Inde : épidemie de typhus des broussailles dans l'Etat d'Odisha Médecine des voyages

Publié le 15 oct. 2023 à 20h34

Biographie

Médecin biologiste.

En inde, selon le quotidien Pragativadi, le nombre total de cas de typhus des broussailles (scrub typhus) a franchi la barre des 400 dans le district de Sundargarh, en Odisha. Jusqu'à présent, deux décès dus au typhus des broussailles ont été signalés à Sundargarh, en Odisha, tandis qu'un autre cas continue d'être traité en unité de soins intensifs.

En inde, les cas de typhus des broussailles signalés entre 2009 et 2020 sont survenus pendant la saison des pluies et les mois les plus frais, principalement à partir de juin, et augmentent progressivement jusqu'en novembre et décembre. Le mois le plus propice à l'apparition du typhus est août-septembre. Si l'ensemble du pays est touché, chaque année, les cas et les décès les plus nombreux sont enregistrés au Rajasthan, à Odisha et au Tamilnadu, mais dans l'ensemble, c'est dans la région nord-est de l'Inde que l'on enregistre le plus grand nombre de cas et de décès.

Rappels sur le typhus de broussailles.

Le typhus des broussailles, appelé également scrub typhus ou tsutsugamushi, est une infection bactérienne causée par Orientia tsutsugamushi (anciennement nommée Rickettsia tsutsugamushi ou Rickettsia orientalis), qui appartient à l'ordre des Rickettsiales de la famille des Rickettsiaceae. L'homme est un hôte accidentel de ces bactéries, le réservoir de l'infection est animal (rongeurs, lapins, porcs). La transmission se fait par piqûre de larves de trombiculidés (Leptotrombidium deliense). Ces acariens proches des aoutats vivent habituellement dans des zones broussailleuses des zones montagneuses.

La prévalence et l'incidence exactes sont inconnues. Environ 1 milliard d'individus dans le monde sont exposés au typhus des broussailles, et on estime qu'1 million de cas est décrit chaque année. La maladie s'étend du sud au sud-est de l'Asie et dans le Pacifique Ouest (Corée à Australie), et du Japon à l'Inde et au Pakistan. Dans ces régions, l'incidence annuelle est d'environ 1/4 000.

C'est une maladie fébrile aiguë qui se caractérise par un chancre d'inoculation de la peau associé à une éruption (apparition de boutons) sur l'ensemble du corps avec une inflammation des ganglions lymphatiques et une fièvre de deux à quatre semaines. Elle peut impliquer plusieurs organes si le malade n'est pas traité. L'encéphalite constitue une manifestation tardive avec un risque élevé de décès. Le traitement repose sur l'antibiothérapie (tétracycline ou rifampicine dans les formes résistantes). La mortalité est susceptible d'atteindre 25 % des cas qui ne sont pas traités par la doxycycline et éventuellement la rifampicine.

Conséquences pour le voyageur.
Le risque est faible pour les voyageurs mais ceux qui campent ou pratiquent le trekking peuvent être exposés. Pour éviter les piqûres de tiques, le voyageur doit prendre certaines précautions :

  • rester sur des sentiers balisés et et éviter de s'asseoir dans l'herbe ou de passer à travers les buissons, zones boisées et humides ;
  • préférer des vêtements couvrants (pantalon, manches longues, chaussures fermées et chaussettes remontant sur le bas des pantalons) imprégnés d'un insecticide ;   
  • traiter éventuellement les vêtements avec un insecticide ;   
  • protéger les zones de peau exposées avec un répulsif à base de DEET.

Pour le voyageur, en cas de fièvre, de rougeur de la peau ou d'autres symptômes nouveaux après une piqûre de tique, consulter rapidement un médecin.

Source : pragativadi.com