La maladie

L’hépatite A est une maladie du foie due à un virus cosmopolite, c’est-à-dire présent dans le monde entier. Après une incubation de 2 à 6 semaines (un mois en moyenne), elle se manifeste le plus souvent par un ictère (communément appelé "jaunisse"), de la fièvre et un état de fatigue parfois prolongé. Les symptômes occasionnés sont plus fréquents et plus intenses lorsque la maladie survient chez l’adulte (le risque d'hépatite fulminante augmente avec l'âge) que lorsqu’elle atteint l’enfant. Dans les formes les plus graves, seule la réalisation d’une transplantation du foie peut sauver le patient. Il n’existe pas de traitement curatif de l’hépatite A. Les mesures d’hygiène de l'eau et des aliments permettent de réduire le risque de contamination. Le meilleur moyen de prévention contre l'hépatite A est aujourd'hui la vaccination, à la fois très efficace et bien tolérée.

Epidémie d'hépatite A dans plusieurs pays européens. Voir ci-dessous les données épidémiologiques. 

Hépatite A et infection à VIH ou à virus de l'hépatite C.

La séroprévalence de l'hépatite A au sein de la population infectée à VIH varie de 37 % à 73 % chez les personnes nées en France ; elle est proche de 100% chez les personnes originaires d'Afrique.

L'infection par le VIH et le statut immunologique ne modifient pas l'histoire naturelle de l'hépatite A. 

Bien qu'il ait été rapporté un risque plus important d'hépatite A fulminante en cas de co-infection par le virus de l'hépatite C (VHC), la fréquence semble rester faible. La réalisation systématique d'une sérologie de l'hépatite A (IgG anti-VHA) chez les personnes infectées par le VIH est la règle, en particulier lorsqu'elles présentent une affection chronique du foie.

Les recommandations vaccinales

Il n'existe pas de recommandations vaccinales générales contre l'hépatite A en France, mais uniquement des recommandations spécifiques, c'est-à-dire concernant des personnes présentant un risque plus élevé d'hépatite A ou d'une forme grave de la maladie.

Les recommandations particulières

La vaccination contre l’hépatite A est recommandée pour les :

  • jeunes accueillis dans les établissements et services pour l’enfance et la jeunesse handicapées ; 
  • patients atteints de mucoviscidose ou de pathologie hépatobiliaire chronique susceptible d’évoluer vers une hépatopathie chronique (notamment due au virus de l’hépatite B, de l’hépatite C ou à une consommation excessive d’alcool) ; 
  • enfants, à partir de l’âge de un an, nés de familles dont l’un des membres (au moins) est originaire d’un pays de haute endémicité et qui sont susceptibles d’y séjourner ; 
  • hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes.

La vaccination des personnes immunodéprimées ou aspléniques fait l'objet de recommandations spécifiques suivant les pathologies, selon le calendrier vaccinal en vigueur.

Chez les patients infectés par le VIH, il est recommandé de vérifier la réponse vaccinale 1 à 2 mois après la dernière injection vaccinale contre l'hépatite A.

Recommandations autour d’un (ou de plusieurs) cas d’hépatite A confirmée

En complément des mesures d’hygiène et de l’information des sujets contacts, la vaccination est recommandée dans : 

a) L’entourage familial d’un patient atteint d’hépatite A (ou de toute personne vivant sous le même toit que le cas), afin d’éviter une dissémination intrafamiliale. Il est recommandé de vacciner le plus tôt possible, sans examen sérologique préalable et dans un délai maximum de 14 jours suivant l’apparition des signes cliniques du cas, les personnes n’ayant jamais été vaccinées contre l’hépatite A, réunissant toutes les conditions suivantes : 

  • nées après 1945,
  • sans antécédent connu d’ictère et 
  • n’ayant pas séjourné plus d’un an dans un pays de forte endémicité.

Si l’une au moins des conditions précédentes n’est pas remplie, une sérologie préalable est fortement recommandée, à la recherche d’anticorps totaux témoins d’une immunité ancienne, à condition que sa réalisation soit compatible avec le délai de 14 jours suivant l’apparition des signes cliniques du cas. 

b) Des communautés de vie en situation d’hygiène précaire. La population exposée, définie par l’investigation épidémiologique, sera vaccinée dès l’apparition du premier cas et dans un délai maximum de 14 jours suivant l’apparition des signes cliniques de ce cas, afin d’éviter une extension épidémique au sein de la communauté et une diffusion hors de la communauté.

Nouveau en 2017. Recommandations en situation de pénurie.

Les recommandations vaccinales contre l'hépatite A en situation de pénurie sont précisées dans l'avis du Haut Conseil de la santé publique du 19 mai 2016, confirmé par l'avis du 14 février 2017 :

Toute nouvelle vaccination initiée durant la période de pénurie se fait par une seule dose. L’administration de la seconde dose ne sera envisagée qu’après retour à la normale de l’approvisionnement, en respectant l’autorisation de mise sur le marché (AMM) actuelle des différents vaccins. 

Les personnes ayant déjà reçu une dose de vaccin et qui vont se retrouver en situation d’exposition au virus de l’hépatite A ne recevront une seconde dose que lors du retour à la normale de l’approvisionnement. Les personnes immunodéprimées ayant déjà reçu une dose de vaccin et qui vont se retrouver en situation d’exposition au virus de l’hépatite A pourront recevoir une seconde dose : en effet, la persistance de l’immunité après une seule dose est incertaine dans leur cas. 

Les personnes ayant déjà reçu deux doses de vaccin (quel que soit le délai entre les deux doses) ne recevront pas de rappel même s’ils sont à nouveau en situation d’exposition.

Les priorités en matière de personnes à vacciner en situation de pénurie sont les suivantes : 

  • Les enfants âgés de 1 an et plus, nés de parents issus de pays de haute endémicité de l’hépatite A : ils ne sont prioritaires pour cette vaccination que dans la perspective d’un séjour proche dans leur pays d’origine. 
  • Les personnes de l’entourage d’un ou plusieurs cas confirmés, conformément aux recommandations inscrites au calendrier vaccinal, en milieu familial ou en collectivité.
  • Les voyageurs (âgés de 1 an et plus) ne doivent être considérés comme prioritaires pour cette vaccination que si les conditions de leur séjour les exposent à un risque élevé de contamination par le virus de l’hépatite A. Les adultes nés avant 1945 ne seront vaccinés qu’après une sérologie prouvant leur absence d’immunisation.
  • Les personnes immunodéprimées exposées.
  • Les patients atteints de mucoviscidose et/ou de pathologie hépatobiliaire susceptibles d’évoluer vers une hépatopathie chronique. La pratique préalable d’une sérologie prouvant leur absence d’immunisation est recommandée pour les patients adultes.
  • Les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes (HSH) exposés et non immunisés (la pratique préalable d’une sérologie prouvant leur absence d’immunisation est recommandée). 

Sont par ailleurs déconseillées : 

  • L’utilisation d'une double dose d'un vaccin pédiatrique pour vacciner les adultes. 
  • L’utilisation du vaccin combiné hépatite A-hépatite B, dont les réserves ne permettent pas de compenser le déficit en vaccins contre l’hépatite A.

Les recommandations professionnelles

La vaccination contre l’hépatite A est recommandée pour les personnels exposés professionnellement à un risque de contamination : 

  • s’occupant d’enfants n’ayant pas atteint l’âge de la propreté (par exemple personnels des crèches, assistantes maternelles...) ; 
  • des structures collectives d’accueil pour personnes handicapées ; 
  • en charge de traitement des eaux usées ; 
  • impliqués dans la préparation alimentaire en restauration collective. 

Les recommandations pour les voyageurs

La vaccination est recommandée à partir de l’âge d'un an pour tous les voyageurs devant séjourner dans un pays où l’hygiène est précaire, quelles que soient les conditions du séjour (avis du Haut Conseil de la santé publique du 13 février 2009). Elle est particulièrement recommandée chez les personnes souffrant d’une maladie chronique du foie ou de mucoviscidose. Un examen sérologique préalable (recherche d’IgG) a un intérêt pour les personnes ayant des antécédents d’ictère, ayant passé leur enfance en zone d’endémie ou nées avant 1945.

Nouveau en 2017. En situation de pénurie, les voyageurs ne doivent être considérés comme prioritaires pour la vaccination contre l'hépatite A que si les conditions de leur séjour les exposent à un risque élevé de contamination par le virus de l’hépatite A.

Le schéma vaccinal

  • 1 injection.
  • Rappel : 6 à 12 mois plus tard. Cette 2ème dose peut être administrée jusqu’à 36 mois ou 5 ans, selon le vaccin utilisé, après la 1ère injection. 

Le schéma est adapté en situation de pénurie (une seule dose, sauf pour certaines personnes à risque, voir ci-dessus).

Pour certains vaccins (HAVRIX®), il n'est plus nécessaire d'effectuer ensuite des rappels tous les 10 ans pour maintenir une immunité suffisante. 

Les vaccins HAVRIX 720 (nourrissons et enfants) et HAVRIX 1440 (adultes) sont désormais remboursables par l'assurance maladie chez les patients atteints de mucoviscidose ou présentant une hépatopathie chronique active, notamment lorsque celle ci est due au virus de l'hépatite B ou au virus de l'hépatite C (arrêté du 26 octobre 2011). Un arrêté du 27 octobre 2011, publié dans ce même Journal officiel, ajoute l'hépatite A sur la liste des affections pour lesquelles la vaccination est prise en charge par les régimes obligatoires d'assurance maladie.

Les données épidémiologiques

En 2013, 915 cas d’hépatite A ont été déclarés (836 en métropole, 79 dans les départements d’outre-mer). Dans les départements d’outre-mer, 53 % des cas ont été déclarés par Mayotte. Pour la France métropolitaine, le taux annuel d’incidence des cas déclarés était de 1,3/100 000 habitants.

Par rapport à 2012, le nombre de cas notifiés en 2013 en métropole a baissé de 20 % (836 vs 1 001). Cette baisse peut être expliquée en grande partie par l’absence de survenue de cas groupés dans des populations vivant sur des sites d’accueil pour gens du voyage dans des conditions sanitaires précaires. Pour mémoire, d’importantes épidémies sont survenues dans cette population chaque année de 2008 à 2012.

Comme les années antérieures, les taux annuels d’incidence en 2013 étaient globalement plus élevés chez les hommes (1,4/100 000) que chez les femmes (1,2/100 000) et chez les moins de 15 ans (2,8/100 000) que pour les autres classes d’âge (1,0/100 000).

Les deux principales expositions à risque dans les 2 à 6 semaines précédant le début de la maladie étaient un séjour hors métropole (42 %) et la présence de cas d’hépatite A dans l’entourage (40 %) avec, pour 82 % d’entre eux, des cas dans l’entourage familial. Parmi les cas ayant séjourné hors métropole, plus de la moitié d’entre eux (53 %) ont séjourné dans un pays du Maghreb.

En 2013, 28 % des cas déclarés appartenaient à un épisode de cas groupés ayant fait l’objet d’investigation par les Agences Régionales de Santé et les Cellules Interrégionales d’épidémiologie.

Epidémie d'hépatite A en 2017.

Depuis février 2017, plusieurs pays en Europe observent une augmentation importante du nombre de cas d’hépatite A, touchant en particulier les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH). Trois souches « épidémiques » du virus de l’hépatite A en sont notamment responsables. Des cas liés à cette épidémie ont été rapportés dans de nombreux pays européens (Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Irlande, Italie, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Slovénie, Suède et Royaume-Uni).

Cette épidémie d’hépatite A touche actuellement en France toutes les régions métropolitaines, à des niveaux toutefois différents, avec une contribution importante de la transmission chez les HSH. Une légère diminution du nombre de cas parmi les hommes a été observée entre juillet et août.  Une augmentation modérée du nombre de cas est observée depuis mai 2017 chez les femmes, d’où une diminution du sexe-ratio. En effet, 12 % des souches européennes ont été identifiées par le Centre national de référence chez des femmes. Cette augmentation pourrait être liée à des épisodes de cas groupés observés en population générale au sein de foyers familiaux mais aussi lors de la fréquentation de restaurants après consommation d’aliments contaminés par un manipulateur de denrées atteint d’hépatite A. Par ailleurs, une légère augmentation du nombre de cas parmi les moins de 15 ans a été observée entre juillet et août. Ces augmentations parmi les femmes et les moins de 15 ans suggèrent une diffusion de la communauté HSH vers la population générale. Au total, la diminution du nombre de cas parmi les hommes et la diffusion en population générale seront à confirmer dans les mois à venir.

Source : Agence nationale de santé publique.

Données épidémiologiques actualisées : cliquez ici.