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Elargissement de la vaccination contre les infections à papillomavirus humains aux garçons

Publié le 30 oct. 2019 à 21h16

Biographie

- Qualité : Docteur en médecine, biologiste médical (DES biologie 1992).
- Activité principale : biologiste médical, médecin de centre international de vaccinations
- Spécialités médicales : microbiologie, virologie, vaccinologie.

Liens d'intérêt

- Membre de commissions et comités :
Commission des maladies infectieuses et des maladies émergentes (Haut Conseil de la santé publique, 2017- en cours)
Comité technique de vaccinations (Haut Conseil de la santé publique, 2007-2017)
Groupe vaccins (ANSM, 2016-en cours)
- Liens avec l'industrie :
DPI consultable sur le site HCSP : https://www.hcsp.fr/explore.cgi/Personne?clef=2329 Rémunérations directes par l’industrie : non.
A titre familial : aucun lien.

Suite à une saisine de la Ministre chargée des affaires sociales et de la santé, la Haute Autorité de santé en charge d'établir des recommandations vaccinales a examiné la question de la vaccination des garçons contre les infections à papillomavirus humains (HPV). La proposition d'élargir la vaccination contre les HPV aux garçons a reposé sur plusieurs arguments.

Les infections à HPV touchent les femmes et les hommes.

Si 4 580 nouveaux cas de cancers dus à des HPV sont diagnostiqués en France chaque année chez la femme, l'homme est également touché avec environ 1 750 nouveaux cas annuels (cancers génitaux ou de la sphère ORL). Pathologies récidivantes dont la prise en charge est longue, les verrues ano-génitales sont fréquentes autant chez la femme que l'homme avec environ 100 000 nouveaux cas par an.

La couverture vaccinale des filles contre les HPV est insuffisante pour protéger les hommes et les femmes des lésions précancéreuses et cancéreuses dues aux HPV.

Depuis 2007, la vaccination contre les HPV est recommandée en population générale chez les filles et les jeunes femmes ainsi que chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. Plus de 10 ans après, la couverture vaccinale contre les HPV reste insuffisante (moins de 30 %), très en deçà des objectifs fixés à 60 % par le plan cancer 2014-2019. L'expérience des autres pays ayant élargi la vaccination aux garçons en plus de celle des filles montre que la diminution de la fréquence des verrues ano-génitales chez les hommes et les femmes d'une part, et celle des lésions pré-cancéreuses et cancéreuses du col de l'utérus d'autre part, est plus marquée quand la couverture vaccinale des filles est élevée. Cependant aux Etats-Unis, proposer la vaccination contre les HPV chez les garçons n'a pas eu d'impact direct sur l'amélioration de la couverture vaccinale chez les filles.

La vaccination des garçons contre les HPV est perçue favorablement par les parents, les adolescents et les professionnels de santé.

Plusieurs études ont évalué l'acceptabilité de la vaccination des garçons contre les HPV tant chez les parents que les professionnels de santé. En novembre 2016, une des propositions de la concertation citoyenne sur la vaccination contre les HPV était de l'élargir aux garçons, reflétant une opinion favorable en France. Il était souligné que proposer la vaccination aux filles et aux hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes pose des questions éthiques avec le non respect de la vie privée pour les hommes ou d'égalité d'accès à la vaccination selon le genre.

Par ailleurs, le fait que cette vaccination ne soit pas suffisamment proposée au cours de la consultation médicale ou la crainte des effets indésirables dus aux vaccins ont été des freins à la mise en oeuvre de la recommandation vaccinale chez les filles.

Elargissement de la vaccination contre les HPV à tous les garçons de 11 à 14 ans et rattrapage de 15 à à 19 ans.

Au vu des différents arguments, la Haute Autorité de santé propose dans son projet d'avis en date du 30 octobre 2019 d'élargir la vaccination contre les HPV à tous les garçons. Le vaccin recommandé est Gardasil 9, qui est indiqué dans la prévention des lésions précancéreuses et cancers du col de l'utérus, de la vulve, du vagin et de l'anus, ainsi que dans la prévention des verrues génitales. Le schéma vaccinal recommandé est identique chez les garçons et les filles, soit 2 doses chez les 11 à 14 ans et 3 doses chez les 15 à 19 ans. Il a été également noté que Gardasil 9 présentait une possible efficacité dans la prévention des cancers ORL, bien que cela ne soit pas indiqué dans le résumé des caractéristiques du produit (RCP) à l'heure actuelle.

Cependant, la Haute Autorité de santé souligne qu'élargir la vaccination contre les HPV aux garçons n'est pas une mesure suffisants pour améliorer systématiquement la couverture vaccinale chez les filles. Cette nouvelle recommandation doit être accompagnée d'un engagement fort des autorités sanitaires avec deux objectifs majeurs : une proposition vaccinale aux parents et aux adolescents plus systématique de la part des professionnels de santé et une restauration de la confiance dans cette vaccination par des informations personnalisées, afin de répondre aux interrogations vis-à-vis de la sécurité de cette vaccination. 

Le projet de recommandation fait l'objet d'une consultation publique du 30 octobre au 27 novembre 2019 sur le site de la Haute Autorité de santé. Les commentaires proposés par tout citoyen et formulés directement en ligne feront l'objet ensuite d'une analyse pour validation finale de la recommandation par la Haute Autorité de santé. 

Source : Haute Autorité de santé.


Maladie : Papillomavirus

Vaccin : GARDASIL 9

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