Fièvre jaune

Dernière mise à jour le Lundi 31 Août 2026

En cours de mise à jour.

Présentation

Cause

La fièvre jaune est due au virus de la fièvre jaune (YFV), un arbovirus à ARN de la famille des Flaviviridae, appartenant au genre Orthoflavivirus (anciennement Flavivirus).

Transmission

Le virus de la fièvre jaune est transmis à l’être humain par la piqûre de moustiques infectés, principalement actifs pendant la journée. Il se maintient dans la nature selon plusieurs cycles de transmission associant les moustiques, les primates non humains et l’être humain.

Cycle sylvatique

Dans le cycle sylvatique, ou cycle de jungle, le virus circule principalement entre les primates non humains et des moustiques forestiers. Les êtres humains peuvent être infectés lorsqu’ils séjournent ou travaillent en forêt. Les principaux vecteurs appartiennent notamment aux genres Aedes en Afrique et Haemagogus et Sabethes en Amérique.

Cycle intermédiaire

Le cycle intermédiaire, ou cycle de savane, est observé en Afrique. Des moustiques vivant à la fois en milieu forestier et à proximité des habitations transmettent le virus aux primates et aux êtres humains, provoquant des cas sporadiques ou des flambées localisées.

Cycle urbain

Dans le cycle urbain, le virus est introduit dans une zone habitée par une personne virémique puis transmis d’une personne à une autre par des moustiques, principalement Aedes aegypti. Lorsque la population est insuffisamment immunisée et que ce vecteur est abondant, ce cycle peut être à l’origine d’épidémies importantes.

La transmission de la fièvre jaune n’est pas considérée comme possible à une altitude supérieure à 2 300 mètres.

Les recommandations vaccinales

Principes de la vaccination

La vaccination est la principale mesure de prévention contre la fièvre jaune. Une seule dose confère généralement une protection durable, considérée comme suffisante à vie chez la personne immunocompétente. Une seconde dose est toutefois recommandée dans certaines situations précisées au chapitre « Schéma vaccinal ».

En France, la vaccination contre la fièvre jaune est obligatoire, sauf contre-indication médicale, pour toute personne âgée de plus d’un an résidant ou séjournant en Guyane, conformément à l’article L. 3111-6 du code de la santé publique.

Vaccin disponible

Le vaccin contre la fièvre jaune, ou vaccin amaril, est un vaccin à virus vivant atténué.

Le vaccin disponible en France est STAMARIL, préparé à partir de la souche 17D-204 du virus de la fièvre jaune cultivée sur embryons de poulet.

La vaccination antiamarile est réalisée dans les centres de vaccinations internationales habilités par les agences régionales de santé et, en Guyane, dans certains cabinets médicaux habilités.

Les caractéristiques détaillées du vaccin sont disponibles dans le RCP de STAMARIL.

Contre-indications et précautions

STAMARIL est notamment contre-indiqué :

  • chez les enfants âgés de moins de 6 mois ;
  • en cas d’immunodépression congénitale ou acquise importante, notamment induite par certains traitements immunosuppresseurs ;
  • en cas d’infection symptomatique par le VIH ou d’infection asymptomatique par le VIH associée à une immunodépression importante ;
  • en cas d’antécédent de dysfonctionnement du thymus, notamment thymome ou myasthénie ;
  • après thymectomie, quelle qu’en soit la cause ;
  • en cas d’hypersensibilité sévère à une précédente dose de vaccin contre la fièvre jaune, aux œufs, aux protéines de poulet ou à l’un des composants du vaccin.
Personnes âgées de 60 ans ou plus

Les personnes âgées de 60 ans ou plus présentent un risque plus élevé d’effets indésirables graves, notamment de maladie neurotrope ou viscérotrope associée au vaccin. Chez ces personnes, particulièrement en cas de primovaccination, le vaccin ne doit être administré que lorsque le risque d’infection par le virus de la fièvre jaune est considéré comme significatif et difficilement évitable.

Grossesse

STAMARIL étant un vaccin vivant atténué, il ne doit en principe pas être utilisé pendant la grossesse. Toutefois, lorsqu’un séjour dans une zone à risque élevé ne peut être différé, la vaccination peut être justifiée après évaluation individuelle du rapport entre les bénéfices et les risques.

Une grossesse doit être évitée pendant le mois suivant la vaccination.

Une seconde dose est recommandée ultérieurement dans certaines conditions chez les femmes primovaccinées pendant une grossesse (voir « Schéma vaccinal »).

Allaitement

La vaccination doit, dans la mesure du possible, être reportée chez une femme qui allaite, notamment lorsque le nourrisson est âgé de moins de 6 mois, en raison du risque de transmission du virus vaccinal par le lait maternel.

Si la vaccination est indispensable, par exemple en cas de voyage ne pouvant être différé dans une zone à haut risque ou dans un contexte épidémique, elle peut être réalisée après évaluation du rapport bénéfice-risque. Dans ce cas, il est recommandé d’interrompre l’allaitement pendant au moins deux semaines après la vaccination.

Personnes immunodéprimées et personnes vivant avec le VIH

Le vaccin étant vivant atténué, il est contre-indiqué en cas d’immunodépression importante. Lorsque l’immunodépression est temporaire, la vaccination doit être différée jusqu’à la restauration des fonctions immunitaires.

Chez les personnes vivant avec le VIH, la vaccination est contre-indiquée lorsque le nombre de lymphocytes CD4 est inférieur à 200/mm³ chez l’adulte et l’enfant âgé de 5 ans ou plus. Chez l’enfant plus jeune, des seuils exprimés en pourcentage de lymphocytes CD4 sont utilisés en fonction de l’âge.

Lorsque l’immunodépression est modérée et que l’exposition au virus ne peut être évitée, la décision de vacciner doit faire l’objet d’une évaluation individuelle, si nécessaire en concertation avec le spécialiste qui assure le suivi du patient et le médecin du centre de vaccinations internationales.

Associations vaccinales

Lorsque la vaccination contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR) est également indiquée, les deux vaccins vivants viraux doivent, dans la mesure du possible, être administrés le même jour ou à au moins quatre semaines d’intervalle.

En cas de départ imminent ne permettant pas de respecter cet intervalle, les vaccins contre la fièvre jaune et ROR peuvent être administrés simultanément ou à un intervalle plus court.

Sécurité vaccinale

Les effets indésirables sont le plus souvent bénins et transitoires : douleur au site d’injection, céphalées, fatigue, myalgies ou fièvre.

Deux complications graves mais très rares peuvent survenir :

La maladie neurotrope associée à la vaccination antiamarile (YEL-AND) peut se manifester notamment par une méningite, une encéphalite, une encéphalopathie ou un syndrome de Guillain-Barré. La plupart des cas surviennent dans les 30 jours suivant une primovaccination.

La maladie viscérotrope associée à la vaccination antiamarile (YEL-AVD) ressemble à une forme grave de fièvre jaune avec atteinte hépatique et défaillance multiviscérale. Elle survient généralement dans les 10 jours suivant la vaccination et peut être mortelle.

Le risque de ces complications est plus élevé chez les personnes âgées de plus de 60 ans. Les antécédents de dysfonctionnement du thymus ou de thymectomie constituent également un facteur de risque de YEL-AVD.

Les recommandations professionnelles

Personnels de laboratoire

La vaccination contre la fièvre jaune est recommandée pour les personnels de laboratoire exposés au virus de la fièvre jaune.

En Guyane, une seconde dose est recommandée 10 ans après la primovaccination chez les personnels de laboratoire susceptibles d’être exposés au virus de la fièvre jaune.

Militaires

Les militaires sont soumis aux obligations vaccinales légales ainsi qu’aux vaccinations réglementaires ou circonstancielles définies par le Service de santé des armées (SSA) en fonction des risques liés à leur activité, à leur affectation et à leurs éventuelles projections outre-mer ou en opération extérieure.

La vaccination contre la fièvre jaune est réalisée lorsque le calendrier vaccinal défini par le SSA et les conditions de la mission l’exigent.

Les recommandations pour les voyageurs

Indication selon la destination

La vaccination contre la fièvre jaune est recommandée aux voyageurs se rendant dans une zone où existe un risque de transmission du virus, principalement dans les régions tropicales d’Afrique et d’Amérique centrale ou du Sud.

L’indication dépend de la destination précise, de la situation épidémiologique, de la saison, de la durée et des conditions du séjour ainsi que des caractéristiques individuelles du voyageur.

L’absence d’exigence administrative de vaccination à l’entrée d’un pays ne signifie pas qu’il n’existe aucun risque de fièvre jaune. À l’inverse, certains pays peuvent exiger un certificat de vaccination afin d’éviter l’importation du virus, y compris lorsque la fièvre jaune ne circule pas sur leur territoire.

Les recommandations et les exigences de vaccination doivent donc être vérifiées pour l’ensemble de l’itinéraire, en tenant compte notamment des pays de provenance et de transit. Elles sont actualisées dans les Recommandations sanitaires aux voyageurs 2026 du Haut Conseil de la santé publique.

Enfants

La vaccination est recommandée à partir de l’âge de 9 mois lorsqu’elle est indiquée par la destination.

Entre 6 et 9 mois, elle peut exceptionnellement être réalisée lorsque le risque de fièvre jaune est particulièrement élevé, notamment en cas d’épidémie ou de séjour en milieu rural ou forestier. Dans cette tranche d’âge, le report du voyage doit être envisagé lorsque cela est possible.

Avant l’âge de 6 mois, STAMARIL est contre-indiqué.

Guyane

La vaccination contre la fièvre jaune est obligatoire, sauf contre-indication médicale, pour toute personne âgée de plus d’un an résidant ou séjournant en Guyane.

Elle doit être réalisée au moins 10 jours avant l’arrivée lorsqu’il s’agit d’une primovaccination.

Certificat international de vaccination

Certains pays exigent la présentation d’un Certificat international de vaccination ou de prophylaxie attestant la vaccination contre la fièvre jaune. Cette exigence peut notamment dépendre du pays de provenance ou d’un transit antérieur dans une zone à risque.

Après une primovaccination, le certificat devient valide 10 jours après l’administration du vaccin.

Depuis le 11 juillet 2016, la validité administrative du certificat international de vaccination contre la fièvre jaune est à vie, y compris pour les certificats délivrés antérieurement qui indiquaient une durée de validité de 10 ans. Un État partie au Règlement sanitaire international ne peut donc pas exiger une dose de rappel au seul motif que plus de 10 ans se sont écoulés depuis la vaccination.

Cette validité administrative à vie est indépendante des situations dans lesquelles une seconde dose peut être recommandée pour des raisons médicales.

Voir les précisions de l’Organisation mondiale de la Santé sur la validité à vie du certificat.

Contre-indication à la vaccination

Lorsqu’un voyageur présente une contre-indication à la vaccination, un séjour dans une zone où existe un risque significatif de transmission de la fièvre jaune est formellement déconseillé.

Si le voyage ne peut être annulé et qu’un pays exige la vaccination pour l’entrée sur son territoire, un certificat de contre-indication médicale peut être établi. Son acceptation par les autorités du pays de destination n’est toutefois pas garantie.

Les mesures de protection contre les piqûres de moustiques doivent alors être particulièrement rigoureuses.

Le schéma vaccinal

Primovaccination

À partir de l’âge de 9 mois : une dose de 0,5 mL de STAMARIL.

Entre 6 et 9 mois, une dose peut être administrée exceptionnellement lorsque le risque d’exposition le justifie, notamment en situation épidémique.

Avant l’âge de 6 mois, la vaccination est contre-indiquée.

Lors d’une primovaccination, la dose doit être administrée au moins 10 jours avant l’exposition au risque ou l’entrée dans un pays exigeant la vaccination.

Seconde dose dans certaines situations

Une seule dose est suffisante dans la majorité des situations. Toutefois, une seconde dose est recommandée dans les situations suivantes :

  • chez les enfants vaccinés entre l’âge de 9 mois et avant l’âge de 2 ans : une seconde dose à partir de l’âge de 6 ans et dans un délai maximal de 10 ans après la première dose ;
  • chez les femmes primovaccinées pendant une grossesse : une seconde dose 10 ans après la première lorsqu’une nouvelle exposition au risque est envisagée ;
  • chez les personnes vivant avec le VIH et les personnes immunodéprimées qui ont pu être vaccinées : une seconde dose 10 ans après la première, selon leur situation immunitaire ;
  • chez les personnes vaccinées depuis plus de 10 ans : une seconde dose avant une nouvelle exposition lorsqu’une circulation active du virus de la fièvre jaune est signalée dans la population de la zone visitée ;
  • en Guyane, chez les personnels de laboratoire susceptibles d’être exposés au virus de la fièvre jaune : une seconde dose 10 ans après la primovaccination.

Il est recommandé de ne pas administrer plus de deux doses de vaccin contre la fièvre jaune, excepté chez certaines personnes immunodéprimées pour lesquelles un suivi du titre des anticorps neutralisants peut être nécessaire.

Validité du certificat

Le Certificat international de vaccination ou de prophylaxie devient valide 10 jours après la primovaccination.

Sa validité administrative est ensuite à vie.

Une seconde dose recommandée pour des raisons médicales n’est donc pas nécessaire pour maintenir la validité administrative du certificat.

Les données épidémiologiques

La fièvre jaune demeure un problème important de santé publique dans les régions tropicales d’Afrique et des Amériques. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime que 67 000 à 173 000 formes graves et 31 000 à 82 000 décès surviennent chaque année, la majorité de la charge de morbidité concernant l’Afrique.

Vingt-sept pays d’Afrique et 13 pays d’Amérique latine sont considérés comme à haut risque de transmission ou d’épidémie de fièvre jaune.

Depuis 2024, une recrudescence de la circulation du virus est observée, particulièrement en Amérique du Sud, avec une extension à des zones situées en dehors des foyers traditionnellement touchés du bassin amazonien.

En 2025, la transmission est restée soutenue en Afrique et a fortement augmenté dans les Amériques. Cette circulation s’est poursuivie en 2026. Entre le 1er janvier et le 26 mai 2026, 79 cas humains confirmés ont été rapportés dans six pays des Amériques (Bolivie, Brésil, Colombie, Équateur, Pérou et Venezuela), accompagnés de nombreuses épizooties témoignant d’une circulation sylvatique active.

En Afrique, entre janvier et mai 2026, 16 cas confirmés ont été rapportés au Burkina Faso, au Cameroun et en République centrafricaine ; d’autres cas suspects étaient en cours d’investigation en Angola, en Côte d’Ivoire, au Gabon, au Ghana et au Nigeria.

La majorité des cas humains récents concernent des personnes non vaccinées. La persistance de populations insuffisamment immunisées, associée à la présence de moustiques vecteurs compétents et à l’extension des zones favorables à leur développement, entretient le risque de flambées épidémiques.

Données épidémiologiques sur la fièvre jaune – Organisation mondiale de la Santé

Les données de couverture vaccinale

Dans le monde

La couverture vaccinale reste insuffisante et hétérogène dans plusieurs régions où circule le virus de la fièvre jaune.

Dans la Région africaine de l’Organisation mondiale de la Santé, 26 des 27 pays considérés comme à haut risque ont introduit la vaccination contre la fièvre jaune dans leur programme de vaccination systématique. En 2024, la couverture vaccinale moyenne dans ces pays était toutefois estimée à 65 %, alors que l’OMS recommande d’atteindre et de maintenir une couverture d’au moins 80 % dans les populations vivant dans les zones à risque.

Dans les Amériques, les 13 pays considérés comme à haut risque ont intégré la vaccination dans leur programme de vaccination, mais la couverture reste très variable selon les pays et les territoires.

En Guyane

La couverture vaccinale contre la fièvre jaune est globalement élevée en Guyane, où cette vaccination est obligatoire.

Selon le Baromètre de Santé publique France 2021, 97 % des personnes âgées de 18 à 75 ans résidant en Guyane déclaraient être vaccinées contre la fièvre jaune. La couverture déclarée variait de 93,5 % chez les 25-34 ans à 99,3 % chez les 45-54 ans.

Une enquête réalisée en 2017 dans les 22 communes de Guyane auprès de 2 697 personnes avait estimé la couverture vaccinale à 95,0 % (IC 95 % : 93,4-96,2) sur l’ensemble du territoire. Cette couverture était cependant spatialement hétérogène. Les niveaux les plus faibles étaient observés dans l’ouest de la Guyane, le long de la frontière avec le Suriname, notamment chez les enfants de moins de 16 ans non scolarisés, les adultes immigrés et les populations les plus défavorisées.

Des données plus anciennes recueillies en milieu scolaire en 2009 avaient estimé la couverture vaccinale à 84,5 % pour l’ensemble des enfants et adolescents étudiés.

Références

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