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Le point sur l'épidémie de maladie à virus Ebola en République Démocratique du Congo Médecine des voyages

Publié le 31 juil. 2019 à 13h17

Biographie

Médecin retraité, spécialisé en médecine des voyages. Membre de la Société de médecine des voyages (depuis 2000) Formateur en vaccinologie et médecine des voyages (depuis 2000)

Liens d'intérêt

Absence de lien d’intérêt avec les firmes pharmaceutiques

En République Démocratique du Congo, l'épidémie de maladie à virus Ebola dans les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri se poursuit au milieu d'une crise complexe. 

La transmission locale est soutenue avec un nombre élevé de cas. Plus particulièrement, la zone de santé de Beni compte pour plus de la moitié des nouveaux cas signalés au cours des trois dernières semaines, ainsi que pour un certain nombre de cas et de contacts ayant voyagé dans d'autres zones de santé. 

Il s'agit de la deuxième vague de l'épidémie dans la zone de santé de Beni. Elle est plus importante en nombre de cas et dure plus longtemps que la première. 

De nouveaux agents de santé contaminés et des infections nosocomiales continuent d'être notifiés à Beni et dans d'autres zones de santé touchées, malgré les efforts considérables déployés par de nombreux organismes pour prévenir et combattre les infections au cours de la dernière vague de l'épidémie. Un total de 141 (5 % du total des cas) ont été rapportés à ce jour.

Du 21 au 23 juillet 2019, 242 cas confirmés ont été notifiés, dont la majorité provenaient des zone de santé de Beni (53 %, n = 129), Mandima (11 %, n = 26), Mabalako (10 %, n = 23) et Katwa (7 %, n = 17). 

Le 28 juillet depuis le début de l'épidémie en mai 2018, les autorités sanitaires ont notifié 2 671 cas de maladie à virus Ebola (2 577 confirmés, 94 probables), dont 1 798 décès (1 704 confirmés, 94 probables). 

Vingt-cinq zones sanitaires dans deux provinces ont signalé des cas confirmés ou probables de maladie à virus Ebola dans les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri.

La mise en œuvre de mesures d'intervention reste difficile dans les zones touchées en raison de la crise humanitaire prolongée, la situation sécuritaire instable et la résistance de la population.

Une proportion substantielle de cas est détectée chez des personnes non identifiées comme contacts, soulignant la nécessité de maintenir une surveillance renforcée et d'identifier les chaînes de transmission.

Le fait que l'épidémie se poursuive dans des zones de population transfrontalière avec le Rwanda, le Soudan du Sud et l'Ouganda reste particulièrement préoccupant.

Évaluation des risques de l'Organisation mondiale de la santé

L'OMS surveille en permanence l'évolution de la situation épidémiologique et du contexte de l'épidémie pour s'assurer que l'appui à la riposte est adapté à l'évolution de la situation. La dernière évaluation a conclu que les niveaux de risque national et régional restent très élevés, tandis que les niveaux de risque mondiaux restent faibles.

La proportion élevée de décès dans la communauté, la proportion relativement faible de nouveaux cas parmi les contacts connus sous surveillance, l'existence de chaînes de transmission liées à l'infection nosocomiale, les retards persistants dans la détection et l'isolement et les difficultés d'accès à certaines communautés en raison de l'insécurité et des poches de réticence communautaire sont tous des facteurs augmentant la probabilité d'autres chaînes de transmission dans les communautés touchées. 

La situation en matière de sécurité est caractérisée par la reprise des activités des groupes armés non étatiques dans tous les principaux domaines d'opérations. 

La longue durée de l'épidémie actuelle, la fatigue du personnel d'intervention et la pression constante sur les ressources et le financement limités constituent des risques supplémentaires.

Conseils de l'Organisation mondiale de la santé

Le 17 juillet 2019, le Directeur général a convoqué le Comité d'urgence en vertu du Règlement sanitaire international (RSI) pour examiner la situation en ce qui concerne l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo. La Directrice générale a accepté la recommandation du Comité d'urgence selon laquelle l'épidémie constituait une urgence de santé publique de portée internationale (PHEIC) au sens du Règlement sanitaire international (RSI 2005). De plus amples informations, y compris des recommandations temporaires conseillées par le Comité d'urgence, sont disponibles dans la déclaration , le discours du Directeur général de l'OMS et le communiqué de presse .

L'Arabie saoudite a interdit l'entrée aux voyageurs en provenance de la République démocratique du Congo craignant le virus Ebola se répandre pendant le Hajj. La décision a été rendue dans une note du ministère des Affaires étrangères saoudien du 24 juillet 2019, après que l'OMS a déclaré la maladie à virus Ebola Urgence de santé publique d'ordre international (PHEIC) sur l'épidémie d'Ebola.

L'OMS recommande d'éviter toute restriction des voyages et des échanges commerciaux avec la République démocratique du Congo, sur la base des informations disponibles. Il n'existe actuellement aucun vaccin sous licence pour protéger les personnes du virus Ebola. 

Par conséquent, les exigences relatives aux certificats de vaccination contre la maladie à virus Ebola ne constituent pas une base raisonnable pour restreindre les mouvements transfrontaliers ou la délivrance de visas pour les voyageurs à destination / en provenance des pays touchés. 

L'OMS continue de suivre de près et, si nécessaire, de vérifier les mesures relatives aux voyages et au commerce en relation avec cet événement.

 À l'heure actuelle, aucun pays n'a mis en œuvre de mesures de déplacement qui entravent de manière significative le trafic international à destination et en provenance de la République démocratique du Congo. 

Les voyageurs doivent consulter un médecin avant leur voyage et doivent adopter une bonne hygiène. 

De plus amples informations sont disponibles dans le Recommandations de l'OMS pour le trafic international lié à l'épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo

Sources : Organisation mondiale de la santé ; Ministère de la Santé de la République Démocratique du Congo ; European Centre for Disease Prevention and Control.


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