Fin de l'épidémie de fièvre de Lassa au Ghana Médecine des voyages

Publié le 6 mai 2023 à 12h12

Biographie

Médecin biologiste.

Au Ghana, les autorités sanitaires ont annoncé cette semaine la fin de l'épidémie de fièvre de Lassa qui a débuté en février.

Le vendredi 24 février 2023, la direction régionale de la santé du Grand Accra a été informée de deux cas confirmés de fièvre de Lassa à l'hôpital universitaire de Korle Bu à Accra. Aucun nouveau cas n'a été enregistré depuis le 1er mars 2023. Au total, 27 cas confirmés de fièvre de Lassa et un décès (CFR : 3 %) ont été signalés.

La période de suivi maximale de 42 jours s'est écoulée depuis que le dernier cas confirmé de fièvre de Lassa est sorti de l'hôpital le 10 mars. Par conséquent la fin de l'épidémie a été déclarée, conformément au délai obligatoire de 42 jours de suivi après le dernier cas, recommandé par l'OMS.

Rappels sur la fièvre de Lassa :

La fièvre de Lassa est une fièvre hémorragique causée par un Arénaviridae le virus Lassa. Celui-ci est endémique dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest, au Nigeria, en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone, où des flambées épidémiques surviennent régulièrement et touche de 100 à 300 000 personnes par an dont 5 à 6 000 succombent.

Le principal réservoir du virus Lassa est un petit rongeur péri-domestique appelé Mastomys natalensis

Le virus se transmet à l'homme par contact avec des aliments ou des articles ménagers contaminés par les urines ou des matières fécales des rongeurs. Un grand nombre de ces rongeurs vivent à proximité, voire à l'intérieur des habitations, et leur taux d'infection peut aller jusqu'à 80%. Les contacts entre l'homme et le réservoir infecté sont donc très fréquents dans les villages. Le virus peut aussi infecter l'organisme par une coupure ou une plaie ou lorsque des rats infectés sont préparés comme repas qui sont vendus le long des routes. La transmission se fait d'homme à homme par contact direct avec le sang, l'urine, les excréments ou autres sécrétions organiques d'une personne contaminée en particulier en contexte hospitalier. Le contact avec le virus peut aussi se produire par inhalation d'air contaminé par de fines particules en suspension qui contiennent des excrétions. La transmission peut se faire au niveau des laboratoires d'analyses. La transmission par voie sexuelle a été signalée. 

Le tableau clinique de la fièvre de Lassa est variable, depuis l'infection asymptomatique, très fréquente (80% des cas) à une fièvre hémorragique foudroyante. La maladie débute 6 à 21 jours après l'infection par des signes cliniques peu spécifiques : fièvre, vomissements, nausées, douleurs abdominales, céphalées, myalgies, arthralgies, asthénie. Dans les cas sévères, les symptômes s'aggravent ensuite, avec l'apparition d'oedèmes, de signes hémorragiques, d'épanchements péricardiques et pleuraux, et plus rarement d'encéphalites. Le patient décède dans un contexte de choc hypotensif et hypovolémique et de défaillances rénale et hépatique.

La fièvre de Lassa est d'une extrême gravité pour la femme enceinte, conduisant fréquemment au décès de la mère et systématiquement à celui du fœtus.

Aucun vaccin n'est actuellement disponible. Il n'existe aujourd'hui qu'un seul antiviral, la ribavirine, qui doit être administré très tôt après l'apparition des symptômes et dont l'efficacité reste peu démontrée

Source : Outbreak News Today