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Lésions précancéreuses du col de l'utérus : les essais d'un vaccin thérapeutique ont commencé

Publié le 1 déc. 2015 à 10h53

Biographie

MD, PhD, ancien directeur scientifique de l’Institut de recherche biomédicale des armées (IRBA), Brétigny sur Orge, France.

Enseignant à l’Ecole du Val-de-Grâce, à l’université d’Aix-Marseille, à l’Institut de formation en soins infirmiers Saint Joseph, Marseille.

Expert auprès de l’Institut de veille sanitaire (InVS) et de la Haute autorité de santé (HAS).

Liens d'intérêt

Absence de lien avec l’industrie pharmaceutique.

Aucune participation à des études cliniques de médicaments ou vaccins.

Déclaration établie le 2 janvier 2012, mise à jour le 11 décembre 2014.

Les vaccins sont essentiellement des outils de prévention, ils doivent être administrés chez les sujets sains pour empêcher la survenue de maladies. Le cancer du col de l'utérus est une maladie qui fait suite le plus souvent à une infection par des virus du genre Papillomavirus (papillomavirus humains : HPV). Cette infection des muqueuses génitales évolue pendant des années, durant lesquelles les lésions qu'elle provoque passent par divers stades (les lésions précancéreuses) avant d'évoluer dans un certain nombre de cas vers le cancer. On dispose aujourd'hui de vaccins anti-HPV préventifs, qui, administrés avant une première exposition aux HPV (en pratique, avant le premier rapport sexuel), permet d'empêcher chez les jeunes filles l'infection par certains types de HPV les plus souvent retrouvés à l'origine des cancers génitaux (types 16 et 18). Mais si l'infection par les HPV a déjà eu lieu, la vaccination ne permet pas d'en enrayer l'évolution : elle n'est donc actuellement recommandée que chez la jeune fille.

Dans un article paru dans le Lancet, Cornelia L. Trimble et son équipe de l'université Johns Hopkins de Baltimore annoncent avoir mis au point un candidat vaccin thérapeutique, capable de faire régresser ou disparaitre certaines lésions précancéreuses dues aux virus HPV 16 et 18. Ce vaccin est composé d'ADN, le gène des protéines E6 et E7 des deux virus, qui est exprimé par les cellules des sujets vaccinés. D'après les auteurs, qui l'ont administré à 127 femmes volontaires, le vaccin est bien supporté et il a été associé à une fréquence de régression des lésions précancéreuses significativement plus élevée que chez les femmes ayant reçu un placebo.

Si ces résultats sont confirmés, on pourra espérer disposer d'un nouvel outil pour lutter contre le cancer du col de l'utérus et d'autres cancers de même origine, à coté du vaccin préventif et du dépistage systématique.

Source : Trimble CL, Morrow MP et coll. Safety, efficacy, and immunogenicity of VGX-3100, a therapeutic synthetic DNA vaccine targeting human papillomavirus 16 and 18 E6 and E7 proteins for cervical intraepithelial neoplasia 2/3: a randomised, double-blind, placebo-controlled phase 2b trial. Lancet. 2015 Sep 16.


Maladie : Papillomavirus