Près de 1400 cas de fièvre de Lassa depuis le début de l'année au Nigéria

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Au Nigéria, selon le National Centre for Disease Control, entre le 1er janvier et le 11 mars 2018, un total de 1386 cas suspects de fièvre de Lassa ont été notifiés, dont 114 décès.

Dix-neuf États ont enregistré au moins un cas confirmé dans 55 zones de gouvernement local, 84% de tous les cas confirmés ayant été signalés dans trois États : l'État d'Ebonyi (16 %), l'État d'Ondo (25 %) et l'État d'Edo (43 %).

Le National Centre for Disease Control a publié quelques résultats préliminaires du séquençage du virus Lassa :

Le 10 mars 2018, l'analyse d'une première série de sept séquençages de virus de Lassa provenant de sept patients, 83 séquençages non publiées obtenues au cours des années précédentes dans diverses régions du Nigéria ont été mis en évidence :

  • aucune nouvelle lignée de virus n'a été détectée à ce jour, ce qui signifie que les virus en circulation semblent être très similaires aux virus des années précédentes ;
  • les cas de fièvre de Lassa semblent être principalement causés par des virus qui ne sont pas liés épidémiologiquement ;
  • les virus circulant en 2018 semblent provenir du pool de lignées et de souches connues pour être en circulation au Nigéria et correspondent aux flambées précédentes ;
  • la voie de transmission la plus probable continue d'être le débordement des virus du réservoir de rongeurs aux humains plutôt qu'une transmission interhumaine importante.

Rappels sur la fièvre hémorragique de Lassa

La fièvre de Lassa est une fièvre hémorragique causée par un Arénavirus, le virus Lassa, d'origine animale et dont le réservoir est un rongeur (Mastomys). Le virus est endémique dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest où des flambées épidémiques surviennent régulièrement et touchent de 100 à 300 000 personnes par an dont 5 à 6 000 succombent. La transmission à l'homme se fait par contacts avec des produits alimentaires ou domestiques contaminés par les excréments de l'hôte réservoir, inhalation d'aérosols de poussières contaminées par les excrétas des rongeurs ou par contacts inter-humains.

Le tableau clinique de la fièvre de Lassa est variable, depuis l'infection asymptomatique, très fréquente (80% des cas) à une fièvre hémorragique foudroyante. La maladie débute 6 à 21 jours après l'infection par des signes cliniques peu spécifiques : fièvre, vomissements, nausées, douleurs abdominales, céphalées, myalgies, arthralgies, asthénie. Dans les cas sévères, les symptômes s'aggravent ensuite, avec l'apparition d'œdèmes, de signes hémorragiques, d'épanchements péricardiques et pleuraux, et plus rarement d'encéphalites. Le patient décède dans un contexte de choc hypotensif et hypovolémique et de défaillances rénale et hépatique.

La fièvre de Lassa est d'une extrême gravité pour la femme enceinte, conduisant fréquemment au décès de la mère et systématiquement à celui du fœtus.

La ribavirine (médicament anti viral) a été utilisée avec succès chez les patients atteints de fièvre de Lassa.

La fièvre de Lassa est une fièvre hémorragique responsable d'une morbidité et d'une mortalité importantes.

Conseils de l'** Organisation mondiale de la santé**

La prévention de la fièvre de Lassa repose sur la promotion d'une bonne "hygiène communautaire" pour décourager les rongeurs d'entrer dans les foyers. Dans les milieux de soins de santé, le personnel doit toujours appliquer des précautions de prévention et de contrôle des infections habituelles lorsqu'il prend soin des patients, quel que soit leur diagnostic présumé.

Dans de rares occasions, les voyageurs des régions où la fièvre de Lassa est endémique exportent la maladie vers d'autres pays. Bien que d'autres infections tropicales soient beaucoup plus fréquentes, le diagnostic de fièvre de Lassa devrait être envisagé chez des patients fébriles qui retournent d'Afrique de l'Ouest, surtout s'ils ont eu des expositions dans des zones rurales ou des hôpitaux dans des pays où la fièvre de Lassa est connue pour être endémique. Les travailleurs de la santé qui voient un patient soupçonné d'avoir une fièvre de Lassa devraient immédiatement contacter les experts locaux et nationaux pour obtenir des conseils et organiser des tests de laboratoire.

Les voyageurs des régions où la fièvre de Lassa est endémique peuvent exporter la maladie vers d'autres pays, bien que cela arrive rarement.

Le diagnostic de la fièvre de Lassa devrait être pris en compte chez les patients fébriles revenant d'Afrique de l'Ouest, en particulier s'ils ont séjourné dans des zones rurales ou dans des hôpitaux dans des pays où la fièvre de Lassa est endémique. Les professionnels de la santé qui consultent un patient soupçonné d'avoir la fièvre de Lassa devraient immédiatement contacter des experts locaux et nationaux pour obtenir des conseils et organiser des tests de laboratoire.

Source : Outbreak News Today.

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