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La recherche d’un vaccin contre le chikungunya avance

Publié le 30 nov. 2015 à 10h44

Biographie

MD, PhD, ancien directeur scientifique de l’Institut de recherche biomédicale des armées (IRBA), Brétigny sur Orge, France.

Enseignant à l’Ecole du Val-de-Grâce, à l’université d’Aix-Marseille, à l’Institut de formation en soins infirmiers Saint Joseph, Marseille.

Expert auprès de l’Institut de veille sanitaire (InVS) et de la Haute autorité de santé (HAS).

Liens d'intérêt

Absence de lien avec l’industrie pharmaceutique.

Aucune participation à des études cliniques de médicaments ou vaccins.

Déclaration établie le 2 janvier 2012, mise à jour le 11 décembre 2014.

Le virus chikungunya s'est fait connaitre en France avec l'épidémie survenue à La Réunion en 2005. Il était jusque là responsable d'épidémies limitées à l'Afrique et au Sud-est Asiatique. Mais depuis, profitant de la large diffusion de ses vecteurs, les moustiques Aedes aegypti et Aedes albopictus, le virus a gagné l'Europe (l'Italie en 2007, puis la France), et le continent américain (plus de 600 000 cas confirmés ou suspects y ont déjà été observés). L'éradication des moustiques, particulièrement Ae. albopictus, n'étant pas envisageable avec les moyens actuels, la menace est devenue mondiale : tous les pays connaissant une saison ou un climat chauds, nécessaires pour la survie et l'activité des moustiques adultes, peuvent être confrontés à des cas ou des épidémies.

A l'inverse d'autres viroses, l'infection par le virus chikungunya est le plus souvent symptomatique : des signes cliniques apparaissent, ils sont marqués. On observe en effet, à coté de la fièvre élevée et d'apparition brutale, des douleurs musculaires et articulaires intenses, rendant toute activité impossible. Ces douleurs, invalidantes et difficiles à soulager, peuvent parfois persister très au-delà de la phase aiguë de l'infection, parfois pendant des mois ou des années. Dans quelques cas heureusement rares, l'infection est beaucoup plus sévère, pouvant conduire à la mort des sujets âgés ou déjà porteurs de maladies chroniques. Des cas compliqués d'encéphalite ont également été observés chez des nouveau-nés pendant l'épidémie de La Réunion.

On ne dispose pas encore de moyen spécifique de prévenir ou de traiter chikungunya, et seule la protection contre les piqures de moustiques peut éviter l'infection. Aussi, la recherche d'un vaccin est à présent active. Le NIAID américain (Institut national de l'allergie et des maladies infectieuses) a mis au point un candidat vaccin dont le premier essai (phase 1) a été effectué en 2014. Lors de cet essai, 25 volontaires ont présenté une bonne réponse immunitaire, et on n'a pas observé d'effets indésirables anormaux. Ce bon résultat permet de passer à un essai de phase 2, qui va cette fois inclure 400 volontaires sains âgés de 18 à 60 ans, vivant en zone de transmission (Caraïbes).

Le candidat vaccin est composé de pseudo-particules virales (Virus-like particles, VLP) qui présentent plusieurs avantages : elles ne sont pas infectieuses et peuvent être produites sans cultiver le virus, elles stimulent efficacement le système immunitaire.

Source : communiqué du NIH, 24 novembre 2015.


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