Nouveau cas de typhus murin en Californie Médecine des voyages

Publié le 9 août 2021 à 17h43

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

En Californie, aux États-Unis, 9 mois après le signalement d'un cas de typhus murin dans le sud de l’État (nouvelle 16637 du 11 novembre 2020), un nouveau cas a été rapporté chez une femme de Monrovia dans le comté de Los Angeles. La patiente a présenté des symptômes de fatigue, de fièvre et de maux de tête ; un test COVID-19 est revenu négatif. Au cours d'une deuxième consultation en raison de la persistance des symptômes, elle a signalé un contact avec un rat mort. Le diagnostic de typhus murin a été confirmé. Elle a probablement contracté le typhus par des puces infectées portées par le rat. 

Une autre personne dans son quartier a également récemment reçu un diagnostic de typhus après l'élimination d'un rat mort..

Rappels sur le typhus murin :

Le typhus murin est une zoonose ubiquitaire due a une rickettsie, Rickettsia typhi. La puce du rat, Xenopsylla cheopis, vecteur principal, contamine l'homme par ses déjections qui pénètrent l'organisme par des lésions de grattage, par voie muqueuse ou par inhalation, et peut-être par piqûre. 

Les réservoirs de la maladie sont les rongeurs Rattus rattus et Rattus norvegicus. D'autres vertébrés, tels que les souris, les opossums, les musaraignes ou les chats, peuvent être porteurs de R. typhi. Les rickettsies peuvent d'autre part rester infectantes des années dans les poussières de déjections des puces dans l'habitat des rats. Enfin, d'autres arthropodes (autres espèces de puces comme Ctenocephalides felis, puce du chat, et Leptopsylla segnis, puce de souris, poux, acariens) peuvent être vecteurs de la maladie en conditions de laboratoire.

Aux États-Unis, la plupart des cas se produisent au Texas, en Californie et à Hawaï avec une moyenne de 300 cas par an. Le typhus murin est sous-diagnostiqué en particulier en zone tropicale. Les symptômes peuvent commencer 6 à 14 jours après l'exposition à une puce infectée, et comprennent une fièvre (38 – 40°), des maux de tête, des frissons, des courbatures et des douleurs. Un rash cutané sur la face, la poitrine, le dos, les paumes des mains et les plantes des pieds, peut survenir.
Les tétracycline sont le traitement de référence (doxycycline en une prise unique). Le traitement est prolongé sur 7 jours dans les formes graves.
Il n'existe pas de vaccin pour prévenir le typhus murin.

Pour éviter la contamination il est recommandé :

  • un contrôle efficace des puces sur les animaux domestiques en utilisant des produits anti-puces ;
  • d'éliminer la nidification des rats et d'empêcher l'introduction des rongeurs, opossums, ou chats sauvages dans la maison ou les vides sanitaires ;
  • avant de nettoyer les aires de nidification, appliquer un répulsif efficace contre les insectes (à base de DEET) et utiliser un masque à particules de poussière, des lunettes et des gants ;
  • d'éviter les piqûres de puces : en cas d'activités comme le camping, la randonnée, utiliser des produits anti-puces à base de perméthrine pour traiter les vêtements ; ne pas nourrir ni caresser les animaux errants ou sauvages.

Source : ProMED.