Le point sur le choléra au Pakistan Médecine des voyages

Publié le 18 juin 2022 à 16h44

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Au Pakistan, la province du Sindh est confrontée à une augmentation significative des cas de choléra avec 234 cas confirmés en laboratoire signalés entre le 15 janvier et le 27 mai.  Les provinces du Baloutchistan et du Pendjab ont également signalé 31 et 25 cas confirmés de choléra, respectivement. Le 26 avril 2022, le point focal national du Règlement Sanitaire International (RSI) du Pakistan a signalé un foyer de choléra confirmé en laboratoire dans la province de Sindh, et au 27 mai, les trois provinces ont signalé un total de 290 cas confirmés de choléra. Parmi ces cas, 126 (54 %) étaient des femmes et 114 (49 %) des enfants de moins de neuf ans. 

Au 27 mai, un total de 109 échantillons provenant de sources d'eau publiques (bornes-fontaines) et de foyers individuels dans la ville de Karachi, province de Sindh, ont été testés. Parmi ceux-ci, les résultats sont disponibles pour 71 échantillons, dont 70 % ont montré la présence de Vibrio cholerae tandis que Escherichia Coli et les coliformes ont été détectés dans 55 % et 90 % des échantillons, respectivement.

Actuellement, il n'y a aucune preuve de propagation transfrontalière de la maladie. Le risque d'une éventuelle propagation internationale existe étant donné que le Pakistan a de longues frontières terrestres avec d'importants mouvements transfrontaliers et plusieurs grands centres urbains, dont la ville de Karachi dans la province de Sindh, avec des plateformes de transport internationales.

Il est conseillé au voyageur de :

  • se laver les mains, avant les repas, avant toute manipulation d'aliments ou après passage aux toilettes. En l'absence d'eau et de savon, un gel ou une solution hydro-alcoolique peuvent être utilisés (seul moyen de prévention ayant prouvé son efficacité). Se sécher les mains après lavage avec un linge propre (éviter l'usage des serviettes collectives) ou, à défaut, les sécher à l'air ;
  • préférer les plats chauds (les buffets froids ou tièdes des restaurants peuvent comporter des risques) ; éviter de consommer de la nourriture vendue dans la rue sauf si elle est bien cuite et le récipient encore fumant ;
  • ne consommer que de l'eau en bouteille capsulée (et ouverte devant soi) ou, à défaut, rendue potable par ébullition (1 minute à gros bouillons) ou par une désinfection (produits à base de dichloroisocyanurate de sodium ou hypochlorite de sodium) éventuellement précédée d'une filtration (filtre portatif) si l'eau est trouble ;
  • ne pas consommer telle quelle l'eau en sachet ;
  • éviter la consommation de glaçons ;
  • éviter les jus de fruits frais préparés de façon artisanale ;
  • ne consommer du lait que s'il est pasteurisé ou bouilli et que la chaîne du froid est assurée ;
  • laver ou peler les fruits soi-même après s'être lavé les mains ;
  • éviter les crudités, les coquillages, les plats réchauffés ;
  • éviter les glaces artisanales (glaces industrielles de moindre risque si l'emballage est intact) ;
  • bien cuire les œufs, les viandes, les poissons et les crustacés.

Source : Organisation mondiale de la santé (OMS).


Maladie : Choléra

Vaccin : DUKORAL

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