Augmentation des cas d'hépatite A dans la province chinoise du Liaoning liée à des fruits de mer Médecine des voyages

Publié le 28 juil. 2020 à 14h45

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

En Chine, une augmentation des cas d'hépatite A dans la province du Liaoning au premier trimestre de l'année 2020 a été attribuée à la consommation de fruits de mer crus ou insuffisamment cuits.

En février 2020, il y a eu une augmentation de 138 % des cas d'hépatite A signalés au système national de déclaration des maladies à déclaration obligatoire de la province  par rapport à février 2019, les cas signalés entre janvier et la mi-mars sont passés de 700 en 2019 à 1361 en 2020, représentant un tiers de tous les cas à l'échelle nationale. La plupart étaient des adultes âgés de 30 à 54 ans à Dalian et de 30 à 49 ans à Dandong.

Plus des trois quarts des cas dans le Liaoning provenaient de deux villes côtières, Dalian (426 cas) et Dandong (586 cas). Ces villes se trouvent sur la péninsule de Liaodong où les fruits de mer sont abondants. De novembre à avril, de nombreux types de fruits de mer frais sont vendus et consommés par les résidents, et la plupart mangent des fruits de mer crus.

Tous les cas étaient sporadiques. Grâce à une enquête sur les personnes touchées et une étude cas-témoins, les chercheurs ont constaté que la consommation de fruits de mer crus ou insuffisamment cuits, de palourdes, de crevettes et d'huîtres était significativement associée à l'augmentation des cas. 

Rappels sur l'hépatite A.

Le virus de l'hépatite A fait partie de la famille des Picornaviridæ et appartient au genre Hepatovirus. Il se transmet principalement par voie féco-orale, le plus souvent de manière indirecte, par l'intermédiaire d'eau ou d'aliments contaminés, plus rarement directement au contact d'un malade. Le virus est éliminé en grandes quantités dans les selles des personnes malades. Il peut alors contaminer l'environnement, notamment l'eau, où il peut survivre de nombreux mois. Les flambées à transmission hydrique, bien que rares, trouvent en général leur origine dans une eau de boisson contaminée par des eaux usées ou insuffisamment traitée.

Le virus de l'hépatite A est cosmopolite et entraine des cas sporadiques (quelques cas non reliés) ou des épidémies, souvent de façon cyclique. La période d'incubation est de 14 à 28 jours. Les symptômes peuvent être bénins ou graves. On peut observer une fièvre, un mauvais état général, une perte d'appétit, des diarrhées, des nausées, une gêne abdominale, des urines foncées et un ictère (coloration jaune de la peau et du blanc des yeux).

Contrairement à l'hépatite B et à l'hépatite C, l'hépatite A n'entraîne pas de maladie hépatique chronique. Les formes graves sont exceptionnelles chez l'enfant mais leur fréquence augmente avec l'âge. L'hépatite fulminante (insuffisance hépatique aiguë) est associée à une mortalité élevée.

Source : Food Safety News.