Cancers et agents infectieux en Asie du Sud-Est

Publié le 5 juin 2011 à 11h06

Biographie

- Professeur agrégé de l'Ecole du Val-de-Grâce.
- Ancien directeur de l'Institut de médecine tropicale du service de santé des armées et de l'Institut de la francophonie pour la médecine tropicale.
- Membre de l'Académie nationale de médecine.

Liens d'intérêt

- Coauteur d'un article scientifique dont d'autres co-auteurs sont des collaborateurs de GSK.
- Aucun investissement financier personnel ou familial dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.
- Déclaration mise à jour le 17 novembre 2019.

Le cancer est responsable de près de 8 millions de décès chaque année dans le monde, dont un tiers sont évitables. On estime que près de 20 % des cancers ont une origine infectieuse et pourraient théoriquement être évités par la vaccination (anti-hépatite B et anti-papillomavirus humains) ou par des traitements anti-infectieux. Cette proportion est plus importante dans les pays tropicaux qu'en zone tempérée. Ainsi, en Asie du Sud-Est, certains cancers induits par des agents infectieux ont une prévalence élevée comme l'hépatocarcinome (virus des hépatites B et C), le cancer du rhinopharynx (virus d'Epstein-Barr), le cancer du col utérin (papillomavirus humain), le cholangiocarcinome (douves hépato-biliaires) et le cancer de l'estomac (bactérie Helicobacter pylori).

Les pays en développement, ayant longtemps orienté leurs actions prioritaires de santé publique vers la lutte contre les maladies transmissibles et la malnutrition, connaissent aujourd'hui un retard considérable en matière de diagnostic, de traitement et de prévention du cancer. Selon l'Agence internationale de recherche sur le cancer (IARC), l'accroissement du nombre de cancers en Asie pourrait engendrer une crise sanitaire dans les pays les plus pauvres. Si la tendance actuelle se maintient, il faudrait s'attendre à 7,1 millions de nouveaux cas en 2020, contre 4,5 millions en 2002, les cancers du poumon, de l'estomac et du foie représentant la plus grande part, devant ceux du sein et du colon. Les systèmes de santé des pays en développement qui n'ont pas accès aux examens médicaux pour le diagnostic, aux vaccins pour la prévention, à la chimiothérapie et à la radiothérapie pour le traitement ne pourront pas faire face à cette situation.

C'est pourquoi l'Agence Universitaire de la Francophonie a inscrit dans sa programmation quadriennale un grand projet de santé en Asie du Sud-Est sur la thématique « Cancers et agents infectieux ». Ce projet a l'ambition d'apporter un soutien aux acteurs engagés dans la lutte contre le cancer dans les pays d'Asie du Sud-Est (Cambodge, Chine, Laos, Thaïlande, Viêt Nam) par des initiatives associant formation, recherche et collaboration :

  • formation de médecins nationaux dans les disciplines actuellement dépourvues de spécialistes, notamment en anatomo-pathologie, en oncologie médicale, en chirurgie, en radiothérapie, afin de pourvoir les futurs centres anti-cancéreux ;
  • développement de la recherche et utilisation de ses données pour l'orientation des politiques de santé. Le thème du rapport 2012 de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sur la santé dans le monde sera « pas de santé sans recherche » afin de sensibiliser les autorités sanitaires à la nécessité de promouvoir la recherche pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement liés à la santé ;
  • création d'un réseau de collaboration francophone multidisciplinaire (oncologie, épidémiologie, santé publique, infectiologie, microbiologie, chirurgie, anatomo-pathologie, pharmacologie, radiothérapie...) capable de soutenir les autorités sanitaires des pays de la région dans leurs programmes de lutte contre le cancer.

Première étape du projet, le séminaire « Cancers et agents infectieux en Asie du Sud-Est » organisé par l'Institut de la Francophonie pour la Médecine Tropicale (IFMT) à Vientiane le 30 juin et le 1er juillet 2011 réunira des acteurs de santé et des chercheurs des pays du Sud-Est asiatique et des pays du « Nord » pour un quadruple objectif :

  • connaître la situation de la lutte contre le cancer dans les différents pays de la région et identifier les besoins prioritaires ;
  • faire l'état des offres de formation existantes et définir les formations à mettre en place ;
  • susciter des collaborations « Sud-Sud » et « Nord-Sud » en matière d'enseignement et de recherche ;
  • identifier les partenaires institutionnels pouvant soutenir le projet.

Source : Institut de la Francophonie pour la Médecine Tropicale.