Suspicion de fièvre de la vallée du Rift chez des chèvres et moutons en Libye Médecine des voyages

Publié le 3 déc. 2021 à 18h27

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

En Libye, le secteur agricole de Benghazi a révélé le 26 novembre 2021 la présence de foyers de fièvre de la Vallée du Rift (RVF) dans la région d'Al-Wahat.
Depuis son émergence en décembre 2019 et jusqu'en septembre 2021, les autorités de santé animale avait officiellement signalé à l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) 12 foyers de RVF. Des signes cliniques ont été observés parmi les moutons et les chèvres. Selon les informations publiées dans les médias il semble que des foyers de RVF aient été enregistrés récemment dans la région d'Al Wahat.

La maladie est transmissible à l'homme.

Rappels sur la fièvre hémorragique de la vallée du Rift :

La fièvre de la vallée du Rift est une zoonose majeure causée par un virus du genre Phlebovirus de la famille des Bunyaviridae. Le virus affecte différentes espèces animales (buffles, chameaux, bovins, caprins et moutons) chez lesquelles les épizooties débutantes se manifestent habituellement par une vague d'avortements inexpliqués et une baisse de la production de lait.

Elle peut être transmise à l'homme :

  • soit par contact direct avec le sang ou les fluides corporels animaux lors de l'abattage ou de l'ingestion de viande ou de lait d'animaux contaminés ;
  • soit indirectement par des piqûres d'arthropodes, en particulier par des arthropodes du genre Aedes.
La forme bénigne de fièvre de la vallée du Rift est la forme la plus fréquente chez l'homme. Elle survient après une incubation de 2 à 6 jours, et se manifeste sous la forme d'un syndrome pseudo-grippal (fièvre, de myalgies, d'arthralgies et de céphalées) qui dure de 4 à 7 jours.
Dans les formes graves on peut observer :
  • Une forme oculaire (0,5 à 2 %) avec des lésions rétiniennes qui se traduisent par une baisse de la vision ou une gêne visuelle. La maladie peut guérir spontanément sans laisser de séquelles ou provoquer une baisse définitive de leur acuité visuelle.
  • Une méningo-encéphalite (moins de 1 %) avec complications neurologiques graves courantes.
  • Une forme hémorragique (moins de 1 %): 2 à 4 jours après le début de la maladie, le patient présente les signes d'une atteinte hépatique grave avec ictère (jaunisse). Des phénomènes hémorragiques apparaissent ensuite: vomissements de sang, sang dans les selles, purpura ou ecchymoses (provoquées par des saignements cutanés internes), saignements du nez ou des gencives, hémorragies gynécologiques. Le taux de létalité pour ce syndrome hémorragique est élevé et se situe aux alentours de 50 %. Le décès survient habituellement trois à six jours après l'apparition des symptômes.

 

Source : ProMED.