Cas fatal suspect d'encéphalite japonaise dans l'État de Bihar en Inde Médecine des voyages

Publié le 31 mar. 2020 à 19h06

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

En Inde, selon les autorités sanitaires un enfant est mort à cause d'un syndrome d'encéphalite aiguë (AES, acute encephalitis syndrome) dans l'Etat de Bihar 29 mars 2020 au College & Medical Hospital Sri Krishna (SKMCH) à Muzaffarpur. Bien que l'étiologie exacte ne soit pas précisée dans le rapport, il s'agit probablement d'un cas d'encéphalite japonaise, maladie endémique dans la région.

C'est le 1ère décès par syndrome d'encéphalite aiguë rapporté dans le district cette année 2020. 

En 2019, 142 patients sont décédés d'syndrome d'encéphalite aiguë dans la région (121 décès ont été signalés au SKMCH, qui a traité le plus grand nombre de patients dans le district, et 21 décès ont été confirmés à l'hôpital Kejriwal). 

Rappels sur l'encéphalite japonaise

L'encéphalite japonaise  est due à un virus (JEV, Japanese encephalitis virus) de la famille des Flaviviridae. Il est transmis par des moustiques du genre Culex qui se reproduisent plus particulièrement dans les rizières inondées. Le virus circule chez les oiseaux et les porcs. Le moustique vecteur a son pic d'activité au crépuscule et à l'aube et reste actif toute la nuit.

La plupart des infections par le virus de l'encéphalite japonaise sont bénignes (fièvre et céphalées) ou sans symptômes apparents, mais environ une infection sur 250 entraîne une maladie grave caractérisée par l'apparition brusque d'une forte fièvre, de maux de tête, une raideur de la nuque, une désorientation, un coma, des crises convulsives, une paralysie pouvant entraîner le décès.

La maladie est peu fréquente chez le voyageur. Il est recommandé aux voyageurs d'utiliser une protection personnelle (vêtements couvrants imprégnés d'insecticides, utilisation de produits répulsifs anti-moustiques et de moustiquaires imprégnées).

Les recommandations vaccinales contre l'encéphalite japonaise ont été précisées dans un avis du Haut Conseil de la santé publique du 20 décembre 2013 et concernent :

  • les voyageurs amenés à séjourner en zone endémique (quelle qu'en soit la durée), avec exposition en milieu extérieur (cyclisme, camping, randonnée, travail à l'extérieur), plus particulièrement dans les zones rurales : zones où l'irrigation par inondation est pratiquée (rizières), à proximité d'élevages de porcs, en période d'épidémie (ou de circulation accrue du virus chez l'animal dans les pays à couverture vaccinale élevée chez l'homme) ;
  • les personnes expatriées dans un pays situé dans la zone de circulation du virus ;
  • toute personne dont la situation est jugée à risque par le médecin vaccinateur.

Il est important de respecter les mesures individuelles de protection contre les piqûres de moustiques (répulsifs cutanés contenant 50 % de DEET, moustiquaires et vêtements imprégnés d'insecticide).

Le vaccin IXIARO est indiqué pour l'immunisation active contre l'encéphalite japonaise chez l'adulte, l'adolescent, l'enfant et le nourrisson de plus de 2 mois. 

  • Chez l'adulte de 18 à 65 ans 

La primo-vaccination consiste en deux injections séparées de 0,5 ml chacune, administrées selon le schéma conventionnel à J0 et J28.

Les adultes âgés de 18 à 65 ans peuvent être vaccinés suivant un schéma de vaccination rapide comme suit J0 et J7.

Quel que soit le schéma, la primo-vaccination doit être achevée au minimum une semaine avant le départ. 

Une dose de rappel (troisième dose) doit être administrée 12-24 mois après la primo-vaccination, avant une exposition potentielle au virus de l'encéphalite japonaise. Les personnes à risque continu d'infection par le virus de l'encéphalite japonaise (personnel de laboratoire ou personnes résidant dans une zone endémique) doivent recevoir une dose de rappel 12 mois après la primo-vaccination). 

Les données de séroprotection à long terme montrent qu'après une première dose de rappel administrée entre 12 et 24 mois après la primo-vaccination suggèrent qu'une seconde dose de rappel devrait être administrée 10 ans après la première dose de rappel, avant une exposition potentielle. 

  • Personnes âgées de plus de 65 ans

La primo-vaccination consiste en deux injections séparées de 0,5 ml chacune, administrées selon le schéma conventionnel à J0 et J28.

La primo-vaccination doit être achevée au minimum une semaine avant une semaine avant le départ. 

Comme avec de nombreux vaccins, la réponse immunitaire induite par IXIARO est plus faible chez les personnes âgées que chez les adultes plus jeunes. La durée de la protection étant incertaine chez les personnes âgées, une dose de rappel (troisième dose) doit être envisagée avant toute nouvelle exposition au virus de l'encéphalite japonaise. La séroprotection à long terme après une dose de rappel n'est pas connue. 

  • Enfants et adolescents âgés de 3 ans à moins de 18 ans 

La primo-vaccination consiste en deux injections séparées de 0,5 ml chacune, administrées selon le schéma conventionnel à J0 et J28.

Une dose de rappel (troisième dose) doit être administrée 12 - 24 mois après la primo-vaccination, avant une exposition potentielle au virus de l'encéphalite japonaise

Les enfants et les adolescents présentant un risque continu d'infection par le virus de l'encéphalite japonaise (résidant dans une zone endémique) doivent recevoir une dose de rappel 12 mois après la primo-vaccination. 

Les enfants et les adolescents entre 3 ans et moins de 18 ans doivent recevoir une seule dose de rappel de 0,5 ml. 

  • Enfants âgés de 2 mois à moins de 3 ans 

La primo-vaccination consiste en deux injections séparées de 0,25 ml chacune, administrées selon le schéma conventionnel à J0 et J28.

Les enfants entre 14 mois et moins de 3 ans doivent recevoir une seule dose de rappel de 0,25 ml.  

Aucune donnée de séroprotection à long terme au-delà de deux ans après l'administration du premier rappel 1 an après la primo-vaccination n'a été générée chez les enfants. 

  • Enfants âgés de moins de 2 mois 

La sécurité et l'efficacité d'IXIARO chez les enfants âgés de moins de 2 mois n'ont pas été établies. Aucune donnée n'est disponible. 

Source : Promed.