La maladie

Cause. L'encéphalite japonaise est une maladie due à un virus qui cause des lésions inflammatoires des membranes qui enveloppent le cerveau (méninges). La plupart des infections par le virus de l'encéphalite japonaise sont bénignes (fièvre et céphalées) ou sans symptômes apparents, mais environ 1 infection sur 250 entraîne une maladie grave caractérisée par l'apparition brusque d'une forte fièvre, de maux de tête, une raideur de la nuque, une désorientation, un coma, des crises convulsives, une paralysie pouvant entraîner le décès. Jusqu'à 60 % des personnes présentant les symptômes de la maladie peuvent décéder. Dans les zones où le virus de l'encéphalite japonaise est répandu, l'encéphalite survient principalement chez les jeunes enfants. La maladie est peu fréquente chez le voyageur. Le virus qui cause l'encéphalite japonaise est transmis par des moustiques du genre Culex qui se reproduisent plus particulièrement dans les rizières inondées. Le virus circule chez les oiseaux et les porcs. L'encéphalite japonaise est une cause majeure d'encéphalite virale en Asie avec 30.000 à 50.000 cas cliniques signalés chaque année.

Transmission à l'homme. Le moustique vecteur a son pic d’activité au crépuscule et à l'aube et reste actif toute la nuit.

Distribution géographique. La maladie, initialement limitée à l’Asie de l’est, du sud-est et au sous-continent indien, s’étend maintenant jusqu’à la Papouasie-Nouvelle Guinée et à l’extrême nord de l’Australie. L'encéphalite japonaise est présente surtout dans les régions rurales agricoles. Selon les régions, la transmission est pérenne ou limitée à la saison des pluies qui s’étend d’avril-mai à septembre-octobre. C'est une maladie à foyers dispersés et des flambées importantes sont survenues dans un certain nombre de régions au cours des 15 dernières années, y compris le Sud de l'Inde et au Sri Lanka. Voir la carte des pays endémiques.

Au total, les pays concernés actuellement (tout ou partie du territoire) sont les suivants : Australie, Bangladesh, Bhoutan, Brunei, Cambodge, Chine, Corée du Nord, Corée du Sud, Inde, Indonésie, Japon, Laos, Malaisie, Myanmar, Népal, Îles du Pacifique occidental, Pakistan, Papouasie-Nouvelle- Guinée, Philippines, Russie, Sri Lanka, Taïwan, Thaïlande, Timor Oriental et Viêt Nam..

Lutte contre l'encéphalite japonaise. Un vaccin entier inactivé efficace, administré en deux doses espacées de 28 jours, est disponible pour les voyageurs âgés de 18 ans et plus. L'utilité de ce vaccin en santé publique est limitée dans les zones à bas niveau de ressources. Un vaccin vivant atténué bon marché est utilisé en Chine mais il n'est pas disponible ailleurs. La lutte chimique contre les vecteurs n'est pas une solution car les lieux de reproduction (rizières irriguées) sont étendus. La protection personnelle (utilisation de produits répulsifs ou de moustiquaires) peut être efficace dans certaines conditions.

Les recommandations pour les voyageurs

Depuis le 1er février 2013, l'autorisation de mise sur le marché du vaccin IXIARO permet l'utilisation du vaccin dès l'âge de 2 mois.

Dans son avis du 20/09/13, le Haut Conseil de la santé publique a réactualisé les recommandations de la vaccination contre l’encéphalite japonaise par IXIARO.

Le Haut Conseil de la santé publique ne recommande pas la vaccination systématique contre l'encéphalite japonaise pour tous les voyageurs qui se rendent en Asie ou en Océanie.

Il recommande la vaccination par le vaccin Ixiaro pour les personnes âgées de 2 mois et plus, dans des circonstances particulières :

  • Séjour en zone endémique (quelle qu'en soit la durée), avec exposition en milieu extérieur (cyclisme, camping, randonnée, travail à l'extérieur), plus particulièrement dans les zones rurales : zones où l'irrigation par inondation est pratiquée (rizières), à proximité d'élevages de porcs, en période d'épidémie (ou de circulation accrue du virus chez l'animal dans les pays à couverture vaccinale élevée chez l'homme). 
  • Expatriation dans un pays situé dans la zone de circulation du virus.
  • Toute autre situation jugée à risque par le médecin vaccinateur. 

Le Haut Conseil de la santé publique rappelle l'importance des mesures individuelles de protection contre les piqûres de moustiques (répulsifs cutanés, moustiquaires et vêtements imprégnés d'insecticide).

De rares cas chez des voyageurs n’ayant a priori pas quitté le milieu urbain ayant été rapportés, le HCSP souhaite que ces recommandations soient révisées régulièrement, en fonction de l’évolution de l’épidémiologie de la maladie.

Auparavant, le vaccin contre l’encéphalite japonaise n'était disponible que dans les Centres de vaccinations internationales, afin que le risque puisse être évalué de manière individuelle et pour faciliter le suivi de la pharmacovigilance. Depuis juillet 2014, le vaccin Ixiaro peut être délivré sur prescription médicale dans les pharmacies de ville.

Le schéma vaccinal

  • Primo-vaccination de l'adulte : deux doses de 0,5 ml à J0 et J28 
  • Schéma rapide pour les adultes âgés de 18 à 65 ans: deux doses de 0,5 ml à J0 et J7 (schéma rapide validé depuis juin 2015)
  • Primo-vaccination des personnes de 3 à 17 ans révolus : deux doses de 0,5 ml à J0 et J28 ;
  • Primo-vaccination des enfants âgés de 2 mois à 3 ans : deux demi-doses (0,25 ml) à J0 et J28 ;
Rappel 
  • Chez les enfants et les adolescents : en situation d'exposition continue au virus de l'encéphalite japonaise (résident dans les zones d'endémie) doivent recevoir une dose de rappel, 12 à 24 mois après la primovaccination. Il n'y a pas de données de séroprotection au delà de 2 ans.
  • Chez les adultes de 18 à 65 ans : une dose (troisième dose) dans la deuxième année, c'est-à-dire 12 à 24 mois après la primo-immunisation est recommandée, avant une exposition éventuelle au virus de l’encéphalite japonaise. Une seconde dose de rappel devrait être administrée 10 ans après la première dose de rappel, avant une exposition potentielle au virus de l'encéphalite japonaise.
  • Chez les adultes de plus de 65 ans et plus : une dose (troisième dose) dans la deuxième année, c'est-à-dire 12 à 24 mois après la primo-immunisation est recommandée, avant une exposition éventuelle au virus de l’encéphalite japonaise. Il n'y a pas de données disponibles pour l'administration d'une deuxième dose de rappel.

Les données épidémiologiques

L'encéphalite japonaise est la principale cause d'encéphalites virales en Asie.

Selon les dernières données de l'Organisation mondiale de la santé publiées en février 2015, on estime à 67.900 cas cliniques et 13.600 à 20.400 décès par an parmi les personnes vivant en zone d'endémie.

Mais l'incidence varie entre les pays touchés avec une incidence les plus fortes, jusqu'à 12,6 cas pour 100.000 personnes vivant dans certaines régions de la Chine et la Corée du Nord. L'incidence globale varie également selon l'âge de la population, touchant principalement les enfants de 0 à 14 ans.

Au Bangladesh qui ne dispose pas de programme de vaccination contre l'encéphalite japonaise, plus de 50 % des cas concernent les adultes.

Chez le voyageur, la maladie est exceptionnelle avec un risque estimé de 1/5.000 à 1/20.000 par semaine de séjour en zone d’endémie.

AUSTRALIE

Encéphalite japonaise au nord du Queensland, excepté les îles Torres Strait, de décembre à mai, cas humains uniquement de février à avril.

BANGLADESH

Encéphalite japonaise possible dans l’ensemble du pays et majorité des cas de mai à octobre. Cas humains dans les zones suivantes : Chittagong, Dhaka, Khulna, Rajshahi, Rangpur et Sylhet. Incidences les plus élevées dans le Rajshahi. Epidémie dans les districts de Tangail et Dhaka en 1977.

BHOUTAN

Très rares cas d’encéphalite japonaise. Probablement endémique dans les régions non-montagneuses. Pas d’informations sur la saison de transmission.

BRUNEI

Encéphalite japonaise présumée endémique, toute l'année, dans tout le pays.

CAMBODGE

Encéphalite japonaise probablement endémique toute l’année avec un pic de mai à octobre. Des cas humains ont été identifiés dans au moins 15 des 23 provinces dont : Phnom Penh, Takeo, Kampong Cham, Battambang, Svay Rieng et Siem Reap. En 2010 un cas a été rapporté chez un voyageur ayant visité seulement Phnom Penh et Ankor Wat - Siem Reap.

CHINE

Cas humains d’encéphalite japonaise présents dans toutes les provinces excepté le Xiang (Tibet), le Xinjiang
et le Qinghai ; majoritairement entre juin et octobre. Les fréquences les plus élevées sont dans les provinces de Guizhou, Shaanxi, Sichuan, et Yunnan, et à Chongqing. La vaccination est généralement non recommandée pour les voyages se limitant à Beijing, Shanghai, Hong Kong, Kowloon, Macau, et les autres grandes villes.

CORÉE DU SUD

Cas sporadiques d’encéphalite japonaise dans l’ensemble du pays principalement de mai à octobre. Nombreux cas jusqu’à la campagne de vaccination de 1980. Dernière épidémie majeure en 1982. La vaccination est généralement non recommandée pour les voyages se limitant à Seoul et aux grandes villes.

CORÉE DU NORD

Données scientifiques rares sur l’encéphalite japonaise, probablement endémique et pic de transmission de mai à octobre.

GUAM

Encéphalite japonaise : épidémies en 1947 et 1948. Saisonnalité inconnue mais majorité des cas entre octobre et mars. Le cycle zoonotique n’est pas implanté durablement. La vaccination n’est pas recommandée.

INDE

Encéphalite japonaise présente dans tous les États exceptés Dadra, Daman, Diu, Gujarat, Himachal Pradesh, Jammu et Kash- mir, Lakshadweep, Meghalaya, Nagar Haveli, Punjab, Rajasthan et Sikkim. Saison de transmission de mai à octobre dans le nord de l’Inde et toute l’année dans l’Inde du sud. Les fréquences les plus élevées sont dans les Etats d’Andhra Pradesh, Assam, Bihar, Goa, Haryana, Karnataka, Kerala, Tamil Nadu, Uttar Pradesh, et Bengale Ouest.

INDONESIE

Encéphalite japonaise probablement endémique dans l’ensemble du pays toute l’année avec un pic saisonnier variable en fonction de l’île. Des cas ont été détectés à Bali, Kalimantan, Java, Nusa Tenggara, Papua et Sumatra. A noter quelques voyageurs contaminés à Bali.

JAPON

Rares cas sporadiques d’ encéphalite japonaise sur toutes les îles excepté Hokkaido mais zoonose toujours active, principalement de juillet à octobre. Nombreux cas jusqu’à la campagne de vaccination de 1960 et dernière épidémie en 2002. La vaccination est généralement non recommandée pour les voyages se limitant à Tokyo et aux grandes villes.

LAOS

Encéphalite japonaise probablement endémique toute l’année avec un pic saisonnier de juin à septembre.

MALAISIE

Encéphalite japonaise endémique, avec un pic saisonnier
d’octobre à décembre, au Sarawak et cas sporadiques dans les autres États. La vaccination est généralement non recommandée pour les voyages se limitant à Kuala Lumpur
et aux grandes villes.

MARIANNES DU NORD

Encéphalite japonaise épidémique en 1990. Saisonnalité inconnue mais majorité des cas entre octobre et mars. Le cycle zoonotique n’est pas implanté durablement. La vaccination n’est pas recommandée.

MYANMAR

Informations limitées sur l’encéphalite japonaise. Probablement endémique dans l’ensemble du pays mais saisonnalité inconnue (majorité des cas humains entre mai et octobre). Epidémie présente dans les États de Shan et Rakhine et sérodétection dans les autres zones.

NÉPAL

Encéphalite japonaise endémique dans le Teraï et cas rapportés dans les districts de montagne y compris Katmandou. Majorité des cas de juin à octobre. Les fréquences sont les plus élevées dans les districts occidentaux du Teraï. La vaccination est généralement non recommandée pour les voyages dans les zones de haute-montagne.

PAPOUASIE-NOUVELLE-GUINÉE

Données partielles sur l’encéphalite japonaise. Probablement endémique dans le pays probablement toute l’année. Cas sporadiques dans les provinces occidentales et sérodétection dans les provinces Golfe et méridionales (Highlands du sud).

PHILIPPINES

Cas d’encéphalite japonaise dans 32 provinces mais probablement endémique dans tout le pays, saisonnalité inconnue (majorité des cas humains entre mai et octobre). Plusieurs cas ont été récemment notifiés chez des touristes.

RUSSIE

Rares cas d’encéphalite japonaise dans les États maritimes de l’Est au sud de Khabarovsk avec une majorité des cas de juillet à septembre. La vaccination est généralement non recommandée.

SINGAPOUR

Rares cas d’encéphalite japonaise sporadiques humains, toute l’année. La vaccination est généralement non recommandée.

SRI LANKA

Encéphalite japonaise dans tout le pays, excepté les zones montagneuses, toute l’année avec des pics au moment de la mousson. Les fréquences les plus élevées sont dans
 les districts de Anuradhapura, Gampaha, Kurunegala, Polonnaruwa, et Puttalam.

TAÏWAN

Rares cas d’encéphalite japonaise sporadiques sur l’ensemble de l’île et majorité des cas de mai à octobre. Nombreux cas jusqu’à la campagne de vaccination de 1968. La vaccination est généralement non recommandée pour les voyages limités à Taipei et aux grandes villes.

THAÏLANDE

Encéphalite japonaise endémique dans l’ensemble du pays avec un pic saisonnier dans les provinces septentrionales de mai à octobre. Les fréquences sont les plus élevées dans
la vallée de Chang Mai. Quelques cas récents chez des voyageurs ayant séjourné dans les zones côtières du sud.

TIMOR-OIENTAL

Cas sporadiques d’encéphalite japonaise probablement endémique dans l’ensemble du pays toute l’année.

VIÊT-NAM

Encéphalite japonaise endémique dans l’ensemble du pays toute l’année avec un pic saisonnier dans les provinces septentrionales de mai à octobre. Les fréquences sont les plus élevées
dans les provinces septentrionales autour d’Hanoi et les provinces qui bordent la Chine.

Les références