Plusieurs foyers de choléra signalés en Afrique Médecine des voyages

Publié le 30 mar. 2021 à 21h35

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Au Nigeria, les autorités de l'État d'Osun affirment qu'au moins 3 personnes sont mortes dans la région d'Ede après avoir contracté le choléra. D'autres sont hospitalisées et les résultats des tests sont en attente.

Au Cameroun, au moins une personne est décédée de choléra et 10 autres sont infectées au centre commercial de Douala, selon une déclaration du 23 mars 2021 des autorités sanitaires locales. L'épidémie a affecté les quartiers de Manoka, Mbange et New Bell de la ville. Les responsables ont déclaré qu'en 2020, plus de 200 cas avaient été détectés dans la ville.

En Somalie, le ministère somalien de la Santé a annoncé 68 nouveaux cas suspects de choléra, sans décès rapporté, pour la semaine épidémiologique 10 (du 1 au 7 mars 2021). Au cours de la semaine 10, tous les cas ont été signalés dans les régions de Banadir, Bay et Bas Shabelle. Le nombre total cumulé de suspects de choléra en 2021 est de 780, dont 2 décès soit un taux de létalité de 0,3%. Tous les cas ont été signalés à partir des 17 districts de la région de Banadir; des districts de Merka et Afgoye dans le Lower Région de Shabelle; et du district de Baidoa dans la région de Bay. Sur les 780 cas signalés en Somalie depuis la semaine 1, 284 (36%) sont âgés de 2 ans ou moins. Sur les 2 décès enregistrés, un était âgé de moins de 2 ans.

Rappels sur le choléra :

La maladie :

Le choléra est une maladie diarrhéique épidémique, strictement humaine, due à des bactéries appartenant aux sérogroupes O1 et O139 de l'espèce Vibrio cholerae. Le sérogroupe O1 comporte 2 biotypes : El Tor et le biotype classique, lesquels peuvent être ultérieurement classés en deux sérotypes, Ogawa et Inaba.
La maladie résulte de l'absorption d'eau ou d'aliments contaminés. Une fois dans l'intestin, les vibrions sécrètent la toxine cholérique, principale responsable de l'importante déshydratation qui caractérise l'infection.
L'incubation, de quelques heures à quelques jours, est suivie de violentes diarrhées et de vomissements, sans fièvre. La période d'incubation courte augmente le caractère potentiellement explosif des épidémies. En l'absence de traitement, la mort survient en 1 à 3 jours, par collapsus cardio-vasculaire dans 25 à 50 % des cas. La mortalité est plus élevée chez les enfants, les personnes âgées et chez les individus fragilisés.

L'épidémiologie :
Des cas de choléra ont été signalés ces derniers mois en Afrique de l'Est, dans la Corne de l'Afrique et dans le golfe d'Aden. Des foyers de choléra ont également été notifiés dans la partie occidentale et méridionale de l'Afrique et dans certaines régions d'Asie.
Malgré le nombre élevé d'épidémies de choléra signalées dans le monde, peu de cas sont signalés chaque année parmi les voyageurs de retour dans l'Union européenne.

La prévention :
Selon l'Organisation mondiale de la santé, la vaccination devrait être envisagée pour les voyageurs à haut risque urgentistes/secouristes), en particulier pour ceux qui seront vraisemblablement directement exposés à des patients infectés ou à des aliments ou de l'eau contaminés, notamment dans les zones où l'accès aux établissements de santé est difficile. La vaccination n'est généralement pas recommandée pour les autres voyageurs.
Le risque de choléra est très faible pour le voyageur et le vaccin contre la choléra n'est conseillé que dans des cas très spécifiques, pris en compte par le système expert de MesVaccins.net et Medecinedesvoyages.net.

Il est conseillé au voyageur de :

  • se laver les mains, avant les repas, avant toute manipulation d'aliments ou après passage aux toilettes. En l'absence d'eau et de savon, un gel ou une solution hydro-alcoolique peuvent être utilisés (seul moyen de prévention ayant prouvé son efficacité). Se sécher les mains après lavage avec un linge propre (éviter l'usage des serviettes collectives) ou, à défaut, les sécher à l'air ;
  • préférer les plats chauds (les buffets froids ou tièdes des restaurants peuvent comporter des risques) ;
  • éviter de consommer de la nourriture vendue dans la rue sauf si elle est bien cuite et le récipient encore fumant ;
  • ne consommer que de l'eau en bouteille capsulée (et ouverte devant soi) ou, à défaut, rendue potable par ébullition (1 minute à gros bouillons) ou par une désinfection (produits à base de dichloroisocyanurate de sodium ou hypochlorite de sodium) éventuellement précédée d'une filtration (filtre portatif) si l'eau est trouble ;
  • ne pas consommer telle quelle l'eau en sachet ;
  • éviter la consommation de glaçons ;
  • éviter les jus de fruits frais préparés de façon artisanale ;
  • ne consommer du lait que s'il est pasteurisé ou bouilli et que la chaîne du froid est assurée ;
  • laver ou peler les fruits soi-même après s'être lavé les mains ;
  • éviter les crudités, les coquillages, les plats réchauffés ;
  • éviter les glaces artisanales (glaces industrielles de moindre risque si l'emballage est intact) ;
  • bien cuire les œufs, les viandes, les poissons et les crustacés.

Source : ProMED.