Mise à jour sur l'épidémie d'hépatite E au Burkina Faso Médecine des voyages

Publié le 4 déc. 2020 à 14h22

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Au mois d'octobre 2020 les autorités sanitaires du Burkina Faso avait signalé un foyer d'hépatite E dans la région Centre-Nord du pays (nouvelle n°16504 du 14 octobre 2020).

Le 27 novembre, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait le point sur cette épidémie. Entre le 8 septembre et le 24 novembre 2020, la région Centre-Nord du Burkina Faso a enregistré un total cumulé de 442 cas de jaunisse. La grande majorité des cas (87,5 %) ont été signalés dans le district sanitaire de Barsalogho, avec 387 cas et 16 décès, soit un taux de létalité de 4,1 %. Au total, 15 décès sur 16 ont été signalés chez des femmes enceintes ou en post-partum.
Au total, 10 cas ont été confirmés par RT-PCR comme des cas d'hépatite E. Actuellement, 38 patients sont suivis au centre médical de Barsalogho, dont 10 sont hospitalisés. Les descriptions de cas selon les caractéristiques individuelles montrent que 67 % des cas avaient moins de 30 ans (l'âge moyen est de 25 ± 12 ans) ; 54 % des cas de jaunisse fébrile étaient des femmes ; et près de 5 % des cas avaient moins de 5 ans.

  • Quatorze (14) échantillons ont été collectés et envoyés au Laboratoire national de référence pour la fièvre hémorragique virale (LNR-FHV) au Centre Muraz de Bobo Dioulasso ; un échantillon est revenu positif pour la fièvre jaune par IgM (collecté pendant l'enquête). L'échantillon a ensuite été envoyé à l'Institut Pasteur de Dakar pour tests différentiels. Neuf (9) échantillons (sur les 14 collectés pendant l'enquête) ont été envoyés à l'hôpital Lapeyronie de Montpellier, en France, pour y être testés pour l'hépatite E : 8 des 9 échantillons étaient positifs aux IgM pour l'hépatite E (résultats partagés le 25 septembre). Le génotypage de 8 échantillons pour l'hépatite virale E a montré que le virus était de génotype 2 ; par conséquent, aucune infection zoonotique n'a été détectée.
  • Un deuxième lot de 43 échantillons a été envoyé pour être testé au LNR-FHV, ce qui a permis d'obtenir 2 cas positifs pour la fièvre jaune par IgM et un cas indéterminé qui ont été envoyés le 30 septembre 2020 à l'Institut Pasteur de Dakar (IP Dakar) pour des tests supplémentaires de la fièvre jaune et des tests différentiels. Deux des quatre échantillons ont été testés positifs pour l'hépatite E par PCR ; aucun n'a été testé positif pour la fièvre jaune par PCR (résultats partagés le 20 octobre). 

Source : Organisation Mondiale de la Santé (OMS).