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Augmentation importante des cas de méningite dus au méningocoque W au Royaume-Uni

Publié le 27 sept. 2015 à 18h33

Biographie

- Professeur agrégé enseignant à l'École du Val-de-Grâce et à l'Université de Bordeaux.

Liens d'intérêt

- Aucune perception de rémunération ou de tout autre avantage de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.
- Aucune rémunération ou avantages reçus de l'industrie pharmaceutique.
- Déclaration mise à jour le 10 décembre 2018.

Les méningocoques (nom d'espèce : Neisseria meningitidis) sont des bactéries virulentes capables d'entrainer des infections graves, septicémies ou méningites, chez l'homme. Ces bactéries possèdent une capsule dont la composition variable permet de distinguer des sérogroupes, dont les principaux sont les sérogroupes A, B, C, W et Y. Les plus fréquemment en cause en Europe occidentale sont les sérogroupes B et C.

Le système de surveillance des maladies infectieuses au Royaume-Uni rapporte une augmentation importante et inattendue des cas d'infection invasive à méningocoque W : entre juillet 2013 et juin 2014, seulement 98 cas ont été signalés en Angleterre et au Pays de Galles ; entre juillet 2014 et juin 2015, l'incidence a augmenté de 88 % pour atteindre le chiffre de 184 cas. Le sérogroupe W, considéré auparavant comme marginal (1 à 2 % des cas en 2009), représente maintenant 15 % des cas d'infection grave à méningocoque au Royaume-Uni. Il est majoritairement constitué d'un clone génétique particulier de la bactérie, appelé ST-11. 

L'émergence de ce clone est d'autant plus préoccupante qu'il est associé à une maladie plus grave, avec un risque de décès plus élevé (13 % des cas versus 5 à 10 % pour les autres souches).

Afin de casser la courbe épidémique, les étudiants âgés de 17 à 18 ans qui entrent à l'université, particulièrement à risque, seront vaccinés en priorité avec un vaccin quadrivalent conjugué ACWY (voir la nouvelle précédente pour plus d'information à ce sujet) car ils sont à un risque plus élevé. Lorsque la disponibilité du vaccin sera suffisante, tous les adolescents âgés de 14 à 18 ans pourront en bénéficier, dans le double objectif de les protéger eux-mêmes et de protéger d'autres personnes en coupant la chaine de transmission. C'est en effet chez les 14-18 ans que le portage du méningocoque au niveau de la gorge est le plus élevé.

Cependant les bébés, qui sont particulièrement à risque de développer une forme grave d'infection à méningocoque, resteront non protégés. Pour contrer ce problème, les autorités de santé comptent sur la mise en place d'une nouvelle politique vaccinale instaurée depuis ce mois de septembre au Royaume-Uni. Celle-ci consiste à vacciner tous les enfants nés depuis le 1er mai 2015 avec le vaccin Bexsero : ce vaccin principalement dirigé contre le méningocoque B est en effet également efficace contre d'autres sérogroupes du méningoque, incluant le sérogroupe W. 

Source : Western Daily Press.


Maladie : Méningocoques ACWY

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