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Pour être mieux vacciné, sans défaut ni excès

Vaccination et maternité en 2010

Publié le 10 sept. 2010 à 10h06

Biographie

- Professeur agrégé enseignant à l'École du Val-de-Grâce et à l'Université de Bordeaux.

Liens d'intérêt

- Aucune perception de rémunération ou de tout autre avantage de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.
- Aucune rémunération ou avantages reçus de l'industrie pharmaceutique.
- Déclaration mise à jour le 18 novembre 2019.

Le Dr François Vié-Lesage, membre de l'AFPA (Association Française de Pédiatrie Ambulatoire) et d'Infovac, a présenté à l'Institut National de Prévention et d'Education pour la Santé (INPES) les principaux éléments à retenir concernant la vaccination pendant la maternité. Celle-ci participe d’une démarche globale qui se fait en trois temps :

1. La période avant la grossesse, à l’occasion par exemple des consultations pour un projet de parentalité, est une période propice pour parler de vaccination. C’est le moment de faire le point pour les deux futurs parents sur la mise à jour de leurs vaccins, en insistant sur le RRO (vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons), l’hépatite B, la coqueluche et la varicelle ;

2. Pendant la grossesse, on évite de vacciner la future mère, sauf éventuellement contre la grippe. La grossesse est l’opportunité de faire à nouveau un point sur les vaccins chez le futur père, voire la fratrie. C’est bien sûr l’occasion de faire le point chez la mère, grâce aux sérologies systématiques (rubéole, hépatite B) et prévoir ainsi les vaccinations après l’accouchement. Dans certains cas, on peut être amené à proposer la vaccination contre la grippe à la femme enceinte et à son entourage ;

3. A la naissance, les parents sont invités à faire du "cocooning" et à se faire vacciner contre la coqueluche associée au DTP (vaccin contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite). Cette stratégie de « cocooning » vaut également pour la fratrie. Le cocooning consiste à vacciner l’entourage pour protéger un bébé qui n’a pas encore eu le temps d’être vacciné lui-même. Chez la mère, on pourra aussi éventuellement envisager la vaccination contre la varicelle (si elle ne l’a pas déjà eu auparavant) et contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (si elle n’a pas eu deux injections ou si elle a une sérologie négative pour la rougeole). Pour les nourrissons, on intervient s’il existe un facteur de risque : si la mère, et c’est un cas particulier, est porteuse de l’hépatite B, le nourrisson est vacciné tout de suite après la naissance ; s’il y a un facteur de risque pour la tuberculose, le nourrisson est vacciné à la maternité ou pendant le premier mois (BCG). C’est bien sûr également l’occasion d’expliquer le calendrier vaccinal aux parents : les premiers vaccins commencent pour le nourrisson à 2, 3 et 4 mois avec le vaccin hexavalent (vaccin contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche, Haemophilus influenzae type b et l'hépatite B) et à 2 et 4 mois contre le vaccin contre les pneumocoques. Enfin, la vaccination du personnel de maternité et des services de pédiatrie accueillant les nourrissons est particulièrement importante à surveiller, en particulier pour les vaccinations contre la coqueluche, la varicelle, la rougeole ou la grippe et pour la surveillance du risque tuberculeux.

Deux notions sont très importantes lors d’une maternité :

  • le dépistage des populations à risque (en particulier pour la tuberculose, l’hépatite B et la grippe) ;
  • le "cocooning", c’est-à-dire la vaccination de l’entourage, parents et fratrie, pour protéger indirectement le nourrisson.

En tant que pédiatre, le Dr François Vié-Lesage pense que la maternité est un moment privilégié pour revoir et éventuellement rattraper les vaccinations à la fois de l’adulte et de l’enfant. Les professionnels de santé qui suivent la grossesse doivent être sensibilisés à ces questions, qu’ils s’agissent des gynécologues, des sages-femmes et des médecins généralistes, et ce d’autant plus qu’il y a désormais des consultations prénatales au quatrième mois.

Source : INPES.