Un cas de choléra signalé aux Bahamas Médecine des voyages

Publié le 19 oct. 2022 à 22h06

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Le ministère de la Santé et du Bien-être (MOHW) des Bahamas a signalé le 13 octobre 2022 le 1er cas de choléra dans le pays en 5 ans. Selon le MOHW le patient est un homme des Bahamas de 52 ans, résidant à New Providence, qui a fait un voyage récent et a reçu un diagnostic d'infection diarrhéique. Le diagnostic de choléra a été confirmé au laboratoire.

L'Organisation Panaméricaine de la Santé (0PS) recommande fortement que les pays panaméricains renforcent leurs systèmes de surveillance sanitaire pour la détection précoce du choléra et mettent à jour leurs plans de préparation et d'intervention.

En attendant l'analyse génétique de la souche il n'y a aucune preuve que la résurgence du choléra en Haïti soit liée à ce cas signalé aux Bahamas.

Recommandations pour les voyageurs :

Le choléra est rare chez les voyageurs. Une prévention efficace est assurée par le respect des règles d'hygiène simples communes à la prévention de la diarrhée du voyageur et des autres risques liés au péril fécal :

  • hygiène des mains : se laver les mains, avant les repas, avant toute manipulation d'aliments ou après passage aux toilettes. En l'absence d'eau et de savon, un gel ou une solution hydro-alcoolique peuvent être utilisés. Se sécher les mains après lavage avec un linge propre ou, à défaut, les sécher à l'air ;
  • hygiène appliquée à l'eau : ne consommer que de l'eau en bouteille capsulée (et ouverte devant soi) ou, à défaut, rendue potable (ébullition 1 minute à gros bouillons ou désinfection (dichloroisocyanurate de sodium ou hypochlorite de sodium), éventuellement précédée d'une filtration (filtre portatif) si l'eau est trouble ; éviter la consommation de glaçons ;
  • hygiène appliquée à la nourriture : éviter les jus de fruits frais préparés de façon artisanale ; ne consommer du lait que s'il est pasteurisé ou bouilli ; privilégier l'allaitement maternel chez les nourrissons ; laver ou peler les fruits soi-même après s'être lavé les mains ; éviter les crudités, les coquillages, les plats réchauffés ; éviter les glaces artisanales (glaces industrielles, de moindre risque si l'emballage est intact) ; bien cuire les œufs, les viandes, les poissons et les crustacés ;
En cas de diarrhée :
  • une réhydratation précoce est importante ;
  • une consultation médicale est recommandée dans les formes aiguës modérées ou sévères et les formes persistantes (plus de 2 semaines), particulièrement chez l'enfant de moins de 2 ans, et, systématiquement, en cas de fièvre associée.

La vaccination contre le choléra n'est pas recommandée pour les voyageurs. Elle peut être recommandée pour les personnels devant intervenir auprès de malades, en situation d'épidémie et chez les personnels déployés dans le cadre de mandats ONU dans les pays où le choléra est présent.

Source : ProMED.