Le vaccin anti-adenovirus américain reprend du service

Publié le 19 mar. 2012 à 13h42

Biographie

MD, PhD, ancien directeur scientifique de l’Institut de recherche biomédicale des armées (IRBA), Brétigny sur Orge, France.

Habilitation à diriger les recherches.

Enseignant à l’Ecole du Val-de-Grâce, à l’université d’Aix-Marseille, à l’Institut de formation en soins infirmiers Saint Joseph, Marseille.

Expert auprès de Santé publique France, de la Haute autorité de santé (HAS) et du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC).

Membre du Comité de protection des personnes (CPP) Sud-Ouest et Outre-mer II.

Liens d'intérêt

Absence de lien avec l’industrie pharmaceutique.

Aucune participation à des études cliniques de médicaments ou vaccins.

Déclaration établie le 2 janvier 2012, mise à jour le 21 septembre 2021.

Pendant des années, les militaires américains, particulièrement les nouvelles recrues, se sont trouvés significativement affectés par des infections respiratoires dues à des adenovirus. Un vaccin mis au point contre les adenovirus de type 4 et 7 a été utilisé à partir de 1971 et une importante réduction des épidémies d'infections respiratoires a été observée. Elle s'est prolongée jusqu'en 1999, année qui a vu la réapparition des épidémies, après que la production du vaccin et son utilisation aient été interrompues. Les médecins militaires ont alors réclamé la mise au point d'un nouveau vaccin. Un vaccin oral vivant de seconde génération a été obtenu et il est utilisé depuis octobre 2011.

Dans l'article paru dans Emerging Infectious Diseases du mois de mars 2012 (RN Potter et coll., Adenovirus-associated deaths in US military during postvaccination period, 1999-2010. EID, 18, 507-509, 2012), les auteurs analysent les 8 cas mortels d'infection respiratoire par adenovirus qui ont été observés parmi les militaires américains dans la période où la vaccination n'a plus été pratiquée, ayant essentiellement impliqué les types 4 et 7. Ils les opposent aux 5 cas observés durant toute la période 1967-1998, qui se trouvent en fait regroupés avant 1974 ; aucun cas n'a été observé de 1974 à 1998, correspondant approximativement à la période d'utilisation du vaccin de première génération. Les auteurs reconnaissent que leurs observations n'autorisent pas de comparaison et de conclusion quant à l'efficacité du vaccin contre les infections mortelles à adenovirus. Ils attendent de la surveillance mise en place des données nouvelles, espérant que la protection s'étendra au-delà des types 4 et 7 du virus. Une protection élargie pourrait en effet s'avérer intéressante au moment où des chercheurs japonais et américains annoncent l'émergence au Bengladesh d'un nouvel adenovirus (HAdV-65), présenté comme une « sérieuse menace pour la santé publique » (Y. Matsushima et coll., Novel human adenovirus strain, Bangladesh. EID, 18(5)).