Les résistances à la vaccination

Publié le 15 fév. 2011 à 11h06

Dans un article récent publié dans la revue Médecine/Sciences, le Professeur Daniel Floret (président du Comité technique des vaccinations) fait le point sur les résistances à la vaccination.

Selon le Pr Floret, la vaccination est l'objet de controverses malgré son efficacité et bien que la majorité de la population et des professionnels de santé y soient favorables. Il existe des résistances sélectives vis-à-vis de vaccinations contre l'hépatite B, la grippe, le BCG, la coqueluche et la rougeole, qui ont fait l'objet de controverses. Ces dernières, nées avec la vaccination, peuvent avoir diverses origines : effets indésirables réels ou coïncidence temporelle entre la vaccination et le déclenchement d'une maladie qui apparaît habituellement à l'âge où l'on vaccine. Cette coïncidence peut être anticipée et sa gestion doit être améliorée par une optimisation des systèmes de pharmacovigilance et une amélioration de la communication. Les controverses peuvent aussi être déclenchées par des études scientifiques publiées malgré le fait qu'elles soient entachées de biais, par l'interprétation tendancieuse des interventions des autorités de santé, ou encore par des décision de justice difficilement compréhensibles pour le grand public. Tous ces éléments jettent le doute dans les esprits et ne font que conforter les opposants, d'autant plus que l'exclusion d'un risque est difficile à prouver sur le plan scientifique.

L'expérience montre qu'il est difficile de sortir d'une polémique. L'amélioration de la communication, à la fois vis-à-vis des professionnels et du grand public, est essentielle : elle passe par l'utilisation adéquate des médias mais aussi par l'intervention des professionnels de terrain vaccinateurs, à condition qu'ils soient  compétents, convaincus et motivés.

Source : Médecine Sciences n° 12, vol. 26, décembre 2010.