Survenue d'un cas d'encéphalite japonaise chez une touriste allemande au retour de Bali

Publié le 26 mai 2011 à 22h58

Le diagnostic d'encéphalite japonaise a été confirmé chez une femme allemande de 54 ans le 18 mai 2011, qui avait passé deux semaines en vacances à Bali, du 15 au 30 avril, et avait visité de nombreux sites touristiques. Elle n'était pas vaccinée contre l'encéphalite japonaise. La patiente a développé un tableau fébrile non spécifique le 2 mai, qui a duré 3 jours. Apres une courte période d'amélioration, la fièvre est réapparue le 9 mai, accompagnée de troubles de l'élocution, d'une léthargie et d'une ataxie, ce qui a orienté vers le diagnostic d'encéphalite japonaise. La patiente est en cours de récupération, et aucune séquelle sévère n'est attendue à ce stade, sans qu'il soit encore possible d'évaluer son statut clinique final. Il s'agit du premier cas confirmé d'infection due au virus de l'encéphalite japonaise chez une personne de nationalité allemande au retour de Bali. 

Le virus de l'encéphalite japonaise est transmis par des moustiques du genre Culex qui se reproduisent plus particulièrement dans les rizières inondées. Le virus circule chez les oiseaux et les porcs dans toute l'Asie et reste la principale cause d'encéphalite virale, tant par sa fréquence que par sa sévérité, avec 35.000 à 40.000 cas par an, dont 10.000 décès. Pour la plupart des voyageurs en Asie, le risque d'encéphalite japonaise est très faible, mais varie selon la destination, la durée du séjour, la saison et les activités pratiquées.

Les expatriés et les voyageurs qui restent pour de longues périodes en zone rurale à forte transmission du virus de l'encéphalite japonaise ont un risque identique à celui de la population autochtone. Durant la période 1973-2008, 55 cas d'encéphalite japonaise ont été rapportés chez des voyageurs originaires de zones non-endémiques. Ces patients étaient originaires de 17 pays différents, et les pays dans lesquels l'encéphalite japonaise a été contractée sont la Thaïlande (n=19), l'Indonésie (n=8), la Chine (n=7), les Philippines (n=5), le Japon (n=4) et le Vietnam (n=3). Aucun de ces patients n'était connu pour avoir été vacciné contre l'encéphalite japonaise.

Il existe des vaccins efficaces contre cette maladie. En Asie, plusieurs pays utilisent la vaccination contre l'encéphalite japonaise dans le cadre de mesures de contrôle de santé publique. Au Viêt Nam, cette vaccination a été introduite dans le Programme élargi de vaccination (PEV) en 1997. De 1991 à 1995, 61% des encéphalites aiguës étaient causées par l'encéphalite japonaise ; cette proportion est descendue à 41 % pour la période 1996-2000 et à 32% pour la période 2001-2005 (Nguyen Thu Yen, NIHE , Hanoi).

Un document de travail de l'OMS publié en 2006 rappelle que la vaccination contre l'encéphalite japonaise devrait être étendue à toutes les zones dans lesquelles la maladie est considérée comme un problème de santé publique. La stratégie de vaccination la plus efficace dans les zones endémiques est une campagne de vaccination ciblée unique, suivie de l'inclusion du vaccin contre l'encéphalite japonaise dans le programme d'immunisation de routine.

Le vaccin contre l'encéphalite japonaise reste recommandé pour les voyageurs en Asie, dans certaines conditions.

Le comité consultatif américain sur les pratiques d'immunisation (ACIP) recommande actuellement cette vaccination pour les voyageurs qui prévoient de passer un mois ou plus en région endémique pendant la saison de transmission de l'encéphalite japonaise (saison des pluies). De plus, l'utilisation du vaccin peut être envisagés dans les cas suivants:

  • voyageurs pour des périodes de moins d'un mois en zone endémique et en saison de transmission, si un séjour est prévu en dehors des zones urbaines et si leurs activités doivent augmenter le risque d'exposition à l'encéphalite japonaise ;
  • voyageurs dans une zone d'épidémie active d'encéphalite japonaise ;
  • voyageurs en zone endémique qui ne sont pas sûrs de la destination, des activités pratiquées ou de la durée du séjour

Le vaccin contre l'encéphalite japonaise n'est pas recommandé pour les voyageurs de courte durée dont les visites se limitent aux zones urbaines ou qui voyagent en dehors des périodes de transmission virale.

En France, la vaccination contre l'encéphalite japonaise n'est pas recommandée systématiquement à tous les voyageurs qui se rendent dans les régions où le virus circule. Sont seuls concernés :

  • les adultes, expatriés ou devant résider plus de 30 jours dans ces régions ; 
  • les adultes se rendant dans ces régions, avec une activité extérieure importante, plus particulièrement dans les zones de rizières ou de marécages, pendant la période de transmission du virus, notamment pendant la saison des pluies, quelle que soit la durée du séjour.

Les activités suivantes sont considérées comme à risque : dormir à la belle étoile sans moustiquaire, camper, travailler à l'extérieur, pratiquer le cyclisme, la randonnée..., en particulier dans des zones où l'irrigation par inondation est pratiquée. Le vaccin commercialisé est actuellement réservé aux personnes âgées de plus de 18 ans.

En France, le seul vaccin commercialisé contre l'encéphalite japonaise est le vaccin IXIARO® (Novartis vaccines). Ce vaccin efficace et bien toléré est administré selon un schéma en deux doses (J0 et J28). Une dose de rappel (troisième dose) doit être administrée dans la deuxième année, c'est-à-dire 12 à 24 mois après la primo-immunisation recommandée, avant une exposition éventuelle au virus de l'encéphalite japonaise. Les personnes à risque continu d'infection par le virus de l'encéphalite japonaise (personnel de laboratoire ou personnes résidant dans une zone endémique) doivent recevoir une injection de rappel 12 mois après la primo-immunisation. Les données sur la nécessité de rappels ultérieurs ne sont pas encore disponibles. Novartis Vaccines a été récompensé le 25 mai 2011 par le prix Galien pour la découverte du vaccin IXIARO®.

Sur MedecineDesVoyages.net, le voyageur peut savoir si la vaccination contre l'encéphalite japonaise lui est recommandée ou non grâce à l'outil de personnalisation des conseils aux voyageurs, qui inclut les recommandations vaccinales. Le carnet de vaccination électronique permet également au voyageur de conserver ses données vaccinales en tout lieu et de bénéficier d'une expertise individualisée.