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Cas d'ichtyosarcotoxisme au Luxembourg après consommation de poissons, importés en Europe, du Sri Lanka Médecine des voyages

Publié le 31 mai 2018 à 15h04

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Au Luxembourg, selon les autorités sanitaires, 5 personnes ont présenté un ichtyosarcotoxisme au cours du mois d'avril 2018 après avoir consommé des filets de thon en sashimi des Pays-Bas, produits avec des matières premières venant du Sri Lanka. 

L'Administration des Services Vétérinaires a indiqué qu'au départ, 2 personnes sont tombées malades et que les investigations ont recensé 3 autres patients. Un lien a été établi, toutes les personnes présentant des symptômes avaient consommé du thon du même supermarché Cactus. Les sashimis Filet de Thon et les brochettes de poisson mixte nature et marinées ont été vendus en vrac ou en plateaux emballés entre le 12 et le 14 avril 2018 et expiraient les 14, 15 ou 16 avril 2018. Les produits étaient distribués au Luxembourg dans les magasins Cactus.

 L'Administration des Services Vétérinaires, qui a analysé une partie du thon restant du même lot vendu dans le magasin, a déclaré que la présence d'histamine n'était pas due à une mauvaise qualité, mais que la concentration à des niveaux élevés était limitée à un emplacement spécifique du thon. 

Rappel sur l'ichtyosarcotoxisme

L'ichtyosarcotoxisme de type histaminique, est une intoxication alimentaire survenant dans la plupart des cas après la consommation de scombridés, poissons bleus à chair rouge comme les thons, maquereaux, thazards et bonites, mais aussi parfois à d'autres espèces (sardines, harengs, anchois, carangues, espadons, coryphènes). 

L'intoxication est due à la formation d'histamine après dégradation bactérienne de l'histidine présente en grande quantité dans ces poissons. La mauvaise conservation de tranches de poisson frais est en cause dans la majorité des cas mais l'ingestion de poisson bleu congelé ou en conserve est aussi retrouvée dans de nombreuses observations
Le tableau clinique est similaire à celui d'une réaction allergique. 

Les symptômes se produisent habituellement quelques minutes à une heure après avoir consommé le poisson contaminé.  

Le diagnostic est présomptif : en zone d'endémie, c'est la survenue de symptômes compatibles avec une intoxication dans les suites d'un repas de poisson connu pour être potentiellement toxique :

  • Signes généraux : myalgies, arthralgies, prurit, éruptions cutanées, hypersudation.
  • Signes digestifs : douleurs abdominales diffuses, nausées, vomissements, hoquet ;
  • Signes neurologiques : ataxie cérébelleuse, céphalées, troubles du sommeil, syndrome dépressif, hallucinations visuelles, paresthésies, atteintes des nerfs crâniens, coma ;
  • Signes cardio-vasculaires : baisse du rythme cardiaque (bradycardie), hypotension artérienne, troubles du rythme.

La plupart des patients se rétablissent sans traitement habituellement dans les 2 à 3 heures. Parfois l'évolution est plus prolongée, jusqu'à 8 à 16 heures.

Cette intoxication est classiquement considérée comme bénigne mais on dénombre plusieurs cas où des signes cliniques graves sont apparus tels que collapsus cardiovasculaire et atteinte myocardique.

Source : Promed.


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