Un premier cas d'anaplamose a été rapporté en Guyane Française Médecine des voyages

Publié le 1 sept. 2022 à 13h06

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Une étude publiée dans la revue Emerging Infectious Diseases le 8 août 2022 vient de mettre en évidence une nouvelle zoonose transmise par les tiques dans une région reculée de la Guyane

L'anaplasmose a été découverte suite à l'infection d'un chercheur d'or vivant au cœur de la forêt tropicale. L'infection de ses globules rouges par Anaplasma sparouinense jusqu'alors inconnue en Guyane a conduit à une grave détérioration de l'état de santé du patient et a exigé une hospitalisation.

Le site d'orpaillage, en contact direct avec la faune, a été sans doute un facteur déterminant pour le passage de l'agent infectieux chez l'homme.

Rappel sur l'anaplasmose humaine :

L'anaplasmose humaine est une zoonose émergente pouvant être transmise à l'homme par morsure de tique. Elle est due aux bactéries du genre Anaplasma connues pour être des agents pathogènes tant humains que vétérinaires. L'espèce Anaplasma phagocytophilum est la principale espèce responsable de l'anaplasmose humaine. Cette bactérie Gram négatif, obligatoirement intracellulaire (elle infecte les polynucléaires neutrophiles), appartient à l'ordre des Rickettsiales.

Anaplasma sparouinense est un nouvel agent infectieux, différent de toutes les espèces connues d'Anaplasma. Des analyses phylogénétiques ont établi que ces souches apparentées sont naturellement présentes chez les paresseux et les tiques prélevées sur des coatis en Amérique du Sud.

La bactérie est maintenue dans la nature grâce à un cycle impliquant les tiques et de nombreuses espèces d'animaux vertébrés (ruminants et rongeurs, chevaux, animaux carnivores (chiens, chats) ou insectivores).

La transmission à l'homme se fait à l'occasion d'une piqûre par une tique infectée appartenant au genre Ixodes : Ixodes scapularis et Ixodes pacificus sont les espèces vectrices les plus fréquentes en Amérique du Nord ; en Europe il s'agit d'Ixodes ricinus.

L'apparition des symptômes se produit 1 à 2 semaines après l'exposition, et environ 75 % des malades signalent une morsure de tique.

  • Les symptômes peuvent consister en des symptômes généraux de type rhume ou commencer plus brusquement par des symptômes de type grippal.
  • L'atteinte du système nerveux central est possible comme la survenue d'une éruption cutanée généralisée.
  • Des formes graves sont possibles, en particulier chez l'immunodéprimé. Le taux de létalité a été estimé à 0,3 % aux États-Unis.

 

Recommandations pour le voyageur :

En l'absence de vaccin, la meilleure méthode pour éviter d'être infecté est de limiter l'exposition aux tiques. Les zones à risque comprennent les zones boisées, les landes, les parcs et les jardins avec des animaux sauvages ; les tiques sont plus fréquentes d'avril à octobre. Des activités telles que le camping, les pique-niques, la randonnée pédestre et le cyclisme peuvent augmenter les risques.

La prophylaxie de cette maladie  à transmission vectorielle repose uniquement sur la prévention des piqûres de tique : 

  • Port de vêtements longs, au mieux imprégnés d'un pyréthrinoïde de synthèse
  • Utilisation des répulsifs cutanés, principalement à base de DEET à une concentration supérieure à  20%
  • Surveillance corporelle systématique au retour de promenade en campagne pour retirer les tiques.

Source : ProMED