Le fromage labneh du Groupe Mounet est rappelé au Canada pour risque de botulisme Médecine des voyages

Publié le 26 nov. 2022 à 15h17

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Le fromage labneh du groupe Mounet fait l'objet d'un rappel au Canada, rappel déclenché par l'avis de l'Agence canadienne d'inspection des aliments et des activités de contrôle, parce que l'emballage peut permettre la croissance de la bactérie Clostridium botulinum qui produit la toxine botulique. Aucun cas n'a été signalés à ce jour relativement à ce problème. Ce fromage était vendu au Québec au détail. 

Rappels sur le botulisme :

L'agent pathogène impliqué dans le botulisme est une bactérie appelée Clostridium botulinum. C'est la toxine extrêmement puissante qu'elle synthétise qui est responsable de la maladie. Sur les sept types de botulisme connus aujourd'hui, quatre (les types A, B, E et plus rarement F) affectent l'homme.
La toxine se développe notamment dans les aliments mal conservés, et la maladie résulte en général d'une intoxication alimentaire. Si le botulisme est rare, sa mortalité reste élevée quand le traitement n'est pas immédiat.

Le botulisme se déclare après une incubation de quelques heures à quelques jours, en fonction du mode de contamination.
En général, les personnes ayant partagé les mêmes aliments manifestent des symptômes identiques, mais avec une gravité variable. On distingue trois types de botulisme en fonction du mode de contamination

  • Le botulisme alimentaire qui résulte de l'ingestion de la toxine botulique préalablement formée dans des aliments contaminés par la bactérie C. botulinum (aliments conservés n'ayant pas subi de processus poussé de stérilisation : salaisons, charcuteries ou encore conserves d'origines familiale ou artisanale).
  • Le botulisme d'inoculation qui résulte de la contamination d'une plaie par des spores de C. botulinum qui vont dans un second temps se transformer en bactéries capables de produire les toxines. Cette forme est en particulier décrite chez les usagers de drogues injectables.
  • Le botulisme infantile qui résulte de l'ingestion de spores de C. botulinum qui vont par la suite se transformer dans l'intestin en bactéries capables de produire des toxines. Cette forme de botulisme concerne en général les enfants de moins de 6 mois qui sont particulièrement sensibles à la colonisation intestinale par C. botulinum. Bien qu'elle touche presque exclusivement les enfants de moins d'un an, une maladie similaire peut également apparaître chez des enfants plus âgés et des adultes présentant des altérations de l'anatomie et de la microflore intestinale.

 

Les signes débutent par une atteinte oculaire (défaut d'accommodation, vision floue), une sécheresse de la bouche accompagnée d'un défaut de déglutition voire d'élocution, puis d'une parésie à une paralysie des muscles. Dans les formes avancées, ils évoluent vers une paralysie descendante des membres et des muscles respiratoires. C'est cette insuffisance respiratoire qui entraîne le décès.
Le traitement du botulisme est essentiellement symptomatique et requiert, dans les formes sévères, des soins respiratoires intensifs avec ventilation assistée.

La prévention du botulisme alimentaire repose sur l'application de bonnes pratiques dans la préparation des aliments, notamment pour ce qui concerne la conservation et l'hygiène. Le botulisme peut être prévenu par l'inactivation des spores bactériennes dans les produits ou les conserves stérilisés à la chaleur (par autoclavage, par exemple) ou encore par inhibition de la croissance bactérienne dans d'autres produits. La pasteurisation à chaud industrielle (produits pasteurisés conditionnés sous vide, produits fumés à chaud) peut ne pas suffire pour détruire toutes les spores.

Source : Food Poisoning Bulletin.