Foyer épidémique de fièvre hémorragique de Crimée-Congo en Turquie Médecine des voyages

Publié le 12 juin 2020 à 16h36

Biographie

Médecin retraité, spécialisé en médecine des voyages. Membre de la Société de médecine des voyages (depuis 2000) Formateur en vaccinologie et médecine des voyages (depuis 2000)

Liens d'intérêt

Absence de lien d’intérêt avec les firmes pharmaceutiques

En Turquie, le 12 juin 2020, selon les médias locaux, les autorités ont notifié une augmentation des cas de fièvre hémorragique de Crimée-Congo. Ils rapportent 480 cas d'infection virale, dont 15 décès.

Le Conseil scientifique du ministère turc de la Santé a discuté des mesures à prendre avant la fête de l'Aïd al-Adha, étant donné le contact accru avec les animaux qui menace d'augmenter le nombre d'infections. Le taux de mortalité dû à la fièvre hémorragique de Crimée-Congo dans d'autres pays était de 25%, et dans certains, il pouvait atteindre 80%.

L'Organisation mondiale de la santé affirme que la fièvre hémorragique de Crimée-Congo est une maladie répandue causée par un virus transmis par les tiques (Nairovirus) de la  famille  des Bunyaviridae. Le virus provoque de graves flambées de fièvre hémorragique virale, avec un taux de létalité de 10 à 40%.

Rappels sur la fièvre hémorragique de Crimée-Congo

Le virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo est endémique en Afrique, dans les Balkans, au Moyen-Orient et dans les  pays asiatiques au sud du 50ème parallèle nord. Les hôtes du virus de  la fièvre hémorragique de Crimée-Congo comprennent une large gamme d'animaux sauvages et domestiques tels que le bétail, les moutons et les chèvres.

Le virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo est du genre Nairovirus, de la famille des Bunyaviridae.  Il peut être responsable de graves épidémies de fièvre virale hémorragique. Il provoque forte fièvre, douleur, nausées et vomissements  généralement 3-4 jours après la contamination. Il peut être responsable  de formes hémorragiques graves avec un taux de létalité de 10 à 40 pour  cent.

La transmission, à l'homme, du virus se fait par piqûre de tique (Hyalomma) ou par contact avec du sang contenant le virus ou des tissus d'animaux immédiatement après l'abattage.

La majorité des cas se surviennent chez les personnes impliquées dans  l'industrie de l'élevage, tels que les travailleurs agricoles, les  employés des abattoirs et les vétérinaires. Une exposition nosocomiale  dans les établissements de soins de santé peut également se produire.

Pour éviter la contamination par les piqûres de tiques, le voyageur doit prendre certaines précautions :

  • rester sur des sentiers balisés et éviter les buissons, zones boisées et humides ;
  • préférer des vêtements couvrants (pantalon, manches longues, chaussures fermées) ;
  • traiter éventuellement les vêtements avec un insecticide ;
  • protéger les zones de peau exposées avec un répulsif à base de DEET ;
  • en fin d'activité, inspecter toutes les parties du corps, afin d'enlever une éventuelle tique dès que possible ; 
  • extraire la tique à l'aide d'un tire-tique disponible en pharmacie, ou d'une pince-à-épiler ;
  • éviter d'écraser la tique, de la brûler ou d'appliquer diverses substances.

Pour le voyageur, en cas de fièvre, de rougeur de la peau ou d'autres  symptômes nouveaux après une piqûre de tique, consulter rapidement un médecin.

Source : Outbreak News Today.