Suspicion de cas de typhus murin en Nouvelle-Zélande Médecine des voyages

Publié le 12 juin 2022 à 21h49

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

En Nouvelle-Zélande, l'Auckland Regional Public Health Service a rapporté que 3 personnes vivant dans la région nord-ouest d'Auckland qui ont manipulé des chatons ont probablement été infectés par le typhus murin. La Dairy Flat Veterinary Clinic, située à 35 km au nord d'Auckland, a déclaré avoir été informé de ces cas le 3 juin 2022. Trois personnes ont présenté des symptômes évocateurs de la maladie,  2 adultes et un membre du personnel de la région de la ville de Kaukapakapa, qui avait manipulé une litière de chats errants porteurs de la maladie.

Les cas de typhus murin à Auckland ont tendance à être rares, le dernier cas notifié ayant eu lieu en 2017. 

Rappels sur le typhus murin :

Le typhus murin est une zoonose ubiquitaire due a une rickettsie, Rickettsia typhi. La puce du rat, Xenopsylla cheopis, vecteur principal, contamine l'homme par ses déjections qui pénètrent l'organisme par des lésions de grattage, par voie muqueuse ou par inhalation, et peut-être par piqûre.

Les réservoirs de la maladie sont les rongeurs Rattus rattus et Rattus norvegicus. D'autres vertébrés, tels que les souris, les opossums, les musaraignes ou les chats, peuvent être porteurs de R. typhi. Les rickettsies peuvent d'autre part rester infectantes des années dans les poussières de déjections des puces dans l'habitat des rats. Enfin, d'autres arthropodes (autres espèces de puces comme Ctenocephalides felis, puce du chat, et Leptopsylla segnis, puce de souris, poux, acariens) peuvent être vecteurs de la maladie en conditions de laboratoire.

Les symptômes peuvent commencer 6 à 14 jours après l'exposition à une puce infectée, et comprennent une fièvre (38 – 40°), des maux de tête, des frissons, des courbatures et des douleurs. Un rash cutané sur la face, la poitrine, le dos, les paumes des mains et les plantes des pieds, peut survenir.
Les tétracycline sont le traitement de référence (doxycycline en une prise unique). Le traitement est prolongé sur 7 jours dans les formes graves.
Il n'existe pas de vaccin pour prévenir le typhus murin.

Pour éviter la contamination il est recommandé :

  • un contrôle efficace des puces sur les animaux domestiques en utilisant des produits anti-puces ;
  • d'éliminer la nidification des rats et d'empêcher l'introduction des rongeurs, opossums, ou chats sauvages dans la maison ou les vides sanitaires ;
  • avant de nettoyer les aires de nidification, appliquer un répulsif efficace contre les insectes (à base de DEET) et utiliser un masque à particules de poussière, des lunettes et des gants ;
  • d'éviter les piqûres de puces : ne pas nourrir ni caresser les animaux errants ou sauvages.

Source : ProMED.