Première détection du virus de la Fièvre hémorragique de Crimée-Congo chez les tiques en France Médecine des voyages

Publié le 25 oct. 2023 à 22h41

Biographie

Médecin biologiste.

Dans le cadre d'une étude visant à détecter sa présence en France, le Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) a détecté le 6 octobre 2023 le virus de la fièvre hémorragique Crimée-Congo (FHCC) dans des tiques de l'espèce Hyalomma marginatum collectées sur des bovins des Pyrénées-Orientales. Ces premières analyses ont été confirmées par le CNR (Centre national de référence des fièvres hémorragiques virales) de l'Institut Pasteur, établissant ainsi pour la première fois la présence du virus en France.

La virus de la FHCC se transmet par piqûre de tiques adultes du genre Hyalomma, mais aussi par contact avec des fluides corporels d’humains ou d’animaux infectés virémiques.

Originaire d’Afrique et d’Asie et introduite principalement par les oiseaux migrateurs en provenance d’Afrique, la tique H. marginatum est présente sur l’ensemble du pourtour méditerranéen et risque de s’étendre plus au nord dans le futur, sous l’effet du changement climatique. En France, la tique H. marginatum, dans sa forme adulte, pique les ongulés domestiques et sauvages (bovins, chevaux, petits ruminants, cervidés) et occasionnellement l’humain. Elle ’est active qu’au printemps entre avril et juillet.

A ce jour aucun cas autochtone de FHCC n’a été détecté en France. 

En l’absence de vaccin contre le FHCC, le principal moyen de réduire le risque infectieux chez l’humain consiste à se protéger contre les piqûres de tiques :

  • lors des promenades dans la nature, porter des chaussures fermées et des vêtements couvrants de couleur claire afin de mieux repérer les tiques sur la surface du tissu, enfiler le pantalon dans les chaussettes ;
  • éviter de marcher au milieu des herbes, des buissons et des branches basses et privilégier les chemins balisés ;
  • utiliser éventuellement des répulsifs cutanés avec autorisation de mise sur le marché (AMM), en respectant bien les préconisations d’usage, (recommandations pour les voyageurs de 2023 pour les répulsifs) ;
  • s’inspecter au retour de vos promenades en forêt, dans le maquis et la garrigue ou dans le jardin notamment au niveau des plis de la peau sans oublier le cuir chevelu ;
  • en cas de piqûre, détacher immédiatement les tiques fixées à l’aide d’un tire-tique, une pince fine ou à défaut vos ongles et désinfecter l’endroit ;
  • surveiller son état général et consulter rapidement un médecin en cas d’apparition de symptômes dans le mois suivant l’exposition.

Source : Santé publique France