Hépatite B

Dernière mise à jour : 03 octobre 2021 19:25:29


La maladie

L'Organisation mondiale de la santé estime que 257 millions de personnes souffrent d'une infection chronique par le virus de l’hépatite B (VHB) dans le monde. En 2015, près de 900.000 personnes sont décédées des suites d’une hépatite B, notamment de cirrhose ou de cancer du foie. Il est pourtant possible de prévenir l’hépatite B avec des vaccins sûrs et efficaces.

L’hépatite B est une maladie du foie. Due à un virus (virus de l'hépatite B ou VHB) présent dans les liquides biologiques (sang, sperme, sécrétions vaginales, etc.), elle peut se transmettre par relations sexuelles, contact avec le sang, transmission de la mère à l’enfant au moment de l’accouchement. On observe également des transmissions au sein de familles ou collectivités par la salive, de petites blessures ou le partage d’objets personnels (rasoir, brosse à dents...). Dans neuf cas sur dix, les adultes contaminés ne ressentent aucun symptôme. Quand la maladie se manifeste, les symptômes sont une jaunisse, une décoloration des selles, de la fatigue et un malaise qui peut persister plusieurs mois. Dans un cas pour 1.000, l’infection évolue en hépatite fulminante, mortelle dans 80 % des cas. Alors que 5 à 10 % des adultes contaminés, avec ou sans symptômes, deviennent des « porteurs chroniques » susceptibles de transmettre le virus, 90 % des nouveau-nés contaminés deviennent « porteurs chroniques ». L’hépatite B chronique peut évoluer vers la cirrhose ou le cancer du foie.

Diagnostic biologique de l'hépatite B. Il repose sur la détection des constituants du virus, en particulier l'antigène (Ag) HBs (HB pour hépatite B, et S pour antigène de surface présent au niveau de l'enveloppe du virus de l'hépatite B) et sur la présence de marqueurs indirects que sont les anticorps dirigés contre les protéines virales. La présence de l'antigène HBs, si elle date d'au moins 6 mois, témoigne d'une forme chronique de l'hépatite B.

Les recommandations vaccinales

La politique de vaccination contre l’hépatite B en France repose sur deux stratégies : 

  • l’identification et la vaccination des personnes à risque élevé d’exposition ; 
  • et, dans la perspective de contrôle à plus long terme de l’hépatite B, la vaccination des nourrissons et le rattrapage des enfants et adolescents jusqu’à l’âge de 15 ans révolus. 

Les recommandations générales

La primovaccination (deux injections suivies d’un rappel) est obligatoire pour tous les enfants nés à compter du 1er janvier 2018. 

La vaccination des nourrissons est pratiquée avec un vaccin combiné, elle comporte deux injections à l’âge de 2 mois (8 semaines) et 4 mois, suivies d’un rappel à l’âge de 11 mois. 

L’utilisation d’un vaccin combiné hexavalent contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche (vaccin acellulaire), la poliomyélite (vaccin inactivé), les infections à Haemophilus influenzae de type b et l’hépatite B permet d’immuniser les nourrissons contre ces maladies en une seule injection. 

Un rattrapage vaccinal est recommandé chez les enfants et les adolescents jusqu’à l’âge de 15 ans révolus. Tout enfant ou adolescent âgé de moins de 16 ans, non antérieurement vacciné, devrait se voir proposer la vaccination contre l’hépatite B à l’occasion d’une consultation médicale ou de prévention. Dans ce contexte, pour les adolescents de 11 à 15 ans révolus, un schéma simplifié à deux injections séparées de six mois peut être utilisé (cf. schémas vaccinaux ci-dessous).

Les recommandations particulières

Bien que déjà ciblées par les recommandations générales, les catégories d’enfants et adolescents suivantes sont exposées à un risque particulier qu’il convient de souligner (en gras : nouvelles recommandations du calendrier vaccinal 2018).

1. Enfants et adolescents accueillis dans les services et institutions pour l’enfance et la jeunesse handicapées.

2. Enfants d’âge préscolaire accueillis en collectivité.

Sont en outre concernés les :

3. Nouveau-nés de mère porteuse de l’antigène HBs : la vaccination doit être pratiquée impérativement à la naissance, selon un schéma en 3 injections et avec un vaccin autre que HBVAX- PRO® 5 μg, associée à l’administration d’immunoglobulines anti-HBs en un autre site. Un schéma à 4 doses est recommandé pour les prématurés de moins de 32 semaines ou de poids inférieur à 2 kg ; l’efficacité de ces mesures de prévention doit être évaluée par la recherche de l’antigène HBs et le titrage des anticorps anti-HBs, à partir de l’âge de 9 mois, et si possible 1 à 4 mois après la dernière dose vaccinale.

4. Enfants et adultes accueillis dans les institutions psychiatriques.

5. Personnes ayant des relations sexuelles avec des partenaires multiples, exposées aux infections sexuellement transmissibles (IST) ou ayant une IST en cours ou récente ;

6. Usagers de drogues par voie parentérale ou intranasale.

7. Voyageurs dans les pays de moyenne ou de forte endémie (voir ci-dessous).

8. Personnes amenées à résider en zones de moyenne ou de forte endémie.

9. Personnes susceptibles de recevoir des transfusions massives et/ou itératives (hémophiles, dialysés, insuffisants rénaux)

10. Personnes candidates à une greffe d’organe, de tissu ou de cellules.

11. Personnes de l'entourage d’une personne infectée par le virus de l’hépatite B ou d'un porteur chronique de l’antigène HBs (personnes vivant sous le même toit).

12. Partenaires sexuels d’un sujet infecté par le virus de l’hépatite B ou d'un porteur chronique de l’antigène HBs.

13. Personnes détenues qui peuvent cumuler un certain nombre de facteurs d’exposition au virus de l’hépatite B.

14. Personnes infectées par le VIH (avis du 01/12/2014).

15. Personnes porteuses d’une hépatopathie chronique ; 

16. Personnes séropositives au VIH ou au virus de l'hépatite C ; 

17. Personnes devant être traitées par certains anticorps monoclonaux. 

Pour les personnes visées aux points 9, 10 et 12 ainsi que pour les personnes immunodéprimées, la nécessité du contrôle de l’immunité est à apprécier au cas par cas (avis du 7 novembre 2014 relatif à la problématique des non répondeurs dans le cadre de la vaccination contre l’hépatite B).

La pratique de rappels systématiques n’est pas recommandée. Mais ceci ne s’applique pas aux insuffisants rénaux chroniques dialysés et aux personnes immunodéprimées exposées au risque chez lesquels une sérologie annuelle est recommandée avec rappel dès que le taux d’anticorps descend au-dessous du seuil protecteur (10 UI/l), quel que soit l’âge.

Les recommandations professionnelles

Un arrêté daté du 2 août 2013 fixe de nouvelles conditions d'immunisation pour les personnes visées à l'article L.3111-4 du code de la santé publique, c'est-à-dire les professionnels de santé exposés à des agents biologiques ou les étudiants ou élèves se préparant à exercer certaines professions de santé. Les modifications concernent surtout la vaccination contre l'hépatite B, obligatoire pour ces professionnels. L'arrêté précédent, daté du 6 mars 2007, est supprimé. Un article de MesVaccins.net commente cet arrêté et une instruction datée du 21 janvier 2014 en précise les modalités d'application.

Une instruction datée du 21 janvier 2014, mise en ligne le 13 février 2014, précise les modalités d'application de l'arrêté du 2 août 2013 fixant les conditions d'immunisation des personnes mentionnées à l'article L.3111-4 du code de la santé publique. Cette instruction est reprise dans un autre article de MesVaccins.net.

1. Mieux s'assurer de la protection immunitaire contre l'hépatite B

L'arrêté de 2007 demandait, comme preuve d'une immunisation contre l'hépatite B, la présentation d'une attestation médicale ou d'un carnet de vaccination prouvant que la vaccination contre l'hépatite B a été menée à son terme selon le schéma recommandé avant l'âge de 13 ans (pour les médecins, chirurgiens-dentistes, sages-femmes, infirmiers, pharmaciens ou techniciens en analyses biomédicales) ou avant l'âge de 25 ans (pour les aides-soignants, ambulanciers, auxiliaires de puériculture, manipulateurs d'électroradiologie médicale, masseurs-kinésithérapeutes ou pédicures-podologues). 

La réponse vaccinale au vaccin contre l'hépatite B est meilleure chez l'enfant et l'adolescent que chez l'adulte. Mais ce n'est pas la raison pour laquelle l'âge limite de 13 ans ou de 25 ans avait été retenu. La véritable raison en était le très faible risque de contamination par le virus de l'hépatite B dans l'enfance.

Cependant, si ce risque est faible il n'est pas pour autant nul. Dans certaines situations (enfance passée dans une zone de moyenne ou haute endémie de l'hépatite B), le risque de contracter le virus de l'hépatite B est élevé. C'est le cas dans certains Départements d'outre-mer (Guyane, Mayotte) ou dans de nombreux pays étrangers. Une vaccination réalisée chez un professionnel des santé déjà infecté dans l'enfance par le virus de l'hépatite B serait inefficace et le professionnel méconnaîtra alors le risque encouru pour lui-même mais aussi pour les patients dont il assurera les soins.

Dans un contexte de plus forte sensibilisation au risque de transmission du virus de l'hépatite B du soignant au soigné (voir en particulier le rapport intitulé "Prévention de la transmission soignant-soigné des virus hématogènes VHB, VHC, VIH"), le législateur a voulu s'assurer que les soignants sont effectivement protégés contre l'hépatite B quel que soit l'âge auquel ils ont été vaccinés. 

2. Révision des conditions d'immunisation contre l'hépatite B

Les conditions d'immunisation contre l'hépatite B ne sont plus celles qui étaient décrites dans l'arrêté de 1997.

Les anticorps anti-HBs sont dirigés contre l'antigène HBs, qui constitue l'enveloppe du virus de l'hépatite B ; ils sont capables de neutraliser ce virus et donc d'empêcher l'infection. Les professionnels de santé sont considérés comme immunisés contre l'hépatite B si les anticorps anti-HBs sont présents dans le sérum à une concentration supérieure à 100 UI/l (unités internationales par litre). Une telle concentration témoigne d'une bonne réponse immunitaire, de l'existence d'une mémoire immunitaire et de l'absence d'infection par le virus de l'hépatite B. Le législateur a donc estimé inutile, dans ce cas précis, d'obtenir la preuve d'une vaccination menée à son terme.

Dans les autres cas, la conduite à tenir est orientée par le dosage des anti-HBc, qui sont un marqueur sensible d'une infection résolue ou en cours par le virus de l'hépatite B. 

Si les anticorps anti-HBc ne sont pas détectables dans le sérum, l'hypothèse d'une infection par le virus de l'hépatite B peut être écartée. Il faut compléter éventuellement le schéma vaccinal (un schéma complet correspond à trois doses correctement espacées, ou à deux doses d'un vaccin dosé à 20 µg d'antigène HBs espacées de six mois chez l'adolescent de 11 à 15 ans) et s'assurer que le professionnel de santé est protégé par un dosage des anticorps anti-HBs. Si la concentration de ces anticorps est supérieure ou égale à 10 UI/l, la personne est considérée comme protégée contre l'hépatite B : il n'est pas nécessaire de réaliser un dosage sérologique ultérieur ni d'administrer une autre dose d'un vaccin contre l'hépatite B. Si les anticorps anti-HBS sont inférieurs à 10 UI/l alors que le schéma vaccinal est complet, il n'est pas certain que le professionnel de santé soit protégé : une à trois injections supplémentaires, avec dosage des anti-HBs un à deux mois après l'injection, pourront être administrées. Si des anti-HBs supérieurs à 10 UI/l ne sont pas obtenus malgré un total de six injections, la personne est considérée comme non répondeuse à la vaccination. Le médecin du travail peut décider de la maintenir à son poste, mais dans ce cas une surveillance sérologique au moins annuelle de l'hépatite B sera nécessaire.

Si les anticorps anti-HBc sont détectés dans le sérum, une détection de l'antigène HBs et une détermination de la charge virale du virus de l'hépatite B sont réalisées, un résultat positif pour l'un de ces deux examens indiquant une infection par le virus de l'hépatite B. Si les anti-HBs sont compris entre 10 et 100 UI/l, en l'absence simultanée d'antigène HBs et de charge virale détectable, la personne est considérée comme immunisée contre l'hépatite B. Si les anti-HBs sont inférieurs à 10 UI/l, en l'absence simultanée d'antigène HBs et de charge virale détectable, un avis spécialisé est demandé pour déterminer si la personne peut être considérée comme immunisée ou non. Si l'antigène HBs ou une charge virale sont détectables dans le sérum, la personne est infectée par le virus de l'hépatite B et sa vaccination n'est pas requise, puisque sans effet chez une personne déjà infectée.

Conduite à tenir devant un candidat à une formation de professionnel de santé infecté par le virus de l'hépatite B

Le problème se pose pour l'entrée dans une filière de formation exigeant l'obligation vaccinale.

L'instruction de la Direction générale de la santé datée du 21 janvier 2014 semble assez rigide : il y est écrit que les personnes infectées par le virus de l'hépatite B ne peuvent être immunisées et de ce fait ne peuvent avoir accès aux filières de formation soumises à l'immunisation contre l'hépatite B.

Le HCSP a précisé la conduite à tenir dans un avis daté du 21 avril 2015 et publié le 31 juillet 2015. Désormais, l'accès aux filières de formation en santé ne doit pas être systématiquement interdit aux personnes infectées par le virus de l'hépatite B. Une évaluation du risque doit être effectuée par le médecin du travail. Une Commission nationale consultative pour la prévention de la transmission soignant-soigné du virus de l'hépatite B doit être mise en place ; elle aidera à résoudre les cas difficiles.

Les assistants dentaires en exercice ou les élèves assistants dentaires sont exposés au virus de l'hépatite B car ils manipulent des objets piquants ou tranchants après usage pour un patient. Dans une étude réalisée entre 1995 et 2001 aux Etats Unis, 75 % des accidents avec exposition au sang surviennent dans les cabinets dentaires. Pour plus d'information lire l'avis du HCSP des 12 et 18 janvier 2016.

Les thanatopracteurs en formation pratique et en exercice doivent, en l'absence d'infection en cours ou antérieure, être vaccinés contre l'hépatite B. La preuve de la vaccination ou de la contre-indication est jointe à l'inscription en formation ou à la demande d'habilitation à exercer, dans des conditions garantissant la confidentialité des informations transmises, définies par décret en Conseil d'Etat. Le médecin du travail s'assure que les thanatopracteurs salariés vérifient les conditions mentionnées à la première phrase (article L3111-4-1 du code de la santé publique).

Les recommandations pour les voyageurs

La vaccination contre l'hépatite B est recommandée pour des séjours fréquents ou prolongés dans les pays à forte ou moyenne prévalence du portage chronique du virus. 

La recherche d’une infection occulte par le virus de l’hépatite B devrait être proposée avant la vaccination chez les personnes appartenant à des groupes à risque d’hépatite B : 

personnes originaires de pays où la prévalence de l’Ag  HBs est supérieure à 2 % ;

  • comportements sexuels à risque ;
  • entourage familial de porteurs de l’antigène HBs ;
  • usagers de drogue intraveineuse. 

Le vaccin de l’hépatite B peut être administré dès la naissance en cas de séjour prévu dans un pays de forte ou de moyenne endémie.

Le schéma vaccinal

En population générale.

Le schéma préférentiel comporte trois injections chez le nourrisson pour qui le vaccin hexavalent est utilisé, la vaccination sera ainsi effectuée à l’âge de 2 mois (8 semaines), à 4 mois et à 11 mois (schéma : 0, 2, 7 mois). En cas d’utilisation d’un vaccin autre que l’hexavalent, un intervalle d’au moins 5 mois devra être respecté entre la deuxième et la troisième injection. 

Au-delà des trois injections de ce schéma initial, les rappels systématiques de vaccin contre l’hépatite B ne restent recommandés que dans des situations particulières.

Adolescents âgés de 11 à 15 ans révolus non antérieurement vaccinés.

La vaccination est réalisée en suivant :

  • soit le schéma classique à trois doses (cf. ci-dessus) ;
  • soit un schéma à deux doses, avec le vaccin ayant l’AMM pour cette indication (ENGERIX B20 μg) en respectant un intervalle de six mois entre les deux doses, et en l’absence de risque élevé d’infection par le virus de l’hépatite B dans les six mois qui séparent les deux injections. 

Nouveau-nés de mère porteuse de l’antigène HBs.

La vaccination doit être pratiquée impérativement à la naissance, selon un schéma en trois injections (une dose à la naissance, puis à 1 et 6 mois) avec le vaccin HBVAXPRO 5μg ou le vaccin ENGERIX B10 μg; la première dose étant associée à l’administration d’immunoglobulines anti-HBs. Un schéma à quatre doses (une dose à la naissance, puis à 1,2 et 6 mois) est recommandé pour les prématurés de moins de 32 semaines et/ou de poids inférieur à 2 kg. 

Cas particuliers chez l’adulte.

Lorsque l’obtention très rapide d’une protection vaccinale est souhaitable (personnes détenues, personnes en situation de départ imminent en zone d’endémie moyenne ou forte...), et conformément à l'AMM du vaccin ENGERIX B 20 μg, un schéma accéléré peut être proposé. Il comporte l’administration en primo-vaccination de 3 doses en 21 jours (J0, J7, J21), suivies d’un rappel 12 mois après, indispensable pour assurer une protection au long cours. Si un contrôle d’anticorps anti-HBs post-immunisation est jugé nécessaire du fait d’un risque élevé d’exposition, celui-ci devra être effectué 4 à 8 semaines après l’administration de la dose de rappel à 12 mois. 

Patients insuffisants rénaux chroniques dialysés et personnes immunodéprimées exposées. 

La vaccination est effectuée avec le vaccin Engerix B20, chaque injection doit être réalisée avec 40 μg d’antigène vaccinal (soit 2 doses d’Engerix B20) selon un schéma à 4 injections (M0, M1, M2 et M6).

Les données épidémiologiques

Modes de transmission de l'hépatite B en France

La répartition des expositions à risque d'infection par le virus de l'hépatite B a été étudiée à partir des données de la déclaration obligatoire collectées entre 2012 et 2014 (résultats publiés en 2016) ; elle est comparable aux résultats de l'enquête de 2010.

Les principaux facteurs sont les suivants :

  • Exposition sexuelle : 38,5 %
    - Partenaire sexuel d'un porteur chronique du virus de l'hépatite B : 9,2 %
    - Hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes : 21 %
    - Partenaires sexuels multiples : 22,7 %
  • Voyage en zone d'endémie du virus de l'hépatite B : 21,5 %
  • Soins invasifs (dialyse, chirurgie, greffe...) : 5,4 %
  • Patient porteur chronique de l'Ag HBs dans l'entourage : 4,6 %
  • Tatouage, piercing : 5 %
  • Séjour en institution : 2,3 %
  • Usage de drogues : 4,6 %
  • Exposition professionnelle : 1,9 %

Même s’il a été réduit par la vaccination, le poids épidémiologique de l’hépatite B en France métropolitaine reste important.  

Hépatite B aiguë

Dans le cadre des enquêtes triennales LaboHep réalisées depuis 2010, ont été réalisées en 2016 l'estimation : 

  • du nombre de diagnostics d'hépatite B aiguë et 
  • de l'exhaustivité de la déclaration obligatoire de l'hépatite B aiguë. 

À partir des 117 laboratoires de biologie médicale ayant participé à l'étude, parmi les 2 008 tirés au sort, ont transmis les données de 280 personnes. Après pondération, le nombre de diagnostics d'hépatite B aiguë a été estimé à 257 cas (IC95% 225-290) dont 61 % d'hommes. Le taux estimé de diagnostics d'hépatite B aiguë était égal à 0,30 % (0,34-0,44) pour 100 000 habitants, significativement supérieur chez les hommes (0,49/100 000 vs 0,29/100 000 chez les femmes). 

Le nombre de cas éligibles à la déclaration obligatoire a été estimé à 348 (IC95 % 333-363). Dans le cadre de la déclaration obligatoire, 94 cas ont été déclarés soit une exhaustivité de 27,0 % (l'exhaustivité est la proportion des cas déclarés parmi l'ensemble des cas survenus : si tous les cas sont déclarés elle est de 100 %). Cette exhaustivité avait été estimée entre 8 et 15 % en 2010 et entre 22 et 25 % en 2013. Cette augmentation depuis 2010 indique que la baisse du nombre de déclarations obligatoires d'hépatite B aiguë reflète probablement une véritable diminution du nombre de nouvelles infections par le VHB.

Cette estimation doit toutefois être interprétée avec prudence car elle ne concerne que les cas aigus symptomatiques diagnostiqués. Or l'infection aiguë par le virus de l'hépatite B peut être asymtomatique et se prolonger par une infection chronique, avec un risque d'évolution vers la cirrhose et le carcinome hépatocellulaire. Le nombre total de nouvelles infections (symptomatiques et asymptomatiques) a été estimé à 1.092 pour l'année 2013, soit un taux d'incidence de 1,7 pour 100.000 personnes.

Hépatite B chronique

Lors du Baromètre de Santé publique France réalisé en 2016 par enquête téléphonique auprès d'un échantillon représentatif de la population âgée de 15 à 75 ans (n = 20 032) résidant en métropole, parlant français et bénéficiant d'une couverture sociale, une enquête virologique, dénommée BaroTest a été adossée à celui-ci. Un dépistage gratuit pour plusieurs infections virales dont le VHB était proposé aux participants éligibles au Baromètre Santé âgés de 18 à 75 ans (n=17 781). Les personnes ayant accepté de participer recevaient une trousse d'auto-prélèvement de sang sur papier buvard par courrier postal (12 944). 

La prévalence de l'hépatite chronique B a été estimée à partir des buvards, accompagnés d'un consentement signé, retournés au Centre national de référence des hépatites B, C et delta (n = 6 945). 

L'AgHBs a été détecté chez 18 personnes. La prévalence de l'hépatite B chronique a été estimée à 0,30 % [IC 95 % : 0,3-0,70], correspondant à 135 706 personnes [58 224-313 960] dans la population de 18-75 ans en France métropolitaine. Avec ce niveau de prévalence global, la France fait partie des pays de faible endémie pour l'infection par le VHB.

Si la prévalence de l'hépatite chronique B n'était pas différente selon le sexe (0,28 % chez les hommes vs 0,32 % chez les femmes), elle augmentait avec l'âge (0,10 % chez les 18-45 ans vs 0,51 % chez les 46-75 ans) et était significativement associée i) au lieu de résidence (5,81 % pour les personnes nées en Afrique sub-saharienne vs 0,14 % pour celles en France métropolitaine), et ii) aux pratiques sexuelles (3,39 % chez les hommes ayant déclaré au moins un partenaire masculin au cours de leur vie vs 0,16 % pour les autres hommes). 

Parmi les personnes avec une hépatite chronique B, 17,5 % [4,9-46,4] connaissaient leur statut infectieux, ce qui correspond à 23 749 personnes [6 650-62 967] en population générale de 18-75 ans en France métropolitaine. Parmi les répondants, 35,6 % avaient déclaré avoir déjà effectué, au cours de leur vie, un test de dépistage pour l'hépatite B.  

Les auteurs du BaroTest suggèrent toutefois que plusieurs facteurs (critères d'éligibilité restrictifs, enquête téléphonique, pourcentage de participants) incitent à la prudence pour une extrapolation des résultats à l'ensemble de la population.

En 2004, une enquête a permis d'estimer la prévalence de l'antigène HBs (un marqueur témoignant de l'infection chronique par le virus de l'hépatite B) à 0,65 % de la population française, ce qui correspondait à environ 280.000 personnes porteuses chroniques de l'antigène HBs. Seulement la moitié d'entre elles se savaient positives vis-à-vis de l'antigène HBs. La diminution du nombre de personnes ayant une hépatite B chronique a donc fortement diminué au cours de la dernière décennie.

Mortalité

Une enquête réalisée en 2004-2005 a estimé à 1.507 le nombre de décès attribués à l’hépatite B, soit un taux de mortalité de 2,6 pour 100 000 personnes ; ce taux de décès était 2,5 fois plus élevé chez les hommes que chez les femmes.

Les dernières données de l'Agence nationale de santé publique sont disponibles en cliquant ici.

Les données de couverture vaccinale

Elles sont disponibles en cliquant ici.

La vaccination contre l'hépatite B a donné lieu en France a une polémique, qui est expliquée ici

Mesure de l'impact de la couverture vaccinale contre l'hépatite B sur l'incidence de l'hépatite B aiguë

Selon l'Agence nationale de santé publique, l'estimation de l'incidence de l'hépatite B aiguë diagnostiquée est imparfaite, mais répétée régulièrement selon une méthodologie conservée elle constituera un indicateur épidémiologique permettant d'évaluer la circulation virale dans la population et, par conséquent, l'impact des stratégies vaccinales.

Cependant, il faudra attendre encore plusieurs années avant de pouvoir objectiver l'impact de la récente progression de la couverture vaccinale chez les jeunes enfants (si celle-ci se maintient) sur l'incidence de l'hépatite B aiguë diagnostiquée, comme cela a été montré dans d'autres pays.

En attendant, il est essentiel de renforcer le rattrapage vaccinal chez les adolescents, puisque moins d'un jeune sur deux qui débute actuellement sa vie sexuelle est vacciné contre l'hépatite B. Dans cet objectif, les travaux permettant de mieux comprendre les réticences de certains parents vis-à-vis de la vaccination anti-hépatite B doivent se poursuivre afin d'adapter les messages de prévention. Un travail doit également être mené auprès des médecins généralistes, qui, bien qu'en majorité confiants dans la sécurité du vaccin anti-hépatite B, ne déclarent que pour un tiers d'entre eux proposer systématiquement le rattrapage vaccinal aux adolescents. En outre, la vaccination anti-hépatite B des personnes à risque doit être encouragée pour protéger les jeunes générations insuffisamment vaccinées, mais aussi les générations précédentes. Pour près de 40 % des cas d'hépatite B aiguë diagnostiqués, aucune exposition à risque n'avait pu être identifiée. Cette proportion, proche de celle observée en Angleterre (40 %), témoigne en partie de la difficulté à aborder certains sujets (sexualité, usage de drogues notamment) au cours d'une consultation médicale et confirme la pertinence des recommandations de vaccination généralisée des enfants.

Les références

Vaccins contre cette maladie