La maladie

L'Organisation mondiale de la santé estime que 257 millions de personnes souffrent d'une infection chronique par le virus de l’hépatite B (VHB) dans le monde. En 2015, près de 900.000 personnes sont décédées des suites d’une hépatite B, notamment de cirrhose ou de cancer du foie. Il est pourtant possible de prévenir l’hépatite B avec des vaccins sûrs et efficaces.

L’hépatite B est une maladie du foie. Due à un virus (virus de l'hépatite B ou VHB) présent dans les liquides biologiques (sang, sperme, sécrétions vaginales, etc.), elle peut se transmettre par relations sexuelles, contact avec le sang, transmission de la mère à l’enfant au moment de l’accouchement. On observe également des transmissions au sein de familles ou collectivités par la salive, de petites blessures ou le partage d’objets personnels (rasoir, brosse à dents...). Dans neuf cas sur dix, les adultes contaminés ne ressentent aucun symptôme. Quand la maladie se manifeste, les symptômes sont une jaunisse, une décoloration des selles, de la fatigue et un malaise qui peut persister plusieurs mois. Dans un cas pour 1.000, l’infection évolue en hépatite fulminante, mortelle dans 80 % des cas. Alors que 5 à 10 % des adultes contaminés, avec ou sans symptômes, deviennent des « porteurs chroniques » susceptibles de transmettre le virus, 90 % des nouveau-nés contaminés deviennent « porteurs chroniques ». L’hépatite B chronique peut évoluer vers la cirrhose ou le cancer du foie.

Diagnostic biologique de l'hépatite B. Il repose sur la détection des constituants du virus, en particulier l'antigène (Ag) HBs (HB pour hépatite B, et S pour antigène de surface présent au niveau de l'enveloppe du virus de l'hépatite B) et sur la présence de marqueurs indirects que sont les anticorps dirigés contre les protéines virales. La présence de l'antigène HBs, si elle date d'au moins 6 mois, témoigne d'une forme chronique de l'hépatite B.

Les recommandations vaccinales

La politique de vaccination contre l’hépatite B en France repose sur deux stratégies : 

  • l’identification et la vaccination des personnes à risque élevé d’exposition ; 
  • et, dans la perspective de contrôle à plus long terme de l’hépatite B, la vaccination des nourrissons et le rattrapage des enfants et adolescents jusqu’à l’âge de 15 ans révolus. 

Nouveau ! (mars 2017). Les recommandations vaccinales décrites ci-dessous ont été modifiées pour prendre en compte l'existence d'une pénurie en vaccins contre l'hépatite B (avis du Haut Conseil de la santé publique du 14 février 2017).

Les recommandations générales

Les autorités sanitaires recommandent que la vaccination contre l’hépatite B continue de s’appliquer en priorité à tous les nourrissons et que le rattrapage de la vaccination contre l’hépatite B soit poursuivi chez les enfants et les adolescents jusqu’à l’âge de 15 ans révolus.

Tout enfant ou adolescent âgé de moins de 16 ans, non antérieurement vacciné, devrait se voir proposer la vaccination contre l’hépatite B à l’occasion d’une consultation médicale ou de prévention.

Dans ce contexte, pour les adolescents de 11 à 15 ans révolus, un schéma simplifié à 2 injections séparées de 6 mois peut être utilisé.

Pour les nourrissons dont les parents préfèrent que la vaccination contre l’hépatite B soit faite en même temps que les autres vaccins, le vaccin combiné hexavalent contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche (vaccin acellulaire), la poliomyélite (vaccin inactivé), les infections à Haemophilus influenzae de type b et l’hépatite B peut être utilisé. 

Les recommandations particulières

Bien que déjà ciblées par les recommandations générales, les catégories d’enfants et adolescents suivantes sont exposées à un risque particulier qu’il convient de souligner :

1. Enfants et adolescents accueillis dans les services et institutions pour l’enfance et la jeunesse handicapées.

2. Enfants d’âge préscolaire accueillis en collectivité.

Sont en outre concernés les :

3. Nouveau-nés de mère porteuse de l’antigène HBs : la vaccination doit être pratiquée impérativement à la naissance, selon un schéma en 3 injections et avec un vaccin autre que HBVAX- PRO® 5 μg, associée à l’administration d’immunoglobulines anti-HBs en un autre site. Un schéma à 4 doses est recommandé pour les prématurés de moins de 32 semaines ou de poids inférieur à 2 kg ; l’efficacité de ces mesures de prévention doit être évaluée par la recherche de l’antigène HBs et le titrage des anticorps anti-HBs, à partir de l’âge de 9 mois, et si possible 1 à 4 mois après la dernière dose vaccinale.

4. Enfants et adultes accueillis dans les institutions psychiatriques.

5. Personnes ayant des relations sexuelles avec des partenaires multiples.

6. Usagers de drogues par voie parentérale.

7. Voyageurs dans les pays de moyenne ou de forte endémie (voir ci-dessous).

8. Personnes amenées à résider en zones de moyenne ou de forte endémie.

9. Personnes susceptibles de recevoir des transfusions massives et/ou itératives (hémophiles, dialysés, insuffisants rénaux)

10. Personnes candidates à une greffe d’organe, de tissu ou de cellules.

11. Personnes de l'entourage d’une personne infectée par le virus de l’hépatite B ou d'un porteur chronique de l’antigène HBs (personnes vivant sous le même toit).

12. Partenaires sexuels d’un sujet infecté par le virus de l’hépatite B ou d'un porteur chronique de l’antigène HBs.

13. Personnes détenues qui peuvent cumuler un certain nombre de facteurs d’exposition au virus de l’hépatite B.

14. Personnes infectées par le VIH (avis du 01/12/2014).

Pour les personnes visées aux points 9, 10 et 12 ainsi que pour les personnes immunodéprimées, la nécessité du contrôle de l’immunité est à apprécier au cas par cas (avis du 7 novembre 2014 relatif à la problématique des non répondeurs dans le cadre de la vaccination contre l’hépatite B).

La pratique de rappels systématiques n’est pas recommandée. Mais ceci ne s’applique pas aux insuffisants rénaux chroniques dialysés et aux personnes immunodéprimées exposées au risque chez lesquels une sérologie annuelle est recommandée avec rappel dès que le taux d’anticorps descend au-dessous du seuil protecteur (10 UI/l), quel que soit l’âge.

Les recommandations professionnelles

Un arrêté daté du 2 août 2013 fixe de nouvelles conditions d'immunisation pour les personnes visées à l'article L.3111-4 du code de la santé publique, c'est-à-dire les professionnels de santé exposés à des agents biologiques ou les étudiants ou élèves se préparant à exercer certaines professions de santé. Les modifications concernent surtout la vaccination contre l'hépatite B, obligatoire pour ces professionnels. L'arrêté précédent, daté du 6 mars 2007, est supprimé. Un article de MesVaccins.net commente cet arrêté et une instruction datée du 21 janvier 2014 en précise les modalités d'application.

Une instruction datée du 21 janvier 2014, mise en ligne le 13 février 2014, précise les modalités d'application de l'arrêté du 2 août 2013 fixant les conditions d'immunisation des personnes mentionnées à l'article L.3111-4 du code de la santé publique. Cette instruction est reprise dans un autre article de MesVaccins.net.

1. Mieux s'assurer de la protection immunitaire contre l'hépatite B

L'arrêté de 2007 demandait, comme preuve d'une immunisation contre l'hépatite B, la présentation d'une attestation médicale ou d'un carnet de vaccination prouvant que la vaccination contre l'hépatite B a été menée à son terme selon le schéma recommandé avant l'âge de 13 ans (pour les médecins, chirurgiens-dentistes, sages-femmes, infirmiers, pharmaciens ou techniciens en analyses biomédicales) ou avant l'âge de 25 ans (pour les aides-soignants, ambulanciers, auxiliaires de puériculture, manipulateurs d'électroradiologie médicale, masseurs-kinésithérapeutes ou pédicures-podologues). 

La réponse vaccinale au vaccin contre l'hépatite B est meilleure chez l'enfant et l'adolescent que chez l'adulte. Mais ce n'est pas la raison pour laquelle l'âge limite de 13 ans ou de 25 ans avait été retenu. La véritable raison en était le très faible risque de contamination par le virus de l'hépatite B dans l'enfance.

Cependant, si ce risque est faible il n'est pas pour autant nul. Dans certaines situations (enfance passée dans une zone de moyenne ou haute endémie de l'hépatite B), le risque de contracter le virus de l'hépatite B est élevé. C'est le cas dans certains Départements d'outre-mer (Guyane, Mayotte) ou dans de nombreux pays étrangers. Une vaccination réalisée chez un professionnel des santé déjà infecté dans l'enfance par le virus de l'hépatite B serait inefficace et le professionnel méconnaîtra alors le risque encouru pour lui-même mais aussi pour les patients dont il assurera les soins.

Dans un contexte de plus forte sensibilisation au risque de transmission du virus de l'hépatite B du soignant au soigné (voir en particulier le rapport intitulé "Prévention de la transmission soignant-soigné des virus hématogènes VHB, VHC, VIH"), le législateur a voulu s'assurer que les soignants sont effectivement protégés contre l'hépatite B quel que soit l'âge auquel ils ont été vaccinés. 

2. Révision des conditions d'immunisation contre l'hépatite B

Les conditions d'immunisation contre l'hépatite B ne sont plus celles qui étaient décrites dans l'arrêté de 1997.

Les anticorps anti-HBs sont dirigés contre l'antigène HBs, qui constitue l'enveloppe du virus de l'hépatite B ; ils sont capables de neutraliser ce virus et donc d'empêcher l'infection. Les professionnels de santé sont considérés comme immunisés contre l'hépatite B si les anticorps anti-HBs sont présents dans le sérum à une concentration supérieure à 100 UI/l (unités internationales par litre). Une telle concentration témoigne d'une bonne réponse immunitaire, de l'existence d'une mémoire immunitaire et de l'absence d'infection par le virus de l'hépatite B. Le législateur a donc estimé inutile, dans ce cas précis, d'obtenir la preuve d'une vaccination menée à son terme.

Dans les autres cas, la conduite à tenir est orientée par le dosage des anti-HBc, qui sont un marqueur sensible d'une infection résolue ou en cours par le virus de l'hépatite B. 

Si les anticorps anti-HBc ne sont pas détectables dans le sérum, l'hypothèse d'une infection par le virus de l'hépatite B peut être écartée. Il faut compléter éventuellement le schéma vaccinal (un schéma complet correspond à trois doses correctement espacées, ou à deux doses d'un vaccin dosé à 20 µg d'antigène HBs espacées de six mois chez l'adolescent de 11 à 15 ans) et s'assurer que le professionnel de santé est protégé par un dosage des anticorps anti-HBs. Si la concentration de ces anticorps est supérieure ou égale à 10 UI/l, la personne est considérée comme protégée contre l'hépatite B : il n'est pas nécessaire de réaliser un dosage sérologique ultérieur ni d'administrer une autre dose d'un vaccin contre l'hépatite B. Si les anticorps anti-HBS sont inférieurs à 10 UI/l alors que le schéma vaccinal est complet, il n'est pas certain que le professionnel de santé soit protégé : une à trois injections supplémentaires, avec dosage des anti-HBs un à deux mois après l'injection, pourront être administrées. Si des anti-HBs supérieurs à 10 UI/l ne sont pas obtenus malgré un total de six injections, la personne est considérée comme non répondeuse à la vaccination. Le médecin du travail peut décider de la maintenir à son poste, mais dans ce cas une surveillance sérologique au moins annuelle de l'hépatite B sera nécessaire.

Si les anticorps anti-HBc sont détectés dans le sérum, une détection de l'antigène HBs et une détermination de la charge virale du virus de l'hépatite B sont réalisées, un résultat positif pour l'un de ces deux examens indiquant une infection par le virus de l'hépatite B. Si les anti-HBs sont compris entre 10 et 100 UI/l, en l'absence simultanée d'antigène HBs et de charge virale détectable, la personne est considérée comme immunisée contre l'hépatite B. Si les anti-HBs sont inférieurs à 10 UI/l, en l'absence simultanée d'antigène HBs et de charge virale détectable, un avis spécialisé est demandé pour déterminer si la personne peut être considérée comme immunisée ou non. Si l'antigène HBs ou une charge virale sont détectables dans le sérum, la personne est infectée par le virus de l'hépatite B et sa vaccination n'est pas requise, puisque sans effet chez une personne déjà infectée.

Conduite à tenir devant un candidat à une formation de professionnel de santé infecté par le virus de l'hépatite B

Le problème se pose pour l'entrée dans une filière de formation exigeant l'obligation vaccinale.

L'instruction de la Direction générale de la santé datée du 21 janvier 2014 semble assez rigide : il y est écrit que les personnes infectées par le virus de l'hépatite B ne peuvent être immunisées et de ce fait ne peuvent avoir accès aux filières de formation soumises à l'immunisation contre l'hépatite B.

Le HCSP a précisé la conduite à tenir dans un avis daté du 21 avril 2015 et publié le 31 juillet 2015. Désormais, l'accès aux filières de formation en santé ne doit pas être systématiquement interdit aux personnes infectées par le virus de l'hépatite B. Une évaluation du risque doit être effectuée par le médecin du travail. Une Commission nationale consultative pour la prévention de la transmission soignant-soigné du virus de l'hépatite B doit être mise en place ; elle aidera à résoudre les cas difficiles.

Nouveau (2016). Les assistants dentaires en exercice ou les élèves assistants dentaires sont exposés au virus de l'hépatite B car ils manipulent des objets piquants ou tranchants après usage pour un patient. Dans une étude réalisée entre 1995 et 2001 aux Etats Unis, 75 % des accidents avec exposition au sang surviennent dans les cabinets dentaires. Pour plus d'information lire l'avis du HCSP des 12 et 18 janvier 2016.

Nouveau (2016). Les thanatopracteurs en formation pratique et en exercice doivent, en l'absence d'infection en cours ou antérieure, être vaccinés contre l'hépatite B. La preuve de la vaccination ou de la contre-indication est jointe à l'inscription en formation ou à la demande d'habilitation à exercer, dans des conditions garantissant la confidentialité des informations transmises, définies par décret en Conseil d'Etat. Le médecin du travail s'assure que les thanatopracteurs salariés vérifient les conditions mentionnées à la première phrase (article L3111-4-1 du code de la santé publique).

Les recommandations pour les voyageurs

La vaccination contre l'hépatite B est recommandée pour des séjours fréquents ou prolongés dans les pays à forte ou moyenne prévalence du portage chronique du virus. 

La recherche d’une infection occulte par le virus de l’hépatite B devrait être proposée avant la vaccination chez les personnes appartenant à des groupes à risque d’hépatite B : 

personnes originaires de pays où la prévalence de l’Ag  HBs est supérieure à 2 % ;

  • comportements sexuels à risque ;
  • entourage familial de porteurs de l’antigène HBs ;
  • usagers de drogue intraveineuse. 

Le vaccin de l’hépatite B peut être administré dès la naissance en cas de séjour prévu dans un pays de forte ou de moyenne endémie.

Le schéma vaccinal

1. Recommandation générale pour le nourrisson

Pour les nourrissons dont les parents préfèrent que la vaccination contre l’hépatite B soit faite en même temps que les autres vaccins, l’utilisation d’un vaccin combiné hexavalent contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche (vaccin acellulaire), la poliomyélite (vaccin inactivé), les infections à Haemophilus influenzae de type b et l’hépatite B (Infanrix hexa ou Hexyon) permet leur réalisation, selon le nouveau schéma vaccinal, en une seule injection aux âges de 2, 4 et 11 mois (au lieu de 16 à 18 mois auparavant avant 2013).

2. Pour les nouveau-nés de mère porteuse de l’antigène HBs

La vaccination doit être pratiquée impérativement à la naissance (Circulaire du 10 novembre 2004), selon un schéma en 3 injections (1 dose à 0, 1 et 6 mois) et avec un vaccin autre que HBVAXPRO® 5 μg, la 1ère dose étant associée à l’administration d’immunoglobulines anti-HBs. Un schéma à 4 doses (1 dose à 0, 1, 2 et 6 mois) est recommandé pour les prématurés de moins de 32 semaines ou de poids inférieur à 2 kg (Avis du Conseil supérieur d’hygiène publique de France, section maladies transmissibles, relatif à la vaccination des nouveau-nés de mère porteuse du virus de l’hépatite B, du 23 juin 2006). 

3. En population générale (en dehors des nourrissons)

Un schéma préférentiel en 3 injections, qui respecte un intervalle d’au moins 1 mois entre la 1ère et la 2ème injection, et un intervalle compris entre 5 et 12 mois entre la 2ème et la 3ème injection, est recommandé (par exemple schéma 0, 1, 6 mois).

Au-delà des 3 injections de ce schéma initial, les rappels systématiques de vaccin contre l’hépatite B ne restent recommandés que dans des situations particulières.

4. Pour les adolescents âgés de 11 à 15 ans révolus, non antérieurement vaccinés

La vaccination est réalisée en suivant : 

  • soit le schéma classique à 3 doses (cf. ci-dessus) ; 
  • soit un schéma à 2 doses, avec un des deux vaccins ayant l’AMM pour cette indication : le vaccin ENGERIX B® 20 μg (le vaccin ENGERIX B 10 μg n’est pas adapté à ce schéma) ou le vaccin GENHEVAC B® Pasteur 20 μg), en respectant un intervalle de 6 mois entre les 2 doses, et en l’absence de risque élevé d’infection par le virus de l’hépatite B dans les 6 mois qui séparent les 2 injections. Pour les adolescents, il s’agit en particulier de ceux qui sont : accueillis dans les services et institutions pour l’enfance et la jeunesse handicapées, ou dans les institutions psychiatriques, exposés à des relations sexuelles avec des partenaires multiples, toxicomanes utilisant des drogues parentérales, voyageurs ou résidents dans des pays de moyenne ou de forte endémie (après évaluation des risques), susceptibles de recevoir des transfusions massives ou itératives, dans l’entourage d’un sujet infecté par le virus de l’hépatite B (famille vivant sous le même toit) ou des partenaires sexuels d’un sujet infecté par le virus de l’hépatite B.

5. Schéma de vaccination accéléré

Pour certains cas particuliers où l’obtention très rapide d’une protection vaccinale est souhaitable (personnes détenues, personnes en situation de départ imminent en zone d’endémie moyenne ou forte...), un schéma accéléré peut être proposé (avis du 20/02/2014). Il comporte l’administration en primo-vaccination de 3 doses en 21 jours (J0, J7, J21 pour le vaccin Engerix B 20 µg ou J0, J10, J21 pour le vaccin Genhevac B), suivies d’un rappel 12 mois après, indispensable pour assurer une protection au long cours. Si un contrôle d’anticorps post-immunisation est jugé nécessaire du fait d’un risque élevé d’exposition, celui-ci devra être effectué 1 mois après l’administration de la dose de rappel à 12 mois.

Ce schéma accéléré n’est pas applicable chez l’enfant.

6. Problématique des non répondeurs à la vaccination contre l'hépatite B

L'avis du Haut Conseil de la santé publique du 7 novembre 2014 indique les conditions de contrôle de l'immunité contre l'hépatite B et la conduite à tenir chez les non répondeurs concernant les professionnels de santé, les personnes immunodéprimées et certaines populations exposées au virus de l'hépatite B.

La non réponse à la vaccination contre l'hépatite B est définie par un titre d'anticorps anti-HBs < 10 UI/L 4 à 8 semaines après la dernière injection du schéma vaccinal complet , et après s'être assuré de l'absence de portage chronique par le contrôle de l'antigène HBs et d'anticorps anti-HBc. 

Le contrôle du titre des anticorps anti-HBs doit être limité aux situations suivantes :

  • personnes qui dans le cadre d'activités professionnelles ou bénévoles, sont susceptibles d'être en contact direct avec les patients ou d'être exposées au sang et autres produits biologiques ;
  • personnes susceptibles de recevoir des transfusions massives et /ou itératives ou des médicaments dérivés du sang (hémophiles, dialysés, insuffisants rénaux...) ;
  • personnes candidates à une greffe d'organe, de tissu ou de cellules ;
  • partenaires sexuels d'une personne infectée par le virus de l'hépatite B ;
  • personnes immunodéprimées.

En cas de non réponse à un schéma standard correctement réalisé chez une personne immunocompétente et après s'être assuré de l'absence de portage chronique (contrôle de l'antigène HBs et des anticorps anti-HBc), 1 à 3 injections supplémentaires de vaccin sont pratiquées (jusqu'à 6 injections au total). Chaque injection est suivie d'un dosage des anticorps anti-HBs 4 à 8 semaines plus tard. L'obtention d'un titre d'anticorps anti-HBs > 10 UI/L doit faire interrompre le schéma vaccinal et aucun contrôle ou injection supplémentaire de vaccin hépatite B ne sera requis par la suite.

Chez les personnes immunodéprimées ou hémodialysées, des schémas vaccinaux spécifiques en primo-vaccination sont à privilégier (cf. rapport sur la vaccination des immunodéprimés du Haut Conseil de la santé publique) ; un contrôle annuel des anticorps anti-HBs doit être réalisé pour, le cas échéant, proposer des injections de rappel pour maintenir un titre d'anticorps anti-HBs > 10 UI/L.

Aucun schéma vaccinal alternatif n'existe actuellement en cas de non-réponse à un schéma intensifié.

Pour les non-répondeurs à la vaccination (après avoir reçu au moins 6 doses de vaccin), une conduite sera proposée au cas par cas par le médecin du travail ou le spécialiste, avec une évaluation précise du risque d’exposition au virus de l’hépatite B.

7. Conduite à tenir devant des anticorps anti-HBc isolés

Ce type de profil sérologique, caractérisé par la présence d'anticorps anti-HBc en l'absence d'antigène HBs et d'anticorps anti-HBs, peut correspondre à quatre situations :

  1. de rares faux positifs dans la détection des anticorps anti-HBc, 
  2. une situation transitoire précédant l'apparition des anticorps anti-HBs (phase « transitionnelle »), 
  3. une guérison d'une hépatite B associée à des titres indétectables d'anticorps anti-HBs, 
  4. plus rarement à une hépatite B occulte qu'elle soit liée ou non à un AgHBs mutant. 

Ce type de profil s'observe plus fréquemment dans certains contextes, comme une hépatite chronique C, une immunodépression ou une infection à VIH.

Chez les personnes originaires de pays de forte endémicité pour l'hépatite B, ce profil correspond le plus souvent à la guérison d'une hépatite B contractée dans la petite enfance, expliquant, très à distance de l'infection, la perte des anticorps anti-HBs. 

D'une manière générale, en dehors de la situation particulière des professionnels de santé, Il est recommandé de faire une injection de rappel chez les personnes présentant un tel profil. Cette injection peut permettre de distinguer les personnes qui sont en phase « transitionnelle » ou qui ont guéri d'une hépatite B (qui répondront à cette injection de rappel par l’apparition d'anticorps anti-HBs) des autres situations. Le taux de réponse attendu est aux alentours de 50 %, plus faible et variable chez les personnes vivant avec le VIH (7 à 46 %).

En l'absence de réponse anamnestique à cette injection vaccinale, il est recommandé chez les personnes à risque, les personnes immunodéprimées ou exposées à des traitements immunosuppresseurs et les personnes vivant avec le VIH, de les vacciner en utilisant le schéma complet classique (M0, M1, M6), même s'il n'y a pas actuellement de données démontrant le bénéfice clinique d'une telle attitude.

Chez les personnes vivant avec le VIH, le taux de réponse varie entre 62 et 73 % (jusqu'à 6 simples doses) et atteint 89 % avec un schéma renforcé (3 doubles doses à M1, M2 et M6 suivant l'injection de rappel anamnestique à M0).

Référence : rapport de recommandations 2014 "Prise en charge des personnes infectées par les virus de l’hépatite B ou de l’hépatite C.

Les données épidémiologiques

Mise à jour 2016.

Modes de transmission de l'hépatite B en France

La répartition des expositions à risque d'infection par le virus de l'hépatite B a été étudiée à partir des données de la déclaration obligatoire collectées entre 2012 et 2014 (résultats publiés en 2016) ; elle est comparable aux résultats de l'enquête de 2010.

Les principaux facteurs sont les suivants :

  • Exposition sexuelle : 38,5 %
    - Partenaire sexuel d'un porteur chronique du virus de l'hépatite B : 9,2 %
    - Hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes : 21 %
    - Partenaires sexuels multiples : 22,7 %
  • Voyage en zone d'endémie du virus de l'hépatite B : 21,5 %
  • Soins invasifs (dialyse, chirurgie, greffe...) : 5,4 %
  • Patient porteur chronique de l'Ag HBs dans l'entourage : 4,6 %
  • Tatouage, piercing : 5 %
  • Séjour en institution : 2,3 %
  • Usage de drogues : 4,6 %
  • Exposition professionnelle : 1,9 %

Même s’il a été réduit par la vaccination, le poids épidémiologique de l’hépatite B en France métropolitaine reste important.  

Hépatite B aiguë

Une estimation de l'incidence (nombre de nouveaux cas) de l'hépatite B aiguë diagnostiquée en France en 2013 a été publiée en mai 2016 par l'Agence nationale de santé publique.

Cette estimation a été obtenue à partir d'un échantillon aléatoire de 1.500 laboratoires de biologie médicale. L'incidence estimée est ainsi de 291 cas, soit un taux d'incidence de 0,44 cas pour 100.000 habitants ; elle est deux fois plus élevée chez les hommes que chez les femmes.

Cette estimation doit toutefois être interprétée avec prudence car elle ne concerne que les cas aigus symptomatiques diagnostiqués. Or l'infection aiguë par le virus de l'hépatite B peut être asymtomatique et se prolonger par une infection chronique, avec un risque d'évolution vers la cirrhose et le carcinome hépatocellulaire. Le nombre total de nouvelles infections (symptomatiques et asymptomatiques) en 2013 est estimé à 1.092, soit un taux d'incidence de 1,7 pour 100.000 personnes.

Hépatite B chronique

Depuis 2010, les données de l'assurance maladie permettent de différencier les hépatites chroniques B et C. L'hépatite chronique B concerne moins de 20 % des personnes bénéficiant d'une ALD pour hépatite chronique entre 2010 et 2014. Cependant, le nombre de personnes en affection de longue durée (ALD n° 6) pour une hépatite chronique B a augmenté de 48 % entre 2010 et 2014, passant de 13.564 à 20.034 (données publiées en 2016).

En 2004, une enquête a permis d'estimer la prévalence de l'antigène HBs (un marqueur témoignant de l'infection chronique par le virus de l'hépatite B) à 0,65 % de la population française, ce qui correspondait à environ 280.000 personnes porteuses chroniques de l'antigène HBs. Seulement la moitié d'entre elles se savaient positives vis-à-vis de l'antigène HBs.

Mortalité

Une enquête réalisée en 2004-2005 a estimé à 1.507 le nombre de décès attribués à l’hépatite B, soit un taux de mortalité de 2,6 pour 100 000 personnes ; ce taux de décès était 2,5 fois plus élevé chez les hommes que chez les femmes.

Les dernières données de l'Agence nationale de santé publique sont disponibles en cliquant ici.

Les données de couverture vaccinale

Elles sont disponibles en cliquant ici.

La vaccination contre l'hépatite B a donné lieu en France a une polémique, qui est expliquée ici

Mesure de l'impact de la couverture vaccinale contre l'hépatite B sur l'incidence de l'hépatite B aiguë

Selon l'Agence nationale de santé publique, l'estimation de l'incidence de l'hépatite B aiguë diagnostiquée est imparfaite, mais répétée régulièrement selon une méthodologie conservée elle constituera un indicateur épidémiologique permettant d'évaluer la circulation virale dans la population et, par conséquent, l'impact des stratégies vaccinales.

Cependant, il faudra attendre encore plusieurs années avant de pouvoir objectiver l'impact de la récente progression de la couverture vaccinale chez les jeunes enfants (si celle-ci se maintient) sur l'incidence de l'hépatite B aiguë diagnostiquée, comme cela a été montré dans d'autres pays.

En attendant, il est essentiel de renforcer le rattrapage vaccinal chez les adolescents, puisque moins d'un jeune sur deux qui débute actuellement sa vie sexuelle est vacciné contre l'hépatite B. Dans cet objectif, les travaux permettant de mieux comprendre les réticences de certains parents vis-à-vis de la vaccination anti-hépatite B doivent se poursuivre afin d'adapter les messages de prévention. Un travail doit également être mené auprès des médecins généralistes, qui, bien qu'en majorité confiants dans la sécurité du vaccin anti-hépatite B, ne déclarent que pour un tiers d'entre eux proposer systématiquement le rattrapage vaccinal aux adolescents. En outre, la vaccination anti-hépatite B des personnes à risque doit être encouragée pour protéger les jeunes générations insuffisamment vaccinées, mais aussi les générations précédentes. Pour près de 40 % des cas d'hépatite B aiguë diagnostiqués, aucune exposition à risque n'avait pu être identifiée. Cette proportion, proche de celle observée en Angleterre (40 %), témoigne en partie de la difficulté à aborder certains sujets (sexualité, usage de drogues notamment) au cours d'une consultation médicale et confirme la pertinence des recommandations de vaccination généralisée des enfants.

Les références