Russie : augmentation des cas d'encéphalite à tiques en Sibérie Médecine des voyages

Publié le 16 juin 2020 à 16h01

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

En Russie, le nombre de morsures de tiques rapportées depuis le début de l'année dans la vaste région de Krasnoïarsk, qui s'étend du nord de la Mongolie à la côte arctique, ont augmenté de 400 % par rapport à la même période de l'année dernière, et la saison des tiques ne fait que commencer. 

Selon les autorités 1 925 personnes ont signalé des piqûres dans la semaine du 22 au 28 mai 2020 dans la région, et plus de 10 000 piqûres ont déjà été signalés en 2020. 

Des cas d'encéphalite à tiques ont été identifiés dans 57 des 61 districts administratifs de la région. Le problème est également répandu dans d'autres régions de la Sibérie et de l'Extrême-Orient russe, ainsi que des parties de l'Ouest de la Russie. 

Pour aggraver les choses, les scientifiques de la branche sibérienne de l'Académie des sciences de Russie signalent qu'ils ont identifié une nouvelle tique qui est un hybride de la tique commune de la taïga (Ixodes persulcatus) et de la tique d'Extrême-Orient (Ixodes pavlovskyi) et  cette tique hybride semble être capable de transmettre à l'homme les agents pathogènes responsables de la maladie de Lyme, l'encéphalite à tiques, la fièvre virale de Kemerovo. 

Rappels sur l'encéphalite à tique 

L'encéphalite à tique (TBE) ou méningoencéphalite à tique est une encéphalite virale due à un arbovirus de la famille des Flaviviridae, le TBEV. La transmission est presque exclusivement vectorielle et presque toujours transmise par des tiques, et notamment en Europe par Ixodes ricinus, ou moins souvent par ingestion de lait et produits laitiers non pasteurisés. 

Elle est observée dans certaines régions délimitées d'Europe (principalement en Suède, en Finlande, dans le Nord de la Suisse, en Autriche, dans le Sud de l'Allemagne), en Russie et les pays de l'ex-URSS et en Asie du Nord. La « saison des piqûres de tiques » en Europe s'étend généralement d'avril à octobre (selon les années et le climat, de mars à novembre).

Pour éviter les piqûres de tiques, le voyageur doit prendre certaines précautions :

  • rester sur des sentiers balisés et éviter les buissons, zones boisées et humides ;
  • préférer des vêtements couvrants (pantalon, manches longues, chaussures fermées) ;
  • traiter éventuellement les vêtements avec un insecticide ;
  • protéger les zones de peau exposées avec un répulsif contenant 50 % de DEET ;
  • en fin d'activité, inspecter toutes les parties du corps, afin d'enlever une éventuelle tique dès que possible. 

Il faut extraire la tique à l'aide d'un tire-tique disponible en pharmacie, ou d'une pince-à-épiler. Il faut éviter d'écraser la tique, de la brûler ou d'appliquer diverses substances.

La vaccination contre l'encéphalite à tiques est recommandée pour tous les voyageurs séjournant en zone rurale ou forestière d'endémie en Europe centrale, orientale et septentrionale, du printemps à l'automne :

  • trois injections à M0, entre M1 et M3 puis entre M5 et M12 ; 
  • le premier rappel dans les 5 ans suivant la 3ème dose (3 ans pour les voyageurs âgés de plus de 60 ans) ; 
  • il existe une présentation pédiatrique, administrée selon le même schéma à partir de l'âge de 1 an. 

Pour le voyageur, des informations détaillées sont disponibles sur les sites Mesvaccins.netou Medecinedesvoyages.net.

En cas de fièvre, de rougeur de la peau ou d'autres symptômes nouveaux après une piqûre de tique, consulter rapidement un médecin. 

Source : Promed.