Mon carnet de vaccination électronique
Pour être mieux vacciné, sans défaut ni excès

Recrudescence des cas de dengue aux Philippines Médecine des voyages

Publié le 24 juil. 2019 à 13h07

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Aux Philippines, le 15 juillet 2019, le Ministère de la santé notifie une alerte nationale contre la dengue compte tenu d'une augmentation alarmante des cas dans la province d'Aklan.

La recrudescence des cas de dengue affecte tout le pays avec des es niveaux épidémiques  atteints dans différentes régions du pays (Mimaropa, Visayas occidentales, Visayas centrales et Mindanao du Nord). 

Les régions suivantes sont surveillées : Ilocos, la vallée de Cagayan, Calabarzon, Bicol, les Visayas orientales (Samar, Leyte et Biliran), la péninsule de Zamboanga, Davao, la région autonome de Bangsamoro dans le Mindanao musulman et la région administrative de la Cordillère).

Les régions du sud de Luçon, l'île de Panay, la partie nord et ouest de l'île Negros, ainsi que plusieurs régions de l'île de Mindanao sont particulièrement touchées.

Les responsables des Visayas orientales (Samar, Leyte et Biliran) font état d'une augmentation constante du nombre de victimes de la dengue dans la région. Plus de 6300 cas de dengue ont été signalés à ce jour, soit le double du nombre total de l'année dernière, dont 21 décès. 

Au niveau national, 116 000 cas de dengue ont été enregistrés à ce jour et près de 500 décès. Le ministère de la Santé des Philippines a déclaré que le virus de type 3 (DENV-3) était la souche dominante de la maladie transmise par les moustiques affectant le pays.

Rappels sur la dengue :

La dengue, maladie virale due au virus de la Dengue (4 sérotypes) de la famille des Flaviviridae, transmise par une piqûre de moustique, se manifeste le plus souvent par un syndrome grippal (fièvre, douleurs musculaires, parfois éruption cutanée). La dengue peut évoluer en forme grave hémorragique. La prise d'aspirine est formellement déconseillée. Il n'existe pas de traitement médicamenteux préventif disponible contre la dengue.

Il existe :

  • La fièvre dengue caractérisée par l'apparition soudaine d'une forte fièvre, de graves maux de tête, une douleur derrière les yeux et des douleurs dans les muscles et les articulations. Certains peuvent également avoir une éruption cutanée et divers degrés de saignement dans diverses parties du corps (notamment le nez, la bouche et les gencives ou des ecchymoses sur la peau). La dengue a un large spectre d'infection (asymptomatique à symptomatique). La maladie symptomatique peut varier de la dengue (DF) à la dengue plus grave de la dengue (DH).
  • Fièvre hémorragique de la dengue (DHF) - est une forme plus grave, observée seulement chez une faible proportion des personnes infectées. La DHF est une maladie stéréotypée caractérisée par 3 phases; phase fébrile avec forte fièvre continue généralement inférieure à 7 jours; phase critique (fuite de plasma) d'une durée de 1 à 2 jours, généralement apparente lorsque la fièvre baisse, entraînant un choc si elle n'est pas détectée et traitée rapidement; phase de convalescence d'une durée de 2 à 5 jours avec amélioration de l'appétit, bradycardie (fréquence cardiaque lente), éruptions cutanées convalescentes (plaques blanches sur fond rouge), souvent accompagnée de démangeaisons généralisées (plus intense dans les paumes et les plantes des pieds) et de diurèse (augmentation du débit urinaire) .
  • Le syndrome de choc de la dengue (DSS) - Le syndrome de choc est une complication dangereuse de la dengue et est associé à une mortalité élevée. Une dengue grave survient à la suite d'une infection secondaire avec un sérotype viral différent. Une perméabilité vasculaire accrue, associée à un dysfonctionnement du myocarde et à une déshydratation, contribue à la survenue d'un choc entraînant une défaillance multiorganique.

Il n'existe pas de traitement spécifique contre le virus. Pour les touristes européens, la prévention de la dengue passe donc par la lutte contre son vecteur Aedes albopictus. Le moyen le plus efficace pour combattre ce moustique est d'éliminer ses lieux de ponte (soucoupes, petits récipients, déchets, réservoirs, vases, pneus, etc.).

Il est conseillé aux voyageurs de se protéger des piqûres de moustique. Il convient de respecter les mesures habituelles de lutte anti-vectorielle :

  • port de vêtements couvrants ;
  • répulsifs anti-moustiques, contenant du DEET, sur la peau découverte ;
  • vêtements et moustiquaire imprégnés d'insecticide pour la sieste et la nuit ;
  • les personnes qui utilisent un écran solaire doivent appliquer le répulsif 20 minutes après l'écran solaire.

Afin d'éviter au maximum la dissémination du virus de la dengue, chikungunya et virus Zika sur le territoire métropolitain, devant une fièvre d'apparition brutale et des douleurs articulaires ou musculaires dans les 15 jours qui suivent le retour d'un voyage en zone à risque, il faut consulter son médecin au plus vite en signalant son voyage.

Sources : France Diplomatie, Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères ; Outbreak News Today ; Gobierno de España, Ministerio de Asuntos Exteriores, Unión Europea y Cooperación.