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Nouvel avis du HCSP : pas de recommandation vaccinale contre les infections à rotavirus en France

Publié le 15 juil. 2010 à 00h22

Biographie

- Professeur agrégé enseignant à l'École du Val-de-Grâce et à l'Université de Bordeaux.

Liens d'intérêt

- Aucune perception de rémunération ou de tout autre avantage de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.
- Aucune rémunération ou avantages reçus de l'industrie pharmaceutique.
- Déclaration mise à jour le 18 novembre 2019.

Dans un nouvel avis récemment publié, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) a réévalué les recommandations relatives à la vaccination contre les rotavirus des nourrissons âgés de moins de 6 mois, comme cela était préconisé dans les conclusions de l'avis du Conseil supérieur d’hygiène publique de France du 5 décembre 2006. 

Les infections à rotavirus sont fréquentes chez les nourrissons et les jeunes enfants, entrainant chaque année en France 18 000 hospitalisations environ. Leur impact sur le recours au système de soins est important, surtout en période hivernale. Le rotavirus est aussi la principale cause d'infections nosocomiales en pédiatrie. Dans les pays développés qui ont mis en place une vaccination de masse contre le rotavirus des nourrissons âgés de moins de six mois, une réduction importante des hospitalisations secondaires aux infections à rotavirus et des infections nosocomiales liées à ce virus a été observé.

Cependant, le HCSP ne recommande pas actuellement la vaccination systématique contre le rotavirus des nourrissons âgés de moins de six mois en France pour les raisons suivantes :

  • La vaccination ne semble pas avoir d'impact significatif sur la mortalité liée aux diarrhées du nourrisson, du fait de la létalité très faible des infections à rotavirus en France ;
  • Du matériel génétique de circovirus porcins a été mis en évidence dans les deux vaccins disponibles sur le marché (Rotarix® et Rotateq®) ;
  • L'observation d'une augmentation faible du risque d’invagination intestinale aiguë dans les sept jours suivant l’’administration de la première dose du vaccin monovalent et, pour le vaccin pentavalent, l’’impossibilité actuelle d’’éliminer un tel risque.

Par ailleurs, le HCSP recommande la poursuite de la mise en œœuvre des mesures destinées à améliorer la prise en charge d’’une gastro-entérite aiguë chez le nourrisson et les pratiques sur la réhydratation orale, comme indiqué dans l’’avis du Conseil supérieur d’hygiène publique de France en décembre 2006, et préconise qu’’une évaluation de ces actions soit menée.