles avec une atteinte cardiaque (myocardite) et/ou neurologiques.
La maladie est parfois mortelle si le nombre de larves ingérées a été très important. Des séquelles neurologiques ou musculaires peuvent s'observer.

 

La prévention de la trichinellose humaine :

  • Au niveau individuel, la cuisson suffisante de la viande (71° C, viande grise à cœur) est la méthode de prévention idéale. La congélation de la viande n'est pas suffisante pour éliminer tout risque de transmission de la trichinellose. En ce qui concerne les charcuteries, seuls les produits cuits permettent une destruction des trichinelles ; la salaison et la fumaison ne sont pas des techniques assainissantes.
  • Au niveau collectif, la prévention repose sur le contrôle sanitaire systématique des viandes. En France, la surveillance vétérinaire concerne la viande de cheval et de porc.

Source : Outbreak News Today.