Forte activité du virus West Nile en cette fin d’été 2010 Médecine des voyages

Publié le 21 sept. 2010 à 19h37

Biographie

MD, PhD, ancien directeur scientifique de l’Institut de recherche biomédicale des armées (IRBA), Brétigny sur Orge, France.

Habilitation à diriger les recherches.

Enseignant à l’Ecole du Val-de-Grâce, à l’université d’Aix-Marseille, à l’Institut de formation en soins infirmiers Saint Joseph, Marseille.

Expert auprès de Santé publique France, de la Haute autorité de santé (HAS) et du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC).

Membre du Comité de protection des personnes (CPP) Sud-Ouest et Outre-mer II.

Liens d'intérêt

Absence de lien avec l’industrie pharmaceutique.

Aucune participation à des études cliniques de médicaments ou vaccins.

Déclaration établie le 2 janvier 2012, mise à jour le 21 septembre 2021.

Présent de longue date en Afrique et en Europe, le virus West Nile s’est particulièrement signalé en 1999 lorsqu’il a émergé sur le continent nord-américain. Il y a été responsable depuis de milliers de cas d’infection, dont près de la moitié étaient des cas neurologiques (méningite, encéphalite, encéphalomyélite) marqués par une létalité de 10 %, ayant concerné tout particulièrement les personnes âgées. Sa progression s’est accompagnée de la découverte de l’importance de voies de transmission annexes, par absorption de produits infectés (lait maternel chez l’homme, viande crue chez l’animal surtout), transfusion et greffe d’organe.

L’été 2010 a été marqué par une déclaration exceptionnellement soutenue de cas et d’épidémies autour du bassin méditerranéen, dans le sud de l’Europe et en Russie. Début août, des cas sont apparus dans la province de Macédoine, en Grèce. Ils sont devenus de plus en plus nombreux pour atteindre 233 cas confirmés et 24 décès le 20 septembre. En Russie, 365 cas dont 295 encéphalites ont été identifiés entre le 16 juillet et le 14 septembre 2010 dans la région de Volgograd, faisant 5 décès. La Roumanie déclarait 38 cas et 4 décès le 15 septembre. D’autres cas humains ont été observés dans l’ouest de la Turquie, en Israël, en Hongrie et dans le nord de l’Italie, alors que des chevaux ont été infectés au Maroc, en Espagne et en Sicile. Une carte établie le 10 septembre est accessible sur le site de l’ECDC (European Centre for Diseases Prevention and Control).

Le virus West Nile est essentiellement transmis par des moustiques du genre Culex, et bien d’autres moustiques peuvent être porteurs de virus. Des périodes de chaleur exceptionnellement prolongées cette année pourraient être à l’origine d’une pullulation des moustiques dans des zones restées humides (deltas ou régions lacustres) où se retrouvent de nombreux oiseaux migrateurs, réservoir du virus. En France, une surveillance renforcée du virus West Nile est effectuée tous les étés depuis 2001 dans les départements du littoral méditerranéen. Elle comporte un diagnostic virologique, effectué par le Centre national de référence (CNR) des arbovirus et son laboratoire associé, chez tous les malades âgés de plus de 15 ans se présentant dans ces départements avec une atteinte neurologique fébrile (méningite, encéphalite, paralysie flasque) entre le 1er juin et le 31 octobre de l'année en cours. Cette surveillance n’a décelé aucun cas autochtone depuis 2003, mais la vigilance reste de mise. Le dispositif se double de précautions prises pour la collecte de sang, avec l’éviction de 28 jours du don pour les personnes revenant d’une des régions d’épidémie.

En l’absence de vaccin et de traitement, la prévention de l’infection par le virus West Nile passe par la protection contre les moustiques : port de vêtements longs, utilisation de répulsif. Dans les régions infestées, les personnes de plus de 60 ans, victime des formes les plus graves de l’infection, doivent y être particulièrement attentives.