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Plus de 9 200 cas de dengue à La Réunion début mai 2019 Médecine des voyages

Publié le 10 mai 2019 à 09h38

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

A la Réunion, le 7 mai 2019, les autorités sanitaires régionales ont notifié plus de 9 200 cas biologiquement confirmés de dengue et 24 000 cas suspects depuis le début de l'année. Parmi ces cas, 286 patients ont été hospitalisés et quatre sont décédés. À titre de comparaison, la Réunion a déclaré 2 453 cas confirmés pour la même période en 2018. Les cas sont répandus sur toute l'île.

Les régions du sud de l'île continuent d'être atteintes par la dengue, notamment Saint-Louis, l'Etang-Salé, les Avirons, Saint-Joseph et Petite-Ile. En outre, la commune de Saint-Paul, dans l'ouest du pays, a vu son nombre de cas doubler ces dernières semaines.

Depuis le début de l'épidémie en 2018, plus de 16 000 cas autochtones confirmés ont été signalés, dont près de 450 hospitalisations et 14 décès. Les responsables de la santé ont lancé une nouvelle campagne de communication pour encourager la population réunionnaise à agir. 

Le sérotype principal en circulation est DENV-2. Mais 14 cas autochtones ont été sérotypés DENV-1 dans la région de Petite-Ile.

Une forte augmentation des cas de dengue a été observée à la Réunion depuis début 2019 et continuera probablement dans les prochaines semaines. 

La co-circulation de DENV-1 avec DENV-2 peut augmenter l'intensité de l'épidémie car la population n'est pas immunisée contre le sérotype DENV-1. Cela peut aussi augmenter le nombre de cas de forme hémorragique.

Rappels sur la dengue.

La dengue, maladie virale due au virus de la Dengue (4 sérotypes) de la famille des Flaviviridae, transmise par une piqûre de moustique, se manifeste le plus souvent par un syndrome grippal (fièvre, douleurs musculaires, parfois éruption cutanée). La dengue peut évoluer en forme grave hémorragique. La prise d'aspirine est formellement déconseillée. Il n'existe pas de traitement médicamenteux préventif disponible contre la dengue.

Il existe :

  • La fièvre dengue caractérisée par l'apparition soudaine d'une forte fièvre, de graves maux de tête, une douleur derrière les yeux et des douleurs dans les muscles et les articulations. Certains peuvent également avoir une éruption cutanée et divers degrés de saignement dans diverses parties du corps (notamment le nez, la bouche et les gencives ou des ecchymoses sur la peau). La dengue a un large spectre d'infection (asymptomatique à symptomatique). La maladie symptomatique peut varier de la dengue (DF) à la dengue plus grave de la dengue (DH).
  • Fièvre hémorragique de la dengue (DHF) - est une forme plus grave, observée seulement chez une faible proportion des personnes infectées. La DHF est une maladie stéréotypée caractérisée par 3 phases; phase fébrile avec forte fièvre continue généralement inférieure à 7 jours; phase critique (fuite de plasma) d'une durée de 1 à 2 jours, généralement apparente lorsque la fièvre baisse, entraînant un choc si elle n'est pas détectée et traitée rapidement; phase de convalescence d'une durée de 2 à 5 jours avec amélioration de l'appétit, bradycardie (fréquence cardiaque lente), éruptions cutanées convalescentes (plaques blanches sur fond rouge), souvent accompagnée de démangeaisons généralisées (plus intense dans les paumes et les plantes des pieds) et de diurèse (augmentation du débit urinaire) .
  • Le syndrome de choc de la dengue (DSS) - Le syndrome de choc est une complication dangereuse de la dengue et est associé à une mortalité élevée. Une dengue grave survient à la suite d'une infection secondaire avec un sérotype viral différent. Une perméabilité vasculaire accrue, associée à un dysfonctionnement du myocarde et à une déshydratation, contribue à la survenue d'un choc entraînant une défaillance multiorganique.

Il n'existe pas de traitement spécifique contre le virus. Pour les touristes européens, la prévention de la dengue passe donc par la lutte contre son vecteur Aedes albopictus. Le moyen le plus efficace pour combattre ce moustique est d'éliminer ses lieux de ponte (soucoupes, petits récipients, déchets, réservoirs, vases, pneus, etc.).

Il est conseillé aux voyageurs de se protéger des piqûres de moustique. Il convient de respecter les mesures habituelles de lutte anti-vectorielle :

  • port de vêtements couvrants ;
  • répulsifs anti-moustiques, contenant du DEET, sur la peau découverte ;
  • vêtements et moustiquaire imprégnés d'insecticide pour la sieste et la nuit ;
  • les personnes qui utilisent un écran solaire doivent appliquer le répulsif 20 minutes après l'écran solaire.

Afin d'éviter au maximum la dissémination du virus de la dengue sur le territoire métropolitain, devant une fièvre d'apparition brutale et des douleurs articulaires ou musculaires dans les 15 jours qui suivent le retour d'un voyage en zone à risque, il faut consulter son médecin au plus vite en signalant son voyage.

Sources : Outbreak News Today ; Santé publique France ; European Centre for Disease Prevention and Control.


Maladie : Dengue

Vaccin : DENGVAXIA

Référence principale :