Encéphalite à tiques en Europe et activités de plein air Médecine des voyages

Publié le 6 mai 2020 à 14h22

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Au sortir de la période de confinement du à Covid-19, si vous êtes amenés à pratiquer des activités en plein air ou si vous prévoyez des vacances en Suisse ou en Europe de l'Est (en dehors des villes), mieux vaut vous protéger contre l'encéphalite à tiques (TBE). 

Cette maladie virale est transmise par les tiques dans certaines régions d'Europe, principalement en Suède, en Finlande, dans le Nord de la Suisse, en Autriche, dans le Sud de l'Allemagne, en Russie, en Europe de l'Est, et en Asie du Nord. Certaines activités sont particulièrement à risque comme le trekking, le camping en forêt, la randonnée (jusqu'à 2000 mètres d'altitude) ainsi que certains métiers. 

En Suisse, l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) a rapporté ces dernières années une augmentation du nombre de cas d'infections humaines ainsi qu'une extension des territoires touchés. Tout le pays est considéré comme à risque de TBE à l'exception de Genève et du TessinEn Allemagne, en plus des régions de transmission connues, il y a trois nouvelles zones à risque de TBE en Saxe (arrondissements de Dresde et Meissen) ainsi qu'en Thuringe (arrondissement Schmalkalden-Meiningen).

Rappels sur l'encéphalite à tique 

L'encéphalite à tique (TBE) ou méningoencéphalite à tique est une encéphalite virale due à un arbovirus de la famille des Flaviviridae, le TBEV. La transmission est presque exclusivement vectorielle et presque toujours transmise par des tiques, et notamment en Europe par Ixodes ricinus, ou moins souvent par ingestion de lait et produits laitiers non pasteurisés. 

Elle est observée dans certaines régions délimitées d'Europe (principalement en Suède, en Finlande, dans le Nord de la Suisse, en Autriche, dans le Sud de l'Allemagne), en Russie et les pays de l'ex-URSS et en Asie du Nord. La « saison des piqûres de tiques » en Europe s'étend généralement d'avril à octobre (selon les années et le climat, de mars à novembre).

Pour éviter les piqûres de tiques, le voyageur doit prendre certaines précautions :

  • rester sur des sentiers balisés et éviter les buissons, zones boisées et humides ;
  • préférer des vêtements couvrants (pantalon, manches longues, chaussures fermées) ;
  • traiter éventuellement les vêtements avec un insecticide ;
  • protéger les zones de peau exposées avec un répulsif contenant 50 % de DEET ;
  • en fin d'activité, inspecter toutes les parties du corps, afin d'enlever une éventuelle tique dès que possible. 
Il faut extraire la tique à l'aide d'un tire-tique disponible en pharmacie, ou d'une pince-à-épiler. Il faut éviter d'écraser la tique, de la brûler ou d'appliquer diverses substances.

La vaccination contre l'encéphalite à tiques est recommandée pour tous les voyageurs séjournant en zone rurale ou forestière d'endémie en Europe centrale, orientale et septentrionale, du printemps à l'automne :

  • trois injections à M0, entre M1 et M3 puis entre M5 et M12 ; 
  • le premier rappel dans les 5 ans suivant la 3ème dose (3 ans pour les voyageurs âgés de plus de 60 ans) ; 
  • il existe une présentation pédiatrique, administrée selon le même schéma à partir de l'âge de 1 an. 

Pour le voyageur, des informations détaillées sont disponibles sur les sites Mesvaccins.netou Medecinedesvoyages.net.

En cas de fièvre, de rougeur de la peau ou d'autres symptômes nouveaux après une piqûre de tique, consulter rapidement un médecin. 

Source : Safetravel.