Foyer de charbon chez des buffles, dans une réserve de faune au Népal Médecine des voyages

Publié le 15 août 2019 à 07h25

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Au Népal, le Livestock Disease Research Laboratory de Biratnagar a notifié la présence de spores du charbon sur des échantillons de 44 bovins retrouvés morts le 8 août 2019 dans la réserve faunique de Koshi Tappu sanctuaire d'une vaste population d'espèces protégées de buffles sauvages.

Cette réserve est située dans le Terai à l'est du Népal couvrant 175 km2 de terres humides dans les districts de Sunsari, Saptari et Udayapur

Les personnes à proximité de la réserve qui viennent à la réserve pour faire paître leur bétail sont également à risque.

Rappels sur le charbon :

Le charbon (anthrax en anglais) est une maladie d'origine bactérienne qui touche principalement le bétail. L'agent infectieux du charbon est la bactérie Bacillus anthracis, dont les spores peuvent résister plusieurs années, voire plusieurs décennies dans la terre, avant d'être ingérées par des animaux en pâture. Chez l'homme, hôte accidentel, la transmission se fait directement ou indirectement à partir d'animaux infectés, ou du fait d'une exposition professionnelle à des produits animaux contaminés

Chez l'homme, le charbon se manifeste 3 formes différentes

  • La forme cutanée (au moins 95 % des cas enregistrés chez l'homme), contractée par entrée des spores au niveau d'une coupure ou d'une excoriation. Elle se manifeste comme une piqûre d'insecte, puis évolue en une vésicule puis un ulcère de 1 à 3 cm de diamètre, avec une nécrose noircissante au centre, et peut évoluer vers une septicémie. Elle est mortelle dans 20% des cas en l'absence de traitement.
  • La forme intestinale, contractée à la suite de l'ingestion d'aliments contaminés, principalement de viande. Elle se manifeste par l'apparition de nausées, d'une perte de l'appétit, de vomissement, de fièvre suivie de douleurs abdominales et de diarrhée sévère. Elle est mortelle dans 25 à 60% des cas.
  • La forme pulmonaire, due à l'inhalation de spores en suspension dans l'air. Elle se manifeste au départ comme un rhume banal, mais évolue en quelques jours avec l'apparition d'importants troubles respiratoires, avec toux, maux de tête, douleurs musculaires, qui s'aggravent et évoluent vers un choc septique. Cette forme de charbon est quasiment toujours mortelle en l'absence de traitement.

Source : Promed.