Décès dû à une rickettsiose en Sardaigne, Italie Médecine des voyages

Publié le 10 juin 2022 à 12h38

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

En Italie, les services de santé ont annoncé via les médias qu'une personne est décédée de rickettsiose, probablement une fièvre boutonneuse méditerranéenne, à Lanusei, dans le centre-est de la Sardaigne. Le patient était gravement malade et hospitalisé depuis le 2 juin 2002, après avoir été piqué par une tique.

Rappel sur les rickettsioses :

Les rickettsioses sont des zoonoses dues aux Rickettsia, genre de bactéries intracellulaires strictes appartenant à la famille des Rickettsiaceae, ordre des Rickettsiales. Elles constituent un ensemble de maladies infectieuses transmises par des arthropodes vecteurs (pou, puce, tique).
La rickettsiose est présente dans le monde entier. La plupart des cas en Europe sont observés dans la région méditerranéenne. Les symptômes de la maladie peuvent comprendre de la fièvre et une éruption cutanée. Le traitement comprend généralement des antibiotiques.

La fièvre boutonneuse méditerranéenne (FBM) est due à la bactérie Rickettsia conorii et transmise par la tique du chien Rhipicephalus sanguineus.

  • L'incubation dure en moyenne une semaine (3-16 jours). Le début est brutal avec un syndrome grippal associant fièvre à 39 °C, céphalées intenses et photophobie ainsi que des douleurs musculaires et articulaires. Dans plus de la moitié des cas, on retrouve le point de morsure de la tique : la tache noire (escarre d'inoculation) indolore, noirâtre et croûteuse, de 3 à 5 mm centrée sur un halo inflammatoire de 2 à 3 cm de diamètre, parfois accompagnée d'une adénopathie. Elle persiste une semaine, puis cicatrise. L'inoculation par voie oculaire s'accompagne de conjonctivites.
  • L'éruption débute par un exanthème morbilliforme qui apparaît entre deux et quatre jours au niveau du tronc et évolue par poussées vers les membres, d'abord maculeuse (plane) puis papuleuse (légèrement surélevée au toucher), finissant par donner l'aspect boutonneux. Elle épargne généralement le visage, mais atteint la paume des mains et la plante des pieds.
  • L'évolution est bénigne dans la plupart des cas, mais des complications viscérales sont possibles : digestives, neurologiques, cardio-vasculaires et pulmonaires. Ces formes sévères représentent 5 à 6 % des cas. Elles sont associées à des facteurs de risques : alcoolisme, diabète, déficit en G6PD, âge avancé, retard de traitement ou antibiothérapie non adaptée

Conseils aux voyageurs

Aucun vaccin n'est actuellement disponible contre la rickettsiose.
Si vous prévoyez de passer du temps en plein air dans des forêts ou des zones rurales à l'étranger, vous devez

  • éviter les piqûres de tiques, en particulier lors d'activités telles que la marche, la randonnée, le camping, le cyclisme, la pêche, la course d'orientation ou la course à pied
  • porter des hauts à manches longues, des pantalons rentrés dans les chaussettes, des chaussures fermées pour réduire la surface de peau exposée qui pourrait être piquée
  • utiliser des insectifuges sur toutes les zones de peau exposée
  • porter des vêtements de couleur claire afin de pouvoir voir les tiques si elles s'accrochent à vos vêtements.

Après les activités de plein air, assurez-vous d'inspecter chaque jour tout votre corps et celui des membres de votre famille à la recherche de tiques, et retirez les tiques le plus tôt possible.

Source : Public Health Scotland, Fitfortravel.