La fièvre hémorragique de Crimée-Congo en Afghanistan Médecine des voyages

Publié le 25 juil. 2022 à 16h21

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

En Afghanistan, 16 nouveaux cas suspects de fièvre hémorragique de Crimée-Congo (CCHF) ont été signalés dans la semaine épidémiologique 27 (3-9 juillet) dans les provinces de Herat (4), Takhar (4), Kaboul (4), Balkh (2), Laghman (1) et Parwân (1). 

Cela porte le nombre total de cas de CCHF à 115 dans 22 provinces. Sur 115 cas, 73,9 % (85) étaient des hommes et tous avaient plus de 5 ans ; 29,5 % (34) ont été confirmés en laboratoire par PCR. Huit décès associés au CCHF ont été signalés à Herat (3), Kapisa (2), Nangarhar (2) et Kaboul (1).

La CCHF est endémique en Afghanistan. En général, des cas sont signalés entre mai et novembre dans la plupart des pays autour de l'Aïd-ul-Adha, résultant de mouvements de masse et de manipulation d'animaux sacrificiels pendant les célébrations. 

Rappels sur la fièvre hémorragique de Crimée-Congo

Le virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo est endémique en Afrique, dans les Balkans, au Moyen-Orient et dans les  pays asiatiques au sud du 50e parallèle nord. Les hôtes du virus CCHF comprennent une large diversité d'animaux sauvages ou domestiques tels que le bétail, les moutons et les chèvres.

Le virus CCHF est du genre Nairovirus, de la famille des Bunyaviridae. Il peut être responsable de graves épidémies de fièvre virale hémorragique. Il provoque une forte fièvre, des douleurs ainsi que des nausées et vomissements, généralement 3-4 jours après la contamination. Il peut être responsable de formes hémorragiques graves avec une létalité (proportion de décès parmi les cas) de 10 à 40 pour cent.

La transmission à l'homme du virus se fait par piqûre de tique (du genre Hyalomma) ou par contact avec du sang contenant le virus ou des tissus d'animaux immédiatement après l'abattage.

La majorité des cas surviennent chez les personnes impliquées dans l'industrie de l'élevage, tels que les travailleurs agricoles, les employés des abattoirs et les vétérinaires. Une exposition nosocomiale  dans les établissements de soins de santé peut également se produire.

Pour éviter la contamination par les piqûres de tiques, le voyageur doit prendre certaines précautions :

  • rester sur des sentiers balisés et éviter les buissons, zones boisées et humides ;
  • préférer des vêtements couvrants (pantalon, manches longues, chaussures fermées) ;
  • traiter éventuellement les vêtements avec un insecticide ;
  • protéger les zones de peau exposées avec un répulsif à base de DEET ;
  • en fin d'activité, inspecter toutes les parties du corps, afin d'enlever une éventuelle tique dès que possible ;
  • extraire la tique à l'aide d'un tire-tique disponible en pharmacie, ou d'une pince-à-épiler ;
  • éviter d'écraser la tique, de la brûler ou d'appliquer diverses substances.

En cas de fièvre, de rougeur de la peau ou d'autres symptômes apparaissant après une piqûre de tique, le voyageur doit consulter rapidement un médecin.

Source : ProMED.