Trypanosomiase américaine (maladie de Chagas) d'origine alimentaire au Brésil Médecine des voyages

Publié le 9 déc. 2022 à 18h25

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Au Brésil, au moins 9 cas de maladie de Chagas ont été signalés dans le quartier Pratinha, quartier de Belém, dans l'Etat du Pará selon une information du secrétariat municipal de la santé (Sesma). Le diagnostic a été confirmé à l'Institut Evandro Chagas (IEC).

Tous les patients déclarent avoir consommé de l'açaí avant de présenter des signes et symptômes caractéristiques de la maladie. Dans toute la ville de Belém, il y a 11 cas de la maladie rapporté jusqu'à la mi-novembre [2022]. En plus des cas confirmés, d'autres cas sont en cours d'investigation. 

Belém est la commune qui enregistre le plus grand nombre de cas de la maladie dans tout le Brésil, selon l'Université de l'État du Pará.

La maladie de Chagas reste un grave problème de santé publique au Brésil et dans toute l'Amérique latine, en particulier dans les régions amazoniennes.

Rappels sur la maladie de Chagas

  • La maladie de Chagas (ou trypanosomiase américaine) est causée par un parasite, Trypanosoma cruzi, transmis à l'homme par une punaise (« triatome » ou «kissing bug») hématophage (se nourrissant de sang), dont la piqûre est accompagnée de déjections contenant le parasite. Il pénètre dans l'organisme lorsque la personne se frotte ou se gratte la lésion de piqûre, les yeux, la bouche ou toute autre altération de la peau.
  • Plus rarement, de petites épidémies sont causées par la consommation d’aliments ou de boissons contaminés par T. cruzi, par exemple du fait de contacts avec des selles ou de l’urine de triatomes ou d'animaux infectés. Depuis 2007 des petites épidémies d'origine alimentaire ont été rapportées dans plusieurs pays du continent sud-américain (Brésil, Colombie, Venezuela, Bolivie). La consommation de jus de fruits frais, de jus de canne à sucre ou de d'acai sont le plus souvent en cause.

Les personnes infectées sont souvent asymptomatiques ou peuvent présenter de la fièvre, des maux de tête, des douleurs musculaires, un œdème des paupières et des ganglions ainsi qu'une augmentation de volume du foie et de la rate. Les enfants sont plus à risque de développer la maladie, qui peut également causer une atteinte cardiaque aiguë ou une méningo-encéphalite. Après une période d'une dizaine d'années sans signes cliniques, des complications cardiaques et intestinales irréversibles peuvent survenir. Il existe un traitement efficace lors de la phase initiale.

La maladie sévit dans les régions rurales et périurbaines d'Amérique centrale et du Sud. 

Le risque est faible pour les voyageurs. 

Il faut éviter de boire du jus de fruits frais. Lors de treks, camping ou nuitées chez l'habitant, il faut se protéger des insectes la nuit et dormir sous une moustiquaire imprégnée d'insecticide. La consultation d'un médecin est nécessaire en cas de piqûre suspecte.

Source : Outbreak News Today.