Epidémie d'hépatite E dans les camps de réfugiés du Soudan Médecine des voyages

Publié le 1 août 2021 à 19h34

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Au Soudan, selon Médecins Sans Frontières (MSF) les cas d'hépatite E se propagent dans les camps des États de Gedaref et Kassala au Soudan oriental, infectant des centaines de réfugiés du Tigré en Éthiopie et présentant un risque pour les communautés soudanaises locales.
Au cours des dernières semaines, MSF ont reçu 278 patients ;16 ont été hospitalisées, dont 3 femmes enceintes. De nombreux patients présentaient un ictère aigu, avec vomissements et douleurs épigastriques. Le camp d'Umm Rakouba enregistre désormais une moyenne quotidienne de 15 cas d'hépatite E. Six cas ont également été recensés à Al-Tanideba, tandis que 3 cas ont été identifiés à Hamdayet.

Rappels sur l'hépatite E :

Le virus de l'hépatite E, du genre Hepevirus et de la famille des Hepeviridae, est transmis principalement par de l'eau de boisson contaminée ou plus accessoirement par des aliments provenant d'animaux infectés ou encore par voie materno-fœtale.

Le virus de l'hépatite E entraîne des cas sporadiques ou des épidémies d'hépatite virale aigue. La maladie est le plus souvent asymptomatique ou bénigne. Après une incubation de 3 à 8 semaines, les formes symptomatiques se manifestent par un ictère, une hépatomégalie, des nausées et vomissements ; ces symptômes régressent spontanément en 4 à 6 semaines. La maladie est particulièrement grave chez les femmes enceintes, chez lesquelles elle est responsable d'une mortalité élevée.

Le voyageur doit respecter les règles d'hygiène individuelles :

  • se laver souvent les mains à l'eau et au savon, notamment avant chaque repas ;
  • éviter l'usage de serviettes collectives pour s'essuyer les mains ou le visage ;
  • ne manger que des aliments bien cuits ;
  • éviter la consommation de poissons, coquillages, ou fruits de mer autrement que bien cuits ou frits ;
  • peler soigneusement, à défaut cuire ou désinfecter les fruits et légumes ;
  • ne boire que de l'eau minérale en bouteille capsulée ou de l'eau traitée (par chloration, par troclosène sodique ou par ébullition) ;
  • ne pas consommer de glaçons, de crèmes glacées ou sorbets en vente publique.

Source : ProMED.