Réémergence du virus Zika chez des voyageurs revenant de Thaïlande Médecine des voyages

Publié le 5 juil. 2022 à 22h53

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

GeoSentinel, le programme mondial de surveillance de l'International Society of Travel Medicine fait part d'un rapport concernant 5 cas d'infection au virus Zika (ZIKV) chez des voyageurs revenant de Thaïlande. Tous les voyageurs étaient des touristes qui avaient voyagé en Thaïlande pour une durée médiane de 15 jours (7-29) entre le 16 mars 2022 et le 2 juin 2022. Les symptômes ont commencé en médiane de 8 jours (6-21 jours) après l'arrivée en Thaïlande. Les zones suivantes ont été visitées : Phuket, Phi Phi Island, Koh Samui, Khao Lak, Bangkok, Chang Mai.

Tous ont présenté des signes au Royaume-Uni, en Israël, ou en Allemagne. La plupart (4/5) des voyageurs ont signalé de la fièvre, et tous ont signalé une éruption maculopapulaire. Le diagnostic de ZIKV a été posé par biologie moléculaire (RT-PCR).

Avec l'assouplissement des restrictions COVID, les voyages en Thaïlande ont nettement augmenté, revenant vers les chiffres pré-COVID. Le ZIKV est connu pour être endémique dans toute la Thaïlande. 

Rappels sur le virus Zika :

Le virus Zika est un arbovirus membre de la famille des Flaviviridae et du genre Flavivirus, responsable de la fièvre Zika. Transmis par la piqûre d'un moustique infecté (Aedes aegypti, Aedes albopictus, Anopheles, Mansonia ou Eretmapodites), il peut entraîner un syndrome proche des autres arboviroses, avec fièvre, éruption cutanée, céphalées et douleurs articulaires, spontanément résolutif.

La majorité des formes sont asymptomatiques. Les formes symtomatiques se manifestent par un exanthème maculo-papuleux avec ou sans fièvre et au moins deux signes parmi les suivants : hyperhémie conjonctivale, arthralgies ou myalgies, en l'absence d'autre étiologie.

L'infection, classiquement bénigne, est à l'origine, d'un certain nombre de complications neurologiques sévères (méningites, encéphalites) et syndrome de Guillain-Barré. Au cours du premier trimestre de la grossesse, l'infection peut s'accompagner d'un risque de malformations congénitales de type microcéphalie (0,65 % des cas).
Pour les femmes enceintes ou en désir de grossesse résidant dans les les zones infectées par le virus, le respect strict des mesures de protection individuelle et les bonnes pratiques relatives à l'utilisation des produits insecticides et répulsifs doivent être rappelés.

Dans ce contexte, il est recommandé aux femmes enceintes ou en désir de grossesse vivant dans des zones indemnes de virus Zika et qui partent dans des zones où sévit le virus Zika d'envisager un report de leur projet de voyage. Dans le cas contraire, toutes les recommandations et informations de prévention et de suivi devront leur être données.

Il est recommandé à toute personne vivant ou voyageant dans des zones de circulation du virus Zika de prendre des précautions pour éviter les piqûres de moustiques :

  • détruire les larves et les gîtes potentiels de reproduction des moustiques autour et dans l'habitat (récipients contenant de l'eau stagnante…) ;
  • port de vêtements couvrants ;
  • répulsifs anti-moustiques, contenant du DEET, sur la peau découverte ;
  • moustiquaire imprégnés d'insecticide pour la sieste et la nuit ;
  • les personnes qui utilisent un écran solaire doivent appliquer le répulsif 20 minutes après l'écran solaire.

Afin d'éviter au maximum la dissémination du virus Zika, devant une fièvre d'apparition brutale et des douleurs articulaires ou musculaires dans les 15 jours qui suivent le retour en Europe,d'un séjour en zone intertropical, il faut consulter son médecin au plus vite en signalant son voyage.

Source : ProMED.