Infection à Coronavirus du Moyen Orient (MERS-CoV) : dernière actualité publiée par l'OMS

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Entre le 13 septembre 2022 et le 12 août 2023, le ministère de la Santé de l'Arabie saoudite a notifié trois nouveaux cas confirmés par RT-PCR de syndrome respiratoire du Moyen-Orient à coronavirus (MERS-CoV), dont deux décès. Il s’agissait d’hommes âgés respectivement de 42, 83 et 85 ans. Les cas ont été signalés dans les régions de Riyad, Asser et Makkah Al Mukarramah. Les trois cas avaient des comorbidités. Deux avaient des antécédents de contact avec des chameaux et tous les trois avaient consommé du lait de chamelle cru dans les 14 jours précédant l'apparition des symptômes. Aucun ne travaillait dans le secteur de la santé.

Pour les deux cas ayant signalé des contacts avec des chameaux, le ministère de l'Agriculture a été informé et une enquête a été menée sur les chameaux. Il n'existe aucun traitement contre le MERS-CoV chez les animaux. Les chameaux identifiés comme positifs ont été isolés jusqu'à ce que les tests de RT-PCR soient négatifs.

Rappels sur le MERS-CoV

Le virus : Le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS) est une infection respiratoire virale causée par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV). Les coronavirus constituent une vaste famille de virus pouvant provoquer des maladies diverses, allant du rhume banal au syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) et à la maladie à coronavirus 2019 (COVID-19).

Épidémiologie : Du 13 septembre 2012 au 12 août 2023, le nombre total de cas d'infection par le MERS-CoV confirmés en laboratoire et notifiés à l'OMS dans le monde était de 2 605, avec 937 décès associés (CFR 36 %). La majorité de ces cas sont survenus dans des pays de la péninsule arabique, dont 2196 cas et 856 décès associés (CFR 39 %) en Arabie saoudite. Il y a eu un foyer important en dehors du Moyen-Orient, en République de Corée, en mai 2015, au cours duquel 186 cas confirmés en laboratoire (185 en République de Corée et 1 en Chine) et 38 décès ont été signalés. Le cas index de cette épidémie avait voyagé au Moyen-Orient.
Le nombre de cas de MERS signalés à l'OMS a considérablement diminué depuis le début de la pandémie de COVID-19. Cela s'explique probablement par la priorité accordée aux activités de surveillance du COVID-19, par la similitude du tableau clinique des deux maladies, qui a entraîné une réduction des tests et de la détection des cas de MERS-CoV et par les mesures prises pendant la pandémie de COVID-19 pour réduire la transmission du SARS-CoV-2.

_ Transmission _: Le MERS-CoV est un virus zoonotique, c’est-à-dire qu’il se transmet de l’animal à l’homme qui s’infecte sans doute au contact de dromadaires infectés ou lors de la consommation de lait cru de dromadaire. La transmission interhumaine par le biais des secrétions respiratoires (gouttelettes) est possible et s’est produite essentiellement parmi des contacts proches ou dans des établissements de soins.

Clinique : Le virus se multiplient préférentiellement dans la partie basse du tractus respiratoire, provoquant fièvre, toux, difficultés à respirer, et parfois troubles gastro-intestinaux. Ces symptômes peu spécifiques ralentissent parfois le diagnostic, notamment dans un pays confronté pour la première fois à ce type de virus. La période d'incubation est de 5 à 15 jours. Dans les pays du Moyen-Orient où les populations sont plus fréquemment en contact avec les dromadaires, certaines personnes porteuses du virus ne présentent pas de symptômes. Ce virus peut être mortel quand il frappe les personnes déjà affaiblies par d’autres pathologies : diabète, insuffisance rénale, infection pulmonaire chronique, immunodépression. Le taux de létalité estimé est de 30% environ.*

Traitement : Aucun vaccin ou traitement spécifique n'est actuellement disponible, bien que plusieurs vaccins et thérapeutiques spécifiques au MERS-CoV soient en cours de développement. Le traitement est symptomatique.

Conseil de l'OMS : L’OMS insiste sur

  • l'importance d'une surveillance rigoureuse des infections respiratoires aiguës, y compris du MERS-CoV, par tous les États membres ;
  • la prévention de la transmission interhumaine en particulier dans les établissements de santé qui repose sur
    • l'identification précoce, la prise en charge et l'isolement des cas, la mise en quarantaine des contacts ;
    • l’application des précautions standard avec tous les patients ;
    • complétées par les précautions contre les gouttelettes lors de la prise en charge de patients présentant des symptômes d'infection respiratoire aiguë ;
    • renforcées lors des soins aux cas probables ou confirmés d'infection par le MERS-CoV par la protection des yeux et les précautions contre la transmission par voie aérienne qui doivent être appliquées quand s'effectuent des procédures générant des aérosols ou dans l’environnement des procédures générant des aérosols ;
  • la prévention chez les personnes avec des comorbidités telles que le diabète, l'insuffisance rénale, les maladies pulmonaires chroniques ou une immunodépression qui doivent :
    • éviter tout contact étroit avec les animaux, en particulier les dromadaires, lorsqu'elles se rendent dans des fermes, des marchés ou des zones d'élevage où le virus est susceptible de circuler ;
    • se laver régulièrement les mains avant et après avoir touché les animaux ;
    • et éviter tout contact avec des animaux malades.
  • le respect des pratiques d'hygiène alimentaire :
    • éviter de boire du lait de chamelle cru, de l'urine de chamelle ou de manger de la viande qui n'a pas été bien cuite)
    • consommer des produits animaux cuits ou pasteurisés.

Source : Organisation mondiale de la Santé (OMS)

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