Cas de choléra importé du Togo aux Pays-Bas Médecine des voyages

Publié le 28 nov. 2020 à 19h10

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Un cas de choléra a été signalé à Amsterdam aux Pays-Bas chez une voyageuse auparavant en bonne santé de retour du Togo le 17 novembre 2020.
Elle présentait une déshydratation sévère avec insuffisance rénale aiguë et des troubles électrolytiques dus à la diarrhée et aux vomissements «eau de riz». Des échantillons de selles ont confirmé une infection à Vibrio cholerae. Elle était restée en famille à Lomé au Togo.
Les importations de choléra ne sont pas rares dans les pays où les systèmes sanitaires sont adéquats mais ne se propagent généralement pas.

Rappels sur le choléra :

Le choléra est une maladie diarrhéique épidémique, strictement humaine, due à des bactéries appartenant aux sérogroupes O1 et O139 de l'espèce Vibrio cholerae. Le sérogroupe O1 comporte 2 biotypes : El Tor et le biotype cholerae classique. Chaque biotype peut être divisé en deux sérotypes majeurs, Ogawa et Inaba. V. cholerae O139 isolé en 1992 est resté cantonné à l'Asie.

La transmission de maladie résulte de l'absorption d'eau ou d'aliments contaminés. Une fois dans l'intestin, les vibrions sécrètent la toxine cholérique, principale responsable de l'importante déshydratation qui caractérise l'infection.

L'incubation, de quelques heures à quelques jours, est suivie de violentes diarrhées et de vomissements, sans fièvre. La période d'incubation courte augmente le caractère potentiellement explosif des épidémies. En l'absence de traitement, la mort survient en 1 à 3 jours, par collapsus cardio-vasculaire dans 25 à 50 % des cas. La mortalité est plus élevée chez les enfants, les personnes âgées et chez les individus fragilisés.

L'épidémiologie

Des cas de choléra ont été signalés ces derniers mois en Afrique de l'Est, dans la Corne de l'Afrique et dans le golfe d'Aden. Des foyers de choléra ont également été notifiés dans la partie occidentale et méridionale de l'Afrique et dans certaines régions d'Asie.
Malgré le nombre élevé d'épidémies de choléra signalées dans le monde, peu de cas sont signalés chaque année parmi les voyageurs de retour dans l'Union européenne.
Un bilan de la situation épidémiologique du choléra dans le monde a été fait en juin 2020 sur le site Mesvaccins.net.

La prévention

La vaccination anticholérique n'est recommandée que pour les personnels devant intervenir auprès de malades, en situation d'épidémie. La vaccination n'est généralement pas recommandée pour les autres voyageurs. Dans tous les autres cas, une prévention efficace est assurée par une bonne hygiène individuelle (lavage des mains) et alimentaire. Les règles d'utilisation du vaccin sont prises en compte par le système expert de MesVaccins.net et Medecinedesvoyages.net.

Il est conseillé au voyageur de :

  • se laver les mains, avant les repas, avant toute manipulation d'aliments ou après passage aux toilettes. En l'absence d'eau et de savon, un gel ou une solution hydro-alcoolique peuvent être utilisés (seul moyen de prévention ayant prouvé son efficacité). Se sécher les mains après lavage avec un linge propre (éviter l'usage des serviettes collectives) ou, à défaut, les sécher à l'air ;
  • préférer les plats chauds (les buffets froids ou tièdes des restaurants peuvent comporter des risques) ; 
  • éviter de consommer de la nourriture vendue dans la rue sauf si elle est bien cuite et le récipient encore fumant ;
  • ne consommer que de l'eau en bouteille capsulée (et ouverte devant soi) ou, à défaut, rendue potable par ébullition (1 minute à gros bouillons) ou par une désinfection (produits à base de dichloroisocyanurate de sodium ou hypochlorite de sodium) éventuellement précédée d'une filtration (filtre portatif) si l'eau est trouble ;
  • ne pas consommer telle quelle l'eau en sachet ;
  • éviter la consommation de glaçons ;
  • éviter les jus de fruits frais préparés de façon artisanale ;
  • ne consommer du lait que s'il est pasteurisé ou bouilli et que la chaîne du froid est assurée ;
  • laver ou peler les fruits soi-même après s'être lavé les mains ;
  • éviter les crudités, les coquillages, les plats réchauffés ;
  • éviter les glaces artisanales (glaces industrielles de moindre risque si l'emballage est intact) ;
  • bien cuire les œufs, les viandes, les poissons et les crustacés.

Source : ProMED.