Situation du choléra au Yémen au 24 mai 2020 Médecine des voyages

Publié le 16 juin 2020 à 16h32

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Le ministère de la Santé publique et de la population du Yémen a rapporté 2 489 cas suspects de choléra et un décès associé pendant la semaine du 18 au 24 mai de 2020, avec 16 % des cas signalés graves. 

Le nombre total cumulé de cas suspects dans cette épidémie de choléra depuis le 1er janvier 2018  au 17 mai 2020 est de 1 368 325 avec 1 566 décès associés (CFR 0,11%). Les enfants de moins de 5 représentent 23% du total des cas suspects en 2020. L'épidémie a touché 22 des 23 gouvernorats et 293 des 333 districts du Yémen

Les gouvernorats qui rapportent le plus grand nombre de cas suspects en 2020 sont Hodéidah (21 612 cas), Sana'a (20 620 cas), Taizz (17 190 cas), Ibb (13 350 cas), Al Bayda (12 294 cqas), Amanat Al Asimah (10 869 cas), Hajjah (9724 cas), et Dhamar (9271 cas). 

Sur un total de 935 échantillons testés par la santé publique depuis janvier 2020, 76 cas ont été confirmés positifs par la culture. Durant cette période les gouvernorats qui ont rapporté le plus grand nombre de cultures positives ont été Taizz (49 cas), Hodéidah (6 cas), et Amran (5 cas). 

Rappels sur le choléra

Le choléra est une maladie diarrhéique épidémique, strictement humaine, due à des bactéries appartenant aux sérogroupes O1 et O139 de l'espèce Vibrio cholerae. La maladie résulte de l'absorption d'eau ou d'aliments contaminés. Une fois dans l'intestin, les vibrions sécrètent la toxine cholérique, principale responsable de l'importante déshydratation qui caractérise l'infection. 

L'incubation, de quelques heures à quelques jours, est suivie de violentes diarrhées et de vomissements, sans fièvre. La période d'incubation courte augmente le caractère potentiellement explosif des épidémies. En l'absence de traitement, la mort survient en 1 à 3 jours, par collapsus cardio-vasculaire dans 25 à 50% des cas. La mortalité est plus élevée chez les enfants, les personnes âgées et chez les individus fragilisés.

Une augmentation inhabituelle du nombre de cas de choléra dans la corne de l'Afrique et dans la Golfe d'Aden est notée ces dernières années. Dans ce contexte, le risque d'infection cholérique chez les voyageurs en visite dans ces pays reste faible, même si la probabilité d'une importation sporadique de cas pouvait augmenter. 

Selon l'Organisation mondiale de la santé, la vaccination devrait être envisagée pour les voyageurs à haut risque tels que les secouristes / secouristes qui sont susceptibles d'être directement exposés. La vaccination n'est généralement pas recommandée pour les autres voyageurs. 

Le risque de choléra est très faible pour le voyageur et le vaccin contre la choléra n'est conseillé que dans des cas très spécifiques, pris en compte par le système expert de MesVaccins.net et Medecinedesvoyages.net

Il est conseillé au voyageur de :

  • se laver fréquemment les mains à l'eau et au savon, en particulier avant toute prise alimentaire ;
  • éviter l'usage des serviettes collectives ;
  • ne manger que des aliments cuits ;
  • éviter la consommation de poissons, coquillages, ou fruits de mer autrement que bien cuits ou frits ;
  • peler soigneusement, à défaut cuire ou désinfecter les fruits et légumes ;
  • ne boire que de l'eau minérale en bouteille capsulée ou de l'eau traitée (par chloration, par Troclosène sodique ou par ébullition) ;
  • ne pas consommer de glaçons, de crèmes glacées ou sorbets en vente publique.

Conseils de l'OMS

L'OMS recommande une prise en charge adéquate et rapide des cas. Améliorer l'accès à l'eau potable et aux infrastructures d'assainissement, ainsi que les pratiques d'hygiène et la sécurité alimentaire dans les communautés touchées sont les moyens les plus efficaces de contrôler le choléra.

Les principaux messages de communication en matière de santé publique devraient être communiqués à la population. La vaccination doit être envisagée pour compléter les activités essentielles de prévention et de contrôle et aider à prévenir la propagation de l'épidémie.

Source : World Health Organisation, Regional office for the Eastern Mediterranean (WHO EMRO).