Situation des foyers de fièvre jaune au Nigéria en 2019 Médecine des voyages

Publié le 16 déc. 2019 à 10h03

Biographie

Médecin retraité, spécialisé en médecine des voyages. Membre de la Société de médecine des voyages (depuis 2000) Formateur en vaccinologie et médecine des voyages (depuis 2000)

Liens d'intérêt

Absence de lien d’intérêt avec les firmes pharmaceutiques

Au Nigéria, le 11 décembre 2019, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a notifié au Règlement sanitaire international (RSI) sur l'épidémie de fièvre jaune en cours dans tous les États et le territoire de la capitale fédérale du Nigéria. 

Le 2 octobre 2019, 1 935 nouveaux cas suspects ont été notifiés. Quatre États (Katsina, Bauchi, Edo et Ebonyi) représentent 68 % de tous les cas confirmés en 2019. 

Le nombre de cas a décliné dans l'État d'Edo a décliné après une campagne de vaccination réactive fin 2018.

En 2019, un Centre des opérations d'urgence (COU) a été activé le 5 novembre 2019 en réponse à la recrudescence des cas confirmés de fièvre jaune notifiés. Une équipe nationale d'intervention rapide a été déployée à Bauchi et dans d'autres États touchés.

Du 1er janvier au 10 décembre 2019, le Nigéria a notifié 4189 cas suspects dans les 36 États et le Territoire de la capitale fédérale du Nigeria (Abuja). Deux cent sept échantillons ont été testés positifs pour les IgM de la fièvre jaune et 197 échantillons ont été confirmés positifs en utilisant la transcriptase inverse (RT-PCR). 

La létalité pour les cas confirmés est de 12,2 % et 5,1 % pour tous les cas y compris suspect, probable et confirmé.

Depuis l'introduction de la vaccination systématique contre la fièvre jaune en 2004, l'immunité globale de la zone touchée par la flambée actuelle restent inférieures aux seuils d'immunité collective. 

Selon l'OMS-UNICEF, la couverture vaccinale nationale estimée pour la fièvre jaune a été évaluée à 65 % en 2018. 

La fièvre jaune est endémique au Nigeria. Il est considéré pays à haut risque par la stratégie «Éliminer l'épidémie de fièvre jaune» (EYE). Le pays est en train d'achever la campagne de vaccination de phase 3 prévue et évalue la vaccination de masse. 

La réapparition de la fièvre jaune en septembre 2017 au Nigéria a été marquée par des foyers sur une vaste zone géographique. Les événements de transmission de la fièvre jaune signalés à Bauchi, Benue et l'État de Katsina depuis août 2019, avec une propagation à plusieurs autres États, représentent une intensification de la fièvre jaune

Il y a un risque élevé de propagation rapide et d'amplification de la fièvre jaune dans les zones sans cas signalés depuis 2017 et dans des zones avec de grandes poches de populations sous-immunisées. Il n'y a pas d'informations entomologiques actuellement disponibles en dehors de l'État de Kwara et bien que la région entre dans la saison (novembre à mars), le vecteur, Aedes aegypti, n'est que modérément affecté par des conditions plus sèches.

Par conséquent, une transmission vectorielle continue au sein des populations humaines ne peut être exclue dans les prochains mois. 

Sur la base des informations disponibles, l'OMS estime que le risque global est élevé au niveau national, modérée au niveau régional et faible au niveau mondial.

Le risque d'infection pour les citoyens de l'UE est très faible s'il est correctement vacciné. 

Conseils de l'OMS

Le Nigéria est un pays hautement prioritaire pour la stratégie d'élimination de l'épidémie de fièvre jaune (EYE). 

La vaccination est la principale intervention pour prévenir et combattre la fièvre jaune.

La détection précoce et l'investigation des cas de fièvre jaune par le biais d'une surveillance étroite sont essentielles pour contrôler le risque d'épidémies de fièvre jaune. 

La prévention des piqûres de moustiques (répulsifs, port de vêtements longs) est une mesure supplémentaire qui limite le risque de transmission de la fièvre jaune. Dans les centres urbains, des mesures ciblées de lutte antivectorielle sont également utiles pour interrompre la transmission. 

L'OMS et ses partenaires continueront d'aider les autorités locales à mettre en œuvre ces interventions pour contrôler l'épidémie actuelle.

Le Nigéria exige également un certificat de vaccination contre la fièvre jaune pour les voyageurs âgés de plus d'un an en provenance de pays où il existe un risque de transmission de la fièvre jaune.

Le 1er juillet 2019, l'OMS a mis à jour les zones à risque de transmission de la fièvre jaune et les recommandations correspondantes en matière de vaccination des voyageurs internationaux. La liste des pays à risque et les recommandations révisées concernant la vaccination contre la fièvre jaune sont disponibles sur le site web de l'OMS : Voyages internationaux et santé (ITH) .

L'OMS encourage ses États Membres à prendre toutes les mesures nécessaires pour tenir les voyageurs bien informés des risques et des mesures de prévention, y compris de la vaccination.

Les voyageurs devraient également être informés des signes et des symptômes de la fièvre jaune et informés de la nécessité de consulter rapidement un médecin s'ils développent des signes de maladie.  

Recommandations Françaises

Le Haut Conseil de la santé publique (recommandations sanitaires pour les voyageurs 2017 recommande en outre que les personnes dont la vaccination contre la fièvre jaune date de plus de 10 ans reçoivent une seconde dose de vaccin amaril en cas d'épidémie signalée dans le pays visité (sauf s'il apparait que cette personne a déjà reçu 2 doses).

Les voyageurs qui prévoient de visiter le Nigéria, zone à risque de fièvre jaune, doivent recevoir le vaccin contre la fièvre jaune au moins 10 jours avant de voyager, suivre des mesures pour éviter les piqûres de moustiques et être avertis des symptômes de la fièvre jaune.

Les recommandations ou obligations vaccinales personnalisées pour un voyage en Afrique, qu'elles concernent la fièvre jaune ou d'autres maladies à prévention vaccinale, sont disponibles sur MedecineDesVoyages.net.

L'OMS ne recommande aucune restriction concernant les voyages ou les échanges commerciaux avec le Nigéria sur la base des informations disponibles sur cette flambée.

Source : Organisation mondiale de la santé ; European Centre for Disease Prevention and Control ; National Centers for Environmental Information ; Règlement sanitaire international.