De nouveaux cas d'exposition humaine à la rage aux Etats-Unis Médecine des voyages

Publié le 19 oct. 2020 à 17h45

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Aux États-Unis, de nouveaux cas d'exposition humaine à la rage ont été signalés dans plusieurs États.

  • Au Maryland le 1er octobre 2020 un coyote a été tué après avoir attaqué 3 personnes à Rockville, l'animal a été testé positif à la rage. Le coyote a attaqué une femme de 59 ans et son chien, un garçon de 12 ans et une femme de 39 ans. Les 3 personnes ont été soignées, le chien a été mis en quarantaine.
  • En Virginie la police du comté de Henrico a confirmé le 5e cas de rage animale de 2020 dans le comté. Le 1er octobre un raton laveur agressif a attaqué un résident du district de Brookland. Le raton laveur a été testé positif pour la rage. La personne impliquée dans l'incident a été prévenue et a  consulté le Département de la Santé.
  • Dans l'Etat de New York, un chaton sauvage a été testé positif à la rage après confirmation par le Département de la Santé de l'État de New York le 1er octobre. Le chat était entré en contact avec 16 personnes avant les tests. Chaque personne devra subir un traitement vaccinal antirabique post-exposition.
  • Au Massachusetts, un raton laveur qui a attaqué (morsures et griffures) le 14 octobre un jeune enfant de moins de 5 ans à Arlington dans la cour de son habitation a été testé positif pour la rage.

Rappels sur la rage

La rage est une maladie mortelle si elle n'est pas traitée à temps. Le traitement préventif de la rage humaine est très efficace s'il est administré rapidement après le contact avec l'animal porteur.

La contamination de l'homme se fait exclusivement par un animal au contact de la salive par morsure, griffure, léchage sur peau excoriée ou sur muqueuse (œil, bouche). L'animal peut devenir contagieux 15 jours avant l'apparition des premiers symptômes de la maladie et il le reste jusqu'à sa mort. Si l'animal est en vie et ne présente pas de symptômes après une période d'observation de 15 jours à partir de la date d'exposition (morsure ou autre exposition), il n'a pas pu transmettre la rage à la personne mordue.

Pour réduire le risque de contracter la rage, il est recommandé d'éviter tout contact avec des animaux domestiques, des chauves-souris ou avec des mammifères sauvages (tous ces hôtes pouvant être infectés par le virus de la rage). En cas de morsure, de griffure ou de léchage sur une plaie :

  • Afin de limiter le risque d'infection, il est impératif d'effectuer dans les meilleurs délais un nettoyage de la plaie à l'eau et au savon pendant 15 minutes, suivi d'un rinçage et de l'application d'un antiseptique iodé ou chloré.
  • Il faut ensuite consulter un médecin qui décidera de la nécessité ou non de réaliser un traitement antirabique vaccinal et d'administrer des immunoglobulines spécifiques antirabiques, en l'absence de vaccination préventive.

La vaccination préventive peut être recommandée pour les expatriés et voyageurs à risque (randonneurs, enfants, cyclistes, spéléologues, sujets ayant des contacts avec les animaux). 

La vaccination préventive ne dispense pas d'un traitement curatif, qui doit être mis en œuvre le plus tôt possible en cas d'exposition avérée ou suspectée, mais elle simplifie le traitement et dispense du recours aux immunoglobulines, qui ne sont pas toujours disponibles dans les pays en développement. 

Pour le voyageur, des informations détaillées sont disponibles sur les sites Mesvaccins.net ou Medecinedesvoyages.net.

Source : ProMED.